ROBERT Guy [ROBERT Louis, Guy]

Par Yves Le Floch

Né le 10 janvier 1908 à Eix (Meuse), mort le 22 mars 1984 à Clamart (Hauts-de-Seine) ; professeur ; syndicaliste ; secrétaire de la Fédération socialiste des Côtes-du-Nord (1934-1938).

Fils d’un officier républicain, Guy Robert, ancien élève de l’École normale supérieure (1928), agrégé de lettres (1931), commença sa carrière d’enseignant au lycée de Saint-Brieuc en 1932. En décembre de cette même année, au congrès de la Fédération socialiste des Côtes-du-Nord, il fut désigné secrétaire fédéral adjoint (en 1929, il avait adhéré à la 5e section de Paris). Intervenant fréquemment dès 1933 dans les colonnes de l’organe fédéral, L’Éveil breton, il mit l’accent sur l’importance des problèmes paysans, sur la nécessité de créer un office du blé, sur la Confédération nationale paysanne. Cela correspondait aux efforts militants de Philippe Le Maux à Lannion, de Romain Boquen à Dinan, et marquait la volonté des socialistes du département d’élargir leur base militante, limitée pour l’essentiel, jusqu’au début des années trente, aux fonctionnaires et, plus particulièrement, aux enseignants. Cela correspondait aussi à un rajeunissement des dirigeants de la fédération et à la perte d’influence des socialistes les plus modérés, rassemblés autour d’Octave Brilleaud.

Élu secrétaire fédéral en 1934, il resta à ce poste jusqu’en 1938, date de sa nomination dans un lycée parisien. Lors du départ des néo-socialistes (voir Octave Brilleaud) et de la suppression, consécutive à ce départ, de L’Éveil breton, Guy Robert prit une part active à la création du nouvel organe fédéral, Le Combat, devenu peu après Le Combat social. Militant syndicaliste confédéré, au titre d’enseignant, il représentait le syndicat des dockers du Légué, port de Saint-Brieuc, au congrès de la CGT de septembre 1935 à Paris. Avec le docteur Frédéric Choffé et Romain Boquen, il dirigea la fédération durant le Front populaire. Élu conseiller municipal de Saint-Brieuc (quartier du Légué) en 1935, il ne recueillit cependant que 2 506 voix sur 20 019 votants dans la circonscription de Saint-Brieuc aux élections législatives de 1936 et se retira. Président du comité de Rassemblement populaire de la ville, il était en outre secrétaire fédéral du comité départemental de défense laïque et le congrès de mai 1937 de l’Union départementale CGT l’élut membre de la commission administrative.

Animé par de solides convictions laïques et républicaines, Guy Robert fut un militant modéré dans le parti, soucieux du maintien de la cohésion de la Fédération ainsi que du développement de son implantation. En novembre 1933, il rappela la nécessité de la discipline sur la question du mouvement Amsterdam-Pleyel, dont un certain nombre de socialistes du département, avec à leur tête Augustin Hamon, étaient pleinement partisans. En 1938, il eut quelques difficultés avec la Gauche révolutionnaire qui, par la voix de André Lagain, l’accusa de l’avoir sous-représentée lors d’un conseil national. En revanche, Guy Robert s’opposa régulièrement et fermement à toute concession opportuniste aux radicaux. Lorsque Guy Robert quitta le département, la Fédération socialiste était forte de soixante-dix-sept sections, dont trente créées entre janvier 1934 et juin 1938, et la relève était assurée grâce à un militant, enseignant comme lui, Antoine Mazier. Après son départ de Saint-Brieuc, Robert poursuivit sa carrière d’enseignant dans le secondaire puis dans l’enseignement supérieur.

Mobilisé en 1939, Guy Robert demeura prisonnier de guerre jusqu’en 1945. A son retour, il collabora de nouveau au Combat social.

Il poursuivit sa carrière dans l’enseignement supérieur. Lexicologue, spécialiste de l’œuvre de Victor Hugo, il devint professeur à la faculté des lettres de Besançon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129171, notice ROBERT Guy [ROBERT Louis, Guy] par Yves Le Floch, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 mars 2021.

Par Yves Le Floch

OEUVRE : Le fichier Data de la BNF comportait 7 références en 2020 concernant Victor Hugo et Emile Zola.

SOURCES : C.r. du congrès cité. — L’Éveil breton. — Le Combat. — Le Combat social. — Témoignage de Guy Robert. — Notes d’Alain Dalançon et Justinien Raymond.

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