ROUSSILLAT Louis, Gaston

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 7 septembre 1897 à Saint-Vaury (Creuse), mort le 23 octobre 1978 à Guéret (Creuse) ; professeur ; militant socialiste, conseiller général ; administrateur et directeur de coopératives.

Fils d’un artisan tailleur, Louis Roussillat, élève à l’école primaire supérieure de La Souterraine (Creuse), entra à l’École normale d’instituteurs de Guéret en 1913. Reçu au brevet supérieur en mars 1915, nommé instituteur à Fresselines, il y enseigna jusqu’à la fin de l’année. Mobilisé en janvier 1916 comme soldat de première classe d’infanterie, il fut libéré en septembre 1919 avec le grade d’aspirant. Nommé instituteur délégué à l’EPS de La Souterraine à la rentrée de 1919, il suivit les cours spéciaux de la faculté des lettres de Poitiers pour préparer le concours de l’École normale supérieure primaire de Saint-Cloud. Il renonça à cette préparation pour des raisons financières. Reçu à la première partie en 1921, il passa le professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures en 1922, et enseigna les lettres à l’ENI de Guéret de 1923 à 1931, tout en étant aussi chargé de l’économat à partir de 1924. Il obtint une retraite proportionnelle en 1957.

Après un premier congé en 1931-1932 pour créer une section du Massif central des Presses universitaires de France dans le cadre des actions coopératives, pour donner aux œuvres laïques les moyens de fonctionner, Louis Roussillat obtint une mise en disponibilité pour se consacrer entièrement à l’organisation et au développement des Presses du Massif Central, société coopérative d’éditions et de librairie qu’il venait de créer et qui prit son autonomie en 1934.

En 1920, Louis Roussillat avait adhéré à l’Union départementale des coopératives de la Creuse, union coopérative régionale issue en 1918 de la concentration réalisée autour de « La Guérétoise » par André Desmoulins*. Il lui apporta aussitôt tout son appui militant, devenant administrateur en 1940. En juillet 1945, il fut cosignataire de la motion Boully de solidarité envers Gaston Prache. Louis Roussillat siégea ensuite au comité national de la Fédération nationale des coopératives de consommation de 1951 à 1967.

Louis Roussillat se maria en août 1920 à Saint-Sébastien (Creuse) avec la fille d’instituteurs. Le couple eut deux garçons et une fille. Sa sœur Marguerite Roussillat, née le 15 juin 1899 à Saint-Vaury, institutrice, se maria le même jour avec un instituteur, frère de l’épouse de Roussillat.

Dans les années 1930, Louis Roussillat était le secrétaire de la fédération de la Creuse de la Ligue de l’enseignement et, depuis 1927, de la Confédération générale des œuvres laïques, puis président de 1945 à 1966 de la Fédération des œuvres laïques. Il était le secrétaire puis le vice-président de la Mutuelle accidents scolaires et postscolaires de la Creuse qu’il avait créée. Il participa au bureau de la Ligue française de l’enseignement de 1950 à 1960. Il fonda un aérium et une colonie de vacances pour les enfants de la Creuse à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime).

Militant socialiste SFIO depuis 1930, membre du comité fédéral de la Creuse de 1935 à la fin des années 1950, élu conseiller municipal de Saint-Vaury en 1935, Louis Roussillat participa à un meeting à Guéret contre les accords de Munich et les décrets-lois, le 15 décembre 1938. Franc-maçon selon les notes du correspondant départemental du service des sociétés secrètes, il appartint au Comité départemental de Libération.

Louis Roussillat fut élu conseiller municipal de Guéret de 1945 à 1959.
En septembre 1945, élu conseiller général socialiste de Saint-Vaury, réélu par la suite, rapporteur général du budget départemental de 1945 à 1970, président de la commission des finances, il devint vice-président du conseil général de 1951 à 1958. “Cheville ouvrière du Conseil général” selon un rapport du préfet de 1951, il était décrit comme “l’une des deux ou trois personnalités les plus marquantes du Conseil général” en 1955. Il ne se représenta pas en 1970. Il se présenta sans succès aux élections législatives de 1951 et 1956 et aux élections sénatoriales de 1962.

Louis Roussillat, veuf, se remaria en juillet 1956 à Paris (XVe arr.).

Il fut enterré civilement à Guéret.

Son nom fut donné au lycée professionnel de Saint-Vaury et au centre de vacances de la FOL à Saint-Palais-sur-mer (Charente-Maritime).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130004, notice ROUSSILLAT Louis, Gaston par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

ŒUVRE : Les deux fichiers de la BNF de huit entrées chacun comporte des ouvrages avec un autre auteur et un personnel, préfacé par le géographe Max Sorre, Le Pays creusois, manuel d’initiation aux études de géographie locale, Guéret, Presses du Massif central, 1941.

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3228, 3240 ; F/1cII/145, 217, 285, 289, 319 ; F/1cIV/152, 157 ; F7/14995 ; F17/26390, 26930 ; Z/6/1903, 19770359/19, 24, 19780654/75. 19830172, art. 85, 86. — Arch. Dép. Creuse, 1 M 201, 3 M 320. — Arch. OURS, Dossiers Creuse. — Fonds d’arch. J. Gaumont-G. Prache. — La Creuse syndicaliste, 1934. — Revue de la coopération scolaire, mars-avril 1974. — Fiche du Mouvement coopératif de consommation. — P. Chambraud, Le Mouvement coopératif de consommation dans la Creuse, Guéret, 1957. — Le Monde, 1er novembre 1978. — G. Dauger, Aux origines du Front populaire dans la Creuse, Études creusoises, Guéret, 1986. — Notes de J.-L. Broilliard.

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