ROUXEL Marie [née LAMOTTE Jeanne, Marie]

Par Yves Le Floch, Jacques Girault

Née le 3 mai 1893 à Cherbourg (Manche), morte le 27 janvier 1972 à Equeurdreville (Manche) ; institutrice ; militante du SNI ; militante communiste de la Manche.

Pierre et Marie Rouxel, Wikimanche.

Fille d’un second-maître cordonnier dans la Marine nationale, Jeanne Lamotte reçut les premiers sacrements catholiques. Elève de l’École normale d’institutrices de Rouen (Seine-Inférieure), elle devint institutrice. Elle se maria en septembre 1913 avec un instituteur, Jules Munsch avec qui elle eut une fille Juliette, qui devint institutrice et fut résistante communiste. Veuve, elle se remaria en mai 1920 à Equeurdreville avec Pierre Rouxel, instituteur, militant du Syndicat national des instituteurs et du Parti communiste. Ils eurent quatre enfants qui ne reçurent pas de sacrements religieux.

Marie Rouxel était en 1921 la correspondante d’Hainneville (Manche) du journal communiste Le Populaire normand. Militante syndicaliste et militante communiste, elle fut déplacée, avec son mari, en 1922 par les autorités académiques, de Saint-Germain d’Elle près de Saint-Lô à Martigny, dans l’extrême sud du département, près de Saint-Hilaire-du-Harcouet. Ils furent nommés à Gonneville en 1928 avant de revenir enseigner à Équeurdreville en 1931.

Avec une autre institutrice, elle fut réprimandée par l’Inspecteur d’Académie pour avoir participé, le 4 novembre 1934, à un meeting du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme à Cherbourg, dont elle était la correspondante locale. La promotion à l’ancienneté à laquelle elle avait droit ne lui fut pas accordée. Cette décision amena une protestation de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, le 24 janvier 1935 et la démission motivée par cette injustice des élus au Conseil départemental de l’enseignement primaire qui ne se représentèrent pas volontairement. Par la suite, candidates aux élections du nouveau conseil, elles furent élues en mai 1935 et démissionnèrent quelques mois plus tard pour protester contre les nouvelles sanctions administratives qui l’avaient frappée. La direction nationale du SNI utilisa cette « affaire » pour illustrer la politique répressive du gouvernement.

Lorsque le mouvement Amsterdam-Pleyel perdit de son importance, Marie Rouxel se consacra au Parti communiste, auquel elle adhéra en 1934, et fut élue, en décembre 1938, secrétaire régionale à l’administration, chargée, en outre, de la campagne de diffusion de l’Humanité. Elle devint membre du bureau de la région communiste de la Manche en 1938. Elle fut accusée, avec son mari, par la Fédération socialiste d’avoir mené la manœuvre qui, en 1938, aboutit au contrôle par le Parti communiste du comité de Front populaire d’Équeurdreville.

Elle participait à d’autres associations : Libre pensée, patronage, coopérative, Paix et Liberté, Comité du Front populaire, pionniers antifascistes.

En mai 1940, le couple fut déplacé d’office à Saint-Martin-de-Lamps (Indre). Il recueillit leur petit-fils André, fils d’André Defrance, durant l’été 1942. Elle participa à l’activité clandestine des résistants. Revenue dans la Manche en octobre 1945, nommée à Equeurdreville, elle milita au SNI et au Parti communiste français.

Elle figura sur la liste communiste à l’Assemblée nationale constituante en mai 1946.

En juin 2020, son nom fut donné à une école de Cherbourg-en-Cotentin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130127, notice ROUXEL Marie [née LAMOTTE Jeanne, Marie] par Yves Le Floch, Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 12 mars 2021.

Par Yves Le Floch, Jacques Girault

Pierre et Marie Rouxel, Wikimanche.

SOURCES : Arch. Nat. F1a 3234, F7/13027 et 13036. — RGASPI, 495 270 2949, 25 mai 1937, classé A, 517/1/1865, 1908.. — Archives du comité national du PCF. — Le Populaire normand, 29 avril 1921. — L’Avenir de la Manche. — La Lutte antifasciste, 16 janvier 1937. — La Normandie populaire. — Renseignements fournis par A. Defrance et par Pierre Rouxel à J. Girault. — DBMOF, notice par Y. Le Floch.

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