SAGOT-LESAGE Marcel [SAGOT-LESAGE Paul, dit Marcel]

Par Jacques Girault

Né le 16 septembre 1887 à Paris, mort en avril 1965 à Paris (XIVe arr.) ; rentier ; secrétaire de la Fédération du Var du Parti communiste (1922).

Fils d’un ancien gouverneur du Crédit foncier de France, Marcel Sagot-Lesage, diplômé de l’École des langues orientales, licencié en droit, avocat, rompit avec sa famille et acheta à Bormes (Var) un château qu’il fit restaurer. Lié au maire socialiste Léon Chommeton*, délégué cantonal, il fut le trésorier du comité pour l’édification d’un monument en l’honneur d’Ernest Reyer au Lavandou en février 1913. Le Lavandou fut érigée en commune le 25 mai 1913. Il se présenta aux premières élections municipales, le 6 juillet 1913, sur la liste de défense républicaine et socialiste.

Marcel Sagot-Lesage collaborait à divers journaux et revues touristiques. On le disait végétarien. Bon connaisseur de la chaîne des Maures, il pouvait y guider les promeneurs et utiliser son érudition.

Dès que se constitua l’Association républicaine des anciens combattants, Marcel Sagot-Lesage y adhéra. Représentant le groupe de Toulon au congrès régional à Marseille (20-21 novembre 1920), il fut nommé conseiller juridique de la fédération varoise, à sa constitution, le 7 août 1921. Il milita dans le courant « longuettiste » comme Chommeton et s’en sépara pour soutenir la IIIe Internationale. Il participa à la campagne de presse, à la fin de 1920, appelant à l’adhésion.

Dans ces conditions, Marcel Sagot-Lesage se trouva parmi les dirigeants du nouveau Parti communiste dans le Var et fut désigné comme secrétaire fédéral à la fin de 1921. Selon les rapports de police, il fut remplacé à ce poste au congrès de Brignoles le 14 janvier 1922 et nommé responsable de la propagande au congrès d’Hyères, le 12 mars 1922. Toutefois, nous pensons que le rapport de police sur le congrès d’Hyères est inexact et que Marcel Sagot-Lesage y fut certainement nommé secrétaire fédéral. En effet, il polémiqua, pendant cette période, dans la presse avec le secrétaire de la fédération socialiste SFIO Émile Herpe* à propos de l’unité socialiste et de la défense nationale. Ce dernier indiquait qu’il s’adressait à Sagot-Lesage, le nouveau secrétaire fédéral communiste. Dans sa réponse, ce dernier, le 25 mars, signa en tant que secrétaire fédéral.

Au congrès de Toulon, le 24 septembre 1922, Marcel Sagot-Lesage présenta le rapport moral et le délégué du comité directeur, Louis Sellier*, put remarquer : « Il serait souhaitable que toutes les fédérations communistes de France aient à leur tête des hommes de la valeur du secrétaire fédéral du Var. » Il désirait abandonner la responsabilité du secrétariat fédéral, mais fut maintenu avec Paul Viort*, comme secrétaire adjoint jusqu’au congrès de Brignoles, le 14 janvier 1923.

Marcel Sagot-Lesage menait une vie fort peu compatible avec le statut d’un responsable d’un parti ouvrier. Il possédait, comme l’écrivait l’institutrice du village, en 1923, une « pimpante voiture ». Il continuait à écrire dans la presse tout en assurant la direction du journal fédéral communiste Le Var ouvrier et paysan, lancé en septembre 1922. Il disparut par la suite de la vie politique, seulement signalé comme communiste pour la dernière fois en 1924. Il n’était ni franc-maçon, ni militant de la Ligue des droits de l’Homme. Cet éloignement ne semblait pas avoir de causes politiques directes.

En fait, Marcel Sagot-Lesage se sentait avant tout écrivain. Passionné de botanique, membre du syndicat professionnel de la presse scientifique, il effectua, en 1925, un voyage de documentation dans le but d’articles sur la déforestation en France pour la Société nationale d’acclimatation et la Société des amis des arbres. Il écrivit à Joseph Pascal (voir Joseph Justin Pascal*), le 5 mars 1926, « Localement je me suis abstrait de tout, notre dirigeant-maire [Chommeton] était plus que jamais l’égoïsme sans contrepoids [...] La politique me plaît de moins en moins. Le Parti communiste où iraient mes sympathies ne propose rien. Exemples : l’étalon-métal dans la société nouvelle est une chose périmée. Aucune étude de l’étalon-travail susceptible de la remplacer. Et le problème des logements ou maisons ouvrières ? À peine une accommodation des cabanes à lapins actuelles. »

Marcel Sagot-Lesage continua à mener une vie calme, collaborant à divers organes de la presse touristique ou scientifique. Son épouse devenue infirme exigeait sa présence. Il vendit son château au début de la deuxième guerre mondiale et alla habiter dans la Haute-Vienne. Devenu veuf, bien que très anticlérical il se lia d’amitié avec un prêtre dans le village où il s’était retiré et alla terminer sa vie dans une maison religieuse du XIVe arrondissement de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130208, notice SAGOT-LESAGE Marcel [SAGOT-LESAGE Paul, dit Marcel] par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 28 2, 4 M 42, 45, 59 4 1, 3 Z 2 9. — Joseph Pascal, Une existence en toutes lettres, Genève, Perret-Gentil, 1972. — Rens. de L. Bonhomme, J. Masse.

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