SALLES Antoine, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 26 mars 1896 à Montferrier (Ariège), mort janvier1985 ; ouvrier du textile puis négociant en charbons ; militant de la CGTU et du Parti communiste.

Antoine Salles
Antoine Salles
Communiqué par Pierre Gamboa

Très jeune, Antoine Salles rentra dans la vie active dans l’industrie textile, de la région de Lavelanet, mobilisé, il participa à la Première Guerre mondiale, ou il y fut blessé. À son retour, il reprit son activité comme ouvrier dans la seule industrie de la région, le textile.

Il s’investit dans l’action syndicale au sein de la CGTU. Il adhéra au Parti communiste français après le congrès de Tours de 1920. Son action militante dans le mouvement syndical le conduisit à participer activement à l’organisation de grèves et de rassemblement pour défendre les revendications ouvrières. Actions qui furent réprimées par les autorités de l’époque et le patronat. Ses activités militantes lui valurent ainsi qu’à ses deux camarades, un licenciement collectif. Constatant l’impossibilité de retrouver un emploi dans la région par ostracisme politique, ces trois militants créèrent une entreprise commerciale modeste (combustibles et légumes).

Antoine Salles fut arrêté en juin 1926 pour avoir participé activement à la lutte contre la guerre du Maroc et condamné à deux mois de prison. Il fut incarcéré avec Léon Frot* dirigeant de la CGTU, qui fut fusillé par les Allemands le 13 janvier 1942. Libéré le 1er avril 1927, ses camarades organisent un important meeting festif pour fêter cette libération. Grand propagandiste des idées communistes, il diffusa dans la région, le journal La voix des travailleurs et déploya simultanément des permanences d’aide aux accidentés du travail.

Antoine Salles était secrétaire de la cellule communiste de Lavelanet (Ariège) groupant une quinzaine d’adhérents en 1932. L’administration préfectorale l’avait inscrit au carnet B. En 1934, il devint secrétaire du rayon de Lavelanet et de la vallée de l’Hers et fut candidat aux élections cantonales d’octobre.

En quelques années, son entreprise passa de la traction animale à l’achat de camions. Cette réussite sociale permit au trois associés d’accomplir des actions militantes au service de la solidarité en faveur des antifascistes espagnols. Ils purent leur apporter des vivres en mettant un camion à leur service. Antoine Salles organisa au moment de la Retirada, du 25 janvier au 15 février 1939 l’accueil des réfugiés espagnol et les enfants dans les familles de Lavelanet (dont Pierre Gamboa* qui fut sénateur communiste en 1977).

À la libération, il fut un membre actif du comité de libération. Le 17 mai 1945, il fut élu maire de Lavelanet jusqu’à 29 octobre 1947 ou les électeurs décidèrent d’accorder leurs suffrages à une majorité à tendance SFIO. Il fut également candidat aux cantonales de septembre 1945. Jean Pierre Bel, maire de Lavelanet (futur président du Sénat) voulut au cours de son mandat, rendre un hommage particulier aux membres du Comité de libération de Lavelanet du 17 août 1944, avec la pose d’une plaque commémorative. Celle-ci porte le nom de Salles Antoine Joseph mort en janvier1985

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130328, notice SALLES Antoine, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 janvier 2013.

Par Claude Pennetier

Antoine Salles
Antoine Salles
Communiqué par Pierre Gamboa

SOURCES : Arch. Nat. F7/13108, 13130, 13132. — La Voix des travailleurs, 1926-1934. — Renseignements communiqués par sa fille Josette Bezi Salles à Pierre Gamboa en 2012

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