ROUFFIANGES Marcel dit ROLAND

Par René Lemarquis, Claude Pennetier

Né le 10 juin 1904 à Montbard (Côte-d’Or), mort le 19 février 1981 à Paris (XIIe arr.) ; magasinier comptable, secrétaire permanent du Secours Rouge International de 1929 à 1932.

Marcel Rouffianges était le fils d’un cheminot syndiqué depuis 1912 et secrétaire de section syndicale en 1919, membre du Parti socialiste pendant six mois vers 1905 il était d’une famille corrézienne de forte tradition anticléricale et « républicains rouges », sympathisante de la Commune. Après sa mort en 1919 sa femme qui était couturière à domicile se remaria avec un aveugle de guerre, alors sans pension, et tous deux étaient membres du Parti communiste jusqu’à la dissolution du rayon de Melun en 1929.

Marcel Rouffianges se maria en 1929 avec Fernande Dumont, couturière, bonne sympathisante du PC mais « rebelle à l’entrée dans les organisations ». Elle était la fille d’un cheminot et d’une garde-barrière à Ponthierry (Seine-et-Marne).

Titulaire du Certificat d’études primaires et du Brevet d’enseignement primaire supérieur (BEPS) obtenu après des études dans la section industrielle d’une École primaire supérieure, Marcel Rouffianges ne put, suite à la mort de son père, concourir aux Arts et Métiers. Il connaissait assez bien l’allemand (appris en prison), pouvait traduire l’anglais et l’espéranto et connaissait quelques mots d’italien et d’espagnol. Il commença à travailler en septembre 1919 comme magasinier comptable dans des usines de Ponthierry, Dammarie-les-Lys et Paris. Il participa aux grèves de la métallurgie de 1920 et de 1922 contre l’impôt sur les salaires. Il était alors « fortement imbu de l’idéologie anarchiste (anti-vote, anti-chefs, antimilitarisme absurde) » et il participa entre 1919 et 1923, en liaison avec Le Libertaire à des coups de main au cours des grèves. Il avait pourtant adhéré au Parti socialiste en 1920 à Ponthierry où il était secrétaire de la section. Partisan de la IIIe Internationale il passa avec toute sa section au Parti communiste en 1921 et resta secrétaire. Mais il avouait « une franche inimitié pour tous les parlementaires du parti qu’[il] considérait comme des fromagistes ». Il refusa un abonnement à L’Avant-Garde par animosité envers Boris Souvarine* jugé trop autoritaire. Vers 1923 seulement il se mit à lire des écrits communistes.

Au service militaire en 1924, soldat de 2e classe dans la Ruhr, Marcel Rouffianges était secrétaire d’un bureau de place et du colonel du 168e Régiment d’infanterie. Il forma un groupe de sympathisants communistes qui distribuait La Caserne de Rhénanie en liaison avec les communistes allemands d’Essen et Düsseldorf. Il fit « un bon travail anti », créant des liaisons dans d’autres régiments bien que la JC française ne lui ait donné aucun « contact ». A sa libération du service militaire, il fut utilisé par Jacques Doriot* et Henri Barbé* comme « spécialiste à l’AFR » (travail antimilitariste parmi les troupes françaises d’occupation de la Ruhr) succédant à Édouard Cormon*. Mais ce dernier ayant été pris dans une affaire de contrebande, avait laissé une liaison peu sûre et une dénonciation entraîna l’arrestation de Marcel Rouffianges qui fut condamné par le conseil de guerre de Trêves et incarcéré du 29 juillet 1926 au 29 juillet 1929 dans huit prisons successives, dont Clairvaux, avec quatorze mois au droit commun. A sa libération la direction du PC le désigna comme trésorier du Secours rouge international (section française) et en novembre 1930 comme secrétaire.

Marcel Rouffianges participa au congrès national de Lille en 1926 et fut initié, dès la fin de 1930 aux réunions du comité central du parti. Il fut présent à une séance du congrès de 1932 à Paris, occupé alors à « liquider le mouchard Simon du SRI ». Le 1er août 1929, à Melun, il prit la parole à la sortie des usines et des gendarmes furent chassés à coups de pierres, le 1er mai 1930 il fut frappé par la police devant les usines Renault et condamné à 25 F d’amende, le 25 mai, il fut arrêté au Mur des Fédérés pour violences à agents et condamné à trois mois de prison et 50 F d’amende. Il dirigea la campagne lors du procès des mutins de Calvi à Toulon en février 1931. Il militait en particulier avec Robert Blache*, Émile Bureau*, Gabriel Citerne*, Marcel Cordier*, Auguste Gillot* et René Arrachard*. Il était en 1932 membre d’une cellule du 1erRayon. Deux fois candidat à des élections municipales, il fut en 1932 candidat aux législatives dans le XVe arrt. de Paris (quartier Necker-Grenelle), il obtint au premier tour 13,6 % des voix et 11,17 % au second. Il fut, du 10 avril au 10 mai 1932 délégué au comité exécutif international du SRI en URSS. Le 19 mai 1932 le secrétariat du PC décidait que « les camarades Blache, Citerne et Rouffianges ne pourront occuper aucun poste dans le SRI tout en continuant à faire partie de son Comité exécutif ».

En 1933, il était responsable du Comité Amsterdam-Pleyel avec Guy Jerram*. Marcel Rouffianges était membre du Syndicat des employés et de la Famille nouvelle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129772, notice ROUFFIANGES Marcel dit ROLAND par René Lemarquis, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par René Lemarquis, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13515. — RGASPI : 495.270.848 (Autobiographie du 7 avril 1932). — Albert Vassart, Mémoires, s.d. (vers 1950), inédit. — Waldeck L’Huillier, Combats pour la ville, Paris, Éditions sociales, 1982.

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