ROGERIE Philippe

Né le 1er mai 1883, à Montazeau (hameau de la commune de Rochechouart, près de Biennat, Haute-Vienne), mort en mars 1993 à Saint-Junien-sur-Vienne (Haute-Vienne) ; instituteur puis professeur d’enseignement technique ; pédagogue.

Philippe Rogerie était issu d’une famille rurale paysanne et artisanale. Son père, Pierre Rogerie, charpentier, avait été un militant radical au début de la IIIe République. Après ses études à l’École normale de Limoges, Philippe Rogerie devint instituteur à Rochechouart puis s’orienta vers l’enseignement technique. Devenu professeur à Angoulême (Charente), il épousa en 1911, Anne Peyrat, institutrice en Haute-Vienne. En 1914, mobilisé, il fut affecté dans la région parisienne où il travailla dans une usine de fabrication d’obus. Il y fit la rencontre de Paul Reclus*. Cette expérience l’engagea à se tourner vers l’industrie. Revenu dans l’enseignement en 1926, il fut nommé professeur à l’École pratique de Niort (Deux-Sèvres).

Sans appartenance précise durant sa jeunesse, il fut en relation avec les mouvements d’inspiration socialiste. Son installation à Niort marqua une nouvelle phase dans ses activités. Il participa au Front populaire qu’il représenta dans diverses manifestations et dont il connut bien les chefs de file locaux. Philippe Rogerie représenta avec François Villaneau* les intellectuels antifascistes au sein du Front populaire départemental des Deux-Sèvres (voir Auguste Gout*). Il s’intéressa de près aux conceptions de Georges Valois* et fut jusqu’en 1940 abonné à Nouvel âge. Il appartint, à Niort, à une loge relevant de la Grande Loge de France.

Cette activité proprement militante prit fin avec la guerre. Ses préoccupations sociales avaient depuis longtemps trouvé leur terrain de prédilection dans le domaine de la pédagogie, et particulièrement de la pédagogie des mathématiques. Philippe Rogerie participa aux congrès du Secrétariat professionnel international de l’enseignement en France et à l’étranger. C’est là qu’il fit la connaissance de Ludovic Zoretti* et de Maurice Weber*. En 1930, il publia un livre préfacé par Marcel Boll, intitulé Pédagogie par évolution appliquée aux sciences physiques et chimiques. Ses conceptions ne furent guère appréciées par les milieux officiels, mais elles lui valurent des contacts avec les partisans d’une réforme de l’enseignement. C’est ainsi qu’il fut en rapports constants et amicaux avec Celestin Freinet*. Il participa, jusqu’à la fin de ses jours, aux congrès régionaux des professeurs de mathématiques. Il prit sa retraite en 1942 et se retira à Châteauneuf-la-Forêt (Haute-Vienne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129399, notice ROGERIE Philippe , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

SOURCE : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 13/4 E.

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