SACCO Étienne

Par Daniel Grason, Jean Maitron

Né le 26 janvier 1898 à La Turbie (Alpes-Maritimes), mort le 10 octobre 1975 à Antibes (Alpes-Maritimes) ; gérant des bains douches de Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine) ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant ; interné.

Etienne Sacco (Arch. PPo.)
Etienne Sacco (Arch. PPo.)

Fils de Blaise, garçon d’hôtel et de Jeanne, née Sampô, tailleuse, Étienne Sacco vint habiter en région parisienne au 3, rue Simonneau à Clichy-la-Garenne. Il épousa le 29 octobre 1928 Cécile Casaro, née le 30 juin 1896 à Turin (Italie), de nationalité française par mariage, employée des bains douches municipaux à la même adresse. Sa belle-sœur Joséphine Galli*, née Casaro, le 23 septembre 1918 à Nice (Alpes Maritimes) était mariée avec Honoré Galli* qui fut commissaire adjoint à la XVe Brigade internationale, bataillon 6 février.

L’adresse des bains douches de Clichy servit à domicilier de nombreux volontaires étrangers des Brigades internationales. Étienne Sacco membre du parti communiste depuis 1935, arriva en Espagne le 17 février 1937. Il fut incorporé à la XVe Brigade internationale, y fit fonction de commissaire politique du bataillon Franco-Belge. À partir du mois de mai, il travailla au service de presse et d’histoire à Madrid. Il était mentionné comme étant « sans parti, secrétaire d’un cercle culturel ». Le service des cadres des brigades l’apprécia comme : « Assez bon au début, a bien travaillé par la suite. Bonne volonté ».

Pendant la guerre, sa femme Cécile fut repérée par la police dès janvier 1940, elle servait de boîte aux lettres ainsi que d’autres militants, la plupart du temps des coupes, des courriers de Jean Baillet, ex-secrétaire de la région Paris-Ouest. Elle fut condamnée le 9 mars 1942 par le Tribunal spécial pour détention et distribution de tracts communistes, à dix-huit mois de prison, cent francs d’amende et au maximum de la contrainte par corps, internée administrative.

Étienne Sacco condamné pour distribution de tracts communistes fut interné le 4 avril 1942, détenu au Stalag 122, à Compiègne. Les préparatifs d’une évasion collective furent organisés par des militants communistes. Il fallait creuser un tunnel en dissimulant la terre, ce qui n’était pas chose aisée. Le tunnel partait d’un atelier, une fois achevé, il mesura quarante-cinq mètres, vingt tonnes de terre furent dégagées et camouflées dans un puits désaffecté. Il s’évada au cours de la nuit de 21 au 22 juin en compagnie de dix-huit internés administratifs dont Georges Cogniot*, André Tollet*, Edmond Savenaud*, Henri Le Gall*. Les autorités allemandes décidèrent d’arrêter les membres des familles de ces évadés et de les interner au fort de Romainville. Onze personnes furent arrêtées dont sa belle-sœur Anita Casaro qui habitait le XVIIe arr., elle fut relaxée. Étienne Sacco fit partie des sept évadés repris.

Le 1er mars 1943, Pierre Brossard dit Philibert, responsable national aux cadres du parti communiste était arrêté, son domicile perquisitionné. Les inspecteurs des Brigades spéciales saisissaient deux cent cinquante à trois cents notices biographiques. Au cours du mois de mars, dans le cadre de l’affaire Brossard, les policiers procédèrent à deux cents vingt-huit arrestations dont huit responsables nationaux aux cadres, techniques et aux matériels ; sept responsables inter-régionaux ; trente-et-un militants illégaux, trente-trois permanents appointés. Des dizaines de milliers de tracts et de brochures, cent vingt-neuf fausses pièces d’identités, des armes et cartouches, ainsi que six cents mille francs furent saisis. Étienne Sacco fut arrêté le 9 mars 1943 chez Émile David, trente-trois ans, commis agricole, Chêne des Méninges, canton de Montmirail (Marne), il vivait sous la fausse identité de Maillet

Mis à la disposition du Parquet, il était le 5 avril 1943 incarcéré à la prison de la Santé. Il comparut le 7 juin devant le Tribunal d’Etat qui le relaxa. L’arrêté d’internement du 4 avril 1942 restant en vigueur, après avoir été consigné au Dépôt, il fut transféré au centre des Tourelles à Paris (XXe arr.)

Étienne Sacco mourut le 10 octobre 1975 à Antibes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130186, notice SACCO Étienne par Daniel Grason, Jean Maitron, version mise en ligne le 21 avril 2015, dernière modification le 14 mai 2015.

Par Daniel Grason, Jean Maitron

Etienne Sacco (Arch. PPo.)
Etienne Sacco (Arch. PPo.)

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.1389, BDIC mfm 880/32. – Arch. PPo., BA 2056, BA 2373, PCF Carton 13, PCF carton 14, 1W 0897. – André Tollet, Le souterrain, Messidor, 1986. – Roger Codou, Le Cabochard. Mémoires d’un communiste (1925-1982), Maspero, 1982. – Castells Andreu, Las Brigadas internacionales de la guerra de España, Barcelone, 1974. – État civil.

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