ROSSIGNOL Charles, Édouard

Par Claude Pennetier

Né le 1er juin 1865 à Paris (VIe arr.), mort le 12 août 1934 à Montreuil-sous-Bois (Seine) ; ouvrier plombier puis étuviste-égoutier ; dirigeant socialiste de la Seine.

Charles Rossignol
Charles Rossignol

Fils d’une lingère et d’un plombier, Charles Rossignol fut un des dirigeants du Comité révolutionnaire central d’Édouard Vaillant. En 1886, il assurait le secrétariat de la Jeunesse socialiste révolutionnaire et était secrétaire-trésorier de la Bourse du Travail de Paris, fonction qu’il occupa jusqu’à sa fermeture par le gouvernement Charles Dupuy, en 1893. A l’issue du IIIe congrès de la Fédération des Bourses du Travail (Lyon, 25-27 juin 1894), Charles Rossignol fut élu délégué au secrétariat national du travail (voir Marie Bonnevial). Il représenta deux groupes socialistes corréziens de son parti, le PSR, au premier congrès général des organisations socialistes de Paris, salle Japy (1899) et fut également délégué au congrès de Paris, salle Wagram (1900) et à celui de Paris (juillet 1910). Mais il continua à militer dans la Seine où il fut membre de la commission exécutive de la fédération socialiste SFIO de 1905 à 1921 et son trésorier en octobre 1923. Il la représenta au congrès national de Paris (juillet 1910).

Bien que domicilié à Montreuil-sur-Seine depuis 1914, Rossignol appartenait au groupe socialiste SFIO du Père-Lachaise, Paris (XXe arr.). Il y prit des positions nettement favorables à l’Union sacrée pendant la Première Guerre mondiale. Le 8 octobre 1914, il déclara que les socialistes allemands étaient devenus des « impérialistes » et dénonça avec force leur « infamie ». Le 24 juin 1915, il qualifia de « capitulation » l’idée d’envisager la paix. Et, pour éviter toute tension, il se prononça, à la commission exécutive de la Fédération de la Seine (8 mars et 15 avril 1915) contre la commémoration de la Commune et pour le départ du parti des opposants. Membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine de 1905 à 1921, il en devint le trésorier adjoint au début de l’année 1923 et, semble-t-il, le trésorier à la fin de l’année. En 1918, il fut membre suppléant de la CAP au titre des minoritaires (ex-majoritaires).

Jean-Louis Robert pense l’avoir identifié parmi les indicateurs de police dans les milieux ouvriers parisiens à l’époque de la Première Guerre mondiale (Thèse, op. cit.) ; identification confirmée par Julien Chuzeville, qui précise que Rossignol était l’informateur qui signait « 7 ». Il écrivait notamment pour la police les comptes rendus des CAP de la SFIO.

Charles Rossignol fut élu conseiller municipal de Montreuil-sous-Bois, le 10 mai 1925 sur la liste dirigée par Paul Poncet. Il était alors désinfecteur à la Ville de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129671, notice ROSSIGNOL Charles, Édouard par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 avril 2020.

Par Claude Pennetier

Charles Rossignol
Charles Rossignol

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; vers. 10451/76/1. — L’Humanité, 2 octobre 1919, 16 janvier 1920. — C.r. des congrès cités. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes III, op. cit., pp. 200 et 201 [Icon.]. — Jean-Louis Robert, Ouvriers et mouvements ouvriers parisiens pendant la Grande Guerre et l’immédiat après-guerre. Histoire et anthropologie, Thèse, Paris I, 1989. — Julien Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, Paris, l’Harmattan, 2012, p. 20.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 200.

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