SABIOL Jean [SABIOL Joseph, Jean, Michel] (ou SABIOLS Joseph, Jean, Michel)

Par André Balent.

Né le 26 septembre 1911 à Brouilla (Pyrénées-Orientales) ; coiffeur ; militant communiste ; résistant.

Fils d’un ouvrier agricole, Jean Sabiol (Sabiols selon l’état civil) vécut son enfance à Bages (Pyrénées-Orientales). Son père, gazé pendant la Première Guerre mondiale, mourut en 1923 ; sa mère, née Joséphine Cassuly (voir Joseph Cassuly*), devint ouvrière agricole pour subvenir aux besoins de ses deux enfants.

Révolté contre le sort que la société réservait à sa famille, il quitta l’école à l’âge de quatorze ans après avoir obtenu le Certificat d’études primaires et se fit aussitôt embaucher comme ouvrier agricole. Plus tard, lorsqu’il avait terminé sa journée, il allait travailler, le soir, chez le coiffeur de Bages qui lui apprenait le métier. Lorsqu’il eut dix-sept ou dix-huit ans, il partit à Couiza (Aude) comme ouvrier coiffeur. En 1929-1930, il s’établit à Paris. En 1931-1932, il fit son service militaire en Corse, au 173e régiment d’infanterie alpine.

Libéré de ses obligations militaires, Jean Sabiol s’embaucha dans un salon de Perpignan. Dans cette ville, il fit connaissance de militants des Jeunesses communistes, dont Léopold Figuères* et André Tourné* puis, en 1933, adhéra aux JC. Il participa aux manifestations de février 1934 et devint secrétaire du syndicat local CGT des ouvriers coiffeurs au moment de la réunification syndicale. Il occupa cette fonction jusqu’en 1937. En 1936, il avait signé, en tant que représentant des ouvriers coiffeurs, une convention collective avec les patrons.

Installé à Villemolaque (Pyrénées-Orientales), il ouvrit en 1937 un salon de coiffure. En 1938, il adhéra à la cellule communiste de Bages. Il ne désapprouva pas le Pacte germano-soviétique et chercha à entrer en contact avec l’organisation clandestine du parti dès juillet 1940.

Mobilisé comme auxiliaire au centre mobilisateur de Narbonne (Aude), puis muté dans un régiment du train, Jean Sabiol fut démobilisé au camp du Larzac (Aveyron). De retour à Villemolaque, il reprit son travail et rejoignit bientôt l’organisation clandestine communiste. En 1944, soupçonné par la Gestapo d’être responsable d’une cellule du Parti communiste à Perpignan, il se réfugia chez son beau-frère dans la région d’Agen (Lot-et-Garonne). Au moment de la Libération du Lot-et-Garonne, il participa à des actions des FFI locaux.

Jean Sabiol créa ensuite à Villemolaque une cellule du PCF groupant trente membres dont il fut élu secrétaire. Cette cellule fut d’abord rattachée à la section de Thuir. Puis fut créée une section à Bages groupant les cellules de Bages, Villemolaque et Saint-Jean-Laseille dont Jean Sabiol fut le secrétaire. En 1947, contraint de quitter Villemolaque, il alla s’établir à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) où il occupa la maison de son oncle Joseph Cassuly. Il ouvrit un salon de coiffure ; mais la clientèle lui faisant défaut, il s’embaucha comme manœuvre tout en conservant son salon qui était tenu en permanence par sa femme, immigrée italienne. Militant de la CGT, il fut licencié de son emploi de manœuvre pour avoir participé à une grève. Il travailla ensuite dans une entreprise de fabrication de casiers de bouteilles. Puis son salon de coiffure ayant une clientèle stable, il put s’y consacrer pleinement.

D’abord membre du comité de la section du PCF de Rivesaltes, Jean Sabiol accéda ensuite au bureau de section puis au secrétariat où il remplaça pendant quelque temps Émile Dardenne*. En 1951, il était en outre responsable de la section de Rivesaltes de l’Association France-URSS. Au début des années cinquante, il fonda le comité local de Rivesaltes du « groupement des petits commerçants et artisans contre la fiscalité abusive » où la plupart des artisans et petits commerçants de la ville adhérèrent. Jean Sabiol créa aussi des groupements à Estagel, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Ille-sur-Têt, Prades et Céret.

Bien qu’appuyée par la direction fédérale du PCF, l’action de Jean Sabiol en faveur des commerçants et artisans fut parfois mal comprise par ses camarades de la section de Rivesaltes. Après la création du comité de Guéret, le « groupement » départemental tendit à se désagréger car beaucoup de commerçants rejoignirent alors le mouvement poujadiste.

Jean Sabiol fréquenta ensuite l’école communiste fédérale de formation puis assura l’animation des écoles de la section de Rivesaltes. Pendant de nombreuses années jusqu’en 1972, membre du bureau de la section, il fut alternativement secrétaire à l’organisation et secrétaire à la propagande. En 1972, sa femme tomba malade (elle devait mourir en 1974) et Jean Sabiol dut abandonner ses responsabilités. A la fin de 1974, il fut à nouveau élu au bureau de la section.

Il avait été candidat aux élections au conseil général dans le canton de Rivesaltes en avril 1955.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130168, notice SABIOL Jean [SABIOL Joseph, Jean, Michel] (ou SABIOLS Joseph, Jean, Michel) par André Balent., version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 avril 2016.

Par André Balent.

SOURCES : Interview de Jean Sabiol. — R. Bernis, Les Pyrénées-Orientales sous la IVe République, Th., Montpellier, 1971.

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