SCHUMACHER Louis, Eugène, Jules

Par Jean-Louis Panné

Né le 1er décembre 1882 à Levallois-Perret (Seine), mort le 16 octobre 1971 à Bar-le-Duc (Meuse) ; imprimeur ; militant communiste ; secrétaire de la Fédération unitaire du Livre (1925-1929) ; membre de la CE de la CGTU ; fondateur du Comité pour l’indépendance du syndicalisme.

Fils d’un mécanicien et d’une blanchisseuse, Louis Schumacher fit son service militaire en 1903-1904. Mobilisé le 11 août 1914 au 46e Régiment d’infanterie, blessé, il fut versé dans le service auxiliaire en mai 1916 et démobilisé le 12 novembre 1916. Lors du congrès du Livre CGT de 1919 (Nancy, 8-12 septembre), il représenta les imprimeurs parisiens. Secrétaire du syndicat des imprimeurs parisiens en 1921, il fut délégué au congrès de Lille (juillet 1921) et vota pour la minorité.

En 1922, Louis Schumacher fut membre du Comité unitaire des fédérés parisiens du Livre. Il aurait été conseiller municipal de Sartrouville (Seine-et-Oise) jusqu’à la fin de 1925, semble-t-il, année où il devint membre de la commission exécutive de la Fédération unitaire du Livre au titre de l’impression typographique, à l’issue du IIIe congrès de sa fédération (Marseille, 12-15 septembre). Cependant, il était noté en 1926, par la police, comme domicilié à Houilles depuis 4 ans, après avoir habité Bois-Colombes. Succédant à Jean Vial-Collet*, Louis Schumacher devint secrétaire de la Fédération unitaire du Livre en décembre 1925, fonction qu’il assura jusqu’en 1929. A cette époque, il s’opposait aux partisans de l’indépendance du syndicalisme et était considéré par la police comme l’animateur du Parti communiste à Sartrouville.

Délégué une première fois au Ier congrès de la CGTU (Saint-Étienne, 25 juin-1er juillet 1922), il le fut à nouveau au IVe (Bordeaux, 19-24 septembre 1927) et entra à la commission exécutive de la centrale. En 1929, présent au Ve congrès (Paris, 15-21 septembre 1929), il fut reconduit à la CE mais aurait refusé ce poste.

Devenu militant du Ve rayon communiste de la Région parisienne, il fit en décembre 1926 une tournée de propagande pour le compte de la CGTU. Lors des fêtes du Xe anniversaire de la Révolution d’octobre, Louis Schumacher fit partie de la délégation française en URSS aux côtés d’André Colomer*, comme « sans parti ». Il publia en juin 1928 un compte rendu de son séjour dont La Révolution prolétarienne fit la critique, lui reprochant de propager les clichés conventionnels et lui opposant les déclarations des responsables bolcheviks eux-mêmes. En 1928, il figurait parmi les collaborateurs de la revue des Amis de l’Union soviétique, L’Appel des soviets.

En août 1929, Louis Schumacher s’opposa à la majorité de la Fédération unitaire du Livre-Papier (la fusion des deux fédérations avait eu lieu en 1928), critiquant sa participation à la journée du 1er août 1929 contre la « guerre impérialiste », journée décidée par le PC. Au cours de la réunion de la CE, il refusa d’entériner un ordre du jour approuvant le rapport d’activité de la CGTU dans lequel le Parti communiste était présenté comme « l’avant-garde prolétarienne, dirigeante du mouvement ouvrier ». En septembre, au congrès confédéral, il réitéra son opposition, constituant, avec Henri Boville*, le Comité pour l’indépendance du syndicalisme, nouvelle tendance minoritaire (dite n° 2) au sein de la CGTU. Schumacher fut contraint de démissionner le 27 novembre 1929 de son poste de secrétaire général au profit de Gaston Tessier* lorsqu’il apparut que sa tendance était largement minoritaire (394 voix contre 817). Il fut dénoncé par J. Brécot (Gaston Monmousseau*) dans les Cahiers du bolchevisme pour s’être « dressé contre le rôle dirigeant du parti ». Fin 1929, il devint l’administrateur du Cri du peuple, organe de la Ligue syndicaliste (minorité n° 1). Dans sa rubrique (« Au jour le jour »), il affirmait toujours son soutien à la Révolution russe.

Contrairement à Henri Boville, Louis Schumacher, en décembre 1930, ne signa pas la « déclaration des 22 pour reconstruire l’Unité syndicale ». Dès lors, il ne semble plus avoir joué de rôle dans le mouvement syndical. En 1933, un L. Schumacher appartenait à la rédaction du Prolétaire de Clichy-Levallois, organe des sections du PUP.

Louis Schumacher était marié et le couple eut trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130804, notice SCHUMACHER Louis, Eugène, Jules par Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 21 décembre 2020.

Par Jean-Louis Panné

Appel des Soviets, collection Jean-Richard Bloch, communiqué par Rachel Mazuy.

ŒUVRE : Un Monde nouveau. Deux mois en Russie, Éditions de la CGTU, 1928. 96 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13584, 13754. — Arch. PPo. Ba/1697. — Arch. Seine-et-Oise, 4 M 2/68. — L’Humanité, 1er janvier 1922, 24 décembre 1925, 19 juillet 1928. — Le Cri du peuple, 23 avril et 18 juin 1930. — La Révolution prolétarienne, n° 61, juillet 1928 ; n° 90, 15 octobre 1929 ; n° 93, 1er décembre 1929. — L’Appel des soviets, n° 1, 10 octobre 1928. — Frédérique Barre, La Fédération unitaire du Livre, MM, op. cit. — Madeleine Rebérioux, Les Ouvriers du livre et leur fédération, Messidor, 1981. — Notes de J. Charles. — C.r. congrès cités. — Rachel Mazuy, Croire plutôt que voir ? Voyages en Russie soviétique (1919-1939), Odile Jacob, 2002.

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