SCHWOB René

Par Étienne Kagan

Né le 21 décembre 1903 à Pfastatt (Haut-Rhin), mort le 19 avril 1994 à Moyeuvre-Grande (Moselle) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire du syndicat des Métaux de la Moselle ; militant communiste ; syndicaliste CGT puis FO de Thionville.

René Schwob
René Schwob

Fils d’un magasinier et d’une ménagère, René Schwob habitait Basse-Yutz (Moselle) et travaillait à l’usine sidérurgique de la Société lorraine minière et métallurgique de Thionville. Marié le 16 novembre 1932 à Basse-Yutz (aujourd’hui Yutz, Moselle) avec Marianne née Mrowinski, ils eurent une fille prénommée Herta.

Il adhéra au Parti communiste en novembre 1922. Libéré du service militaire en mai 1925, il devint secrétaire du syndicat unitaire des Métaux de Thionville ainsi que responsable local des Jeunesses communistes. En 1925, il occupa également les fonctions de secrétaire des JC de Moselle. Au début de 1926, il lui fut proposé d’assurer, avec Éva Klein*, la rédaction de la Volkstribüne, quotidien régional du PC, mais, devant la nécessité de restructurer les syndicats des Métaux très affaiblis suite à l’échec de la grève générale du 12 octobre 1925, il fut élu le 26 avril 1926 secrétaire permanent du syndicat des Métaux de la Moselle.

Le 19 décembre 1926, lors d’une conférence des syndicats des Métaux de la 3e Union régionale unitaire, René Schwob fut élu secrétaire du syndicat des Métaux de l’Est, avec siège à Hagondange. Cette structure fut cependant supprimée à la fin de 1929, lorsque les syndicats mosellans furent rattachés à la 4e URU dont le siège était à Strasbourg. Le syndicat unitaire des Métaux de la Moselle fut alors reconstitué, toujours avec René Schwob à sa tête. En février 1928 la police indiquait qu’il était membre du comité des « Libres Penseurs » de Basse-Yutz. Au mois de janvier 1928, il aurait assisté à Cologne (Allemagne) au congrès international de cette organisation et devait en faire un compte rendu. Membre du comité régional de la CGTU ainsi que de celui du PC (voir Émile Fritsch*), il fut candidat aux élections législatives de 1932 dans l’arrondissement de Thionville-Ouest (903 voix sur 18 926 inscrits) et délégué au VIIIe congrès du PCF (Villeurbanne, 22-25 janvier 1936).

Cependant, la biographie rédigée pour la commission des cadres en juillet 1933 était accompagné d’une évaluation sévère : « Est signalé comme un opportuniste » ou encore « un militant qui paraît plafonner là ou il est ».

Après la réunification syndicale, René Schwob resta secrétaire du syndicat des Métaux de la Moselle et dirigea la rédaction du Métallurgiste. Les questions de personnes, si importantes au sein du Parti communiste mosellan, amenèrent son départ du parti après que Paul Entzmann*, militant du syndicat des Métaux et secrétaire régional, eût attaqué le 23 avril 1939 les « bureaucrates » et les « réformistes » des Métaux, c’est-à-dire René Schwob et Charles Friedrich*, au cours de la conférence régionale du PC. On reprocha en outre à René Schwob de défendre l’ancien secrétaire régional Eugène Anstett*.

Mobilisé en septembre 1939, René Schwob fut fait prisonnier le 16 juin 1940, puis libéré en août parce qu’Alsacien-Lorrain. Arrêté, puis expulsé de Moselle en novembre 1940, il fut interné dans le Tarn. Après son retour en Moselle en octobre 1944, il réorganisa le syndicat des Métaux et retrouva son poste de secrétaire. Après la grève des métallurgistes de novembre 1947, il démissionna de toutes ses fonctions syndicales le 16 décembre pour participer à la création d’une Union départementale CGT-FO, puis, le 14 février 1948, de l’Union confédérale FO des travailleurs de la métallurgie de la Moselle dont il fut élu secrétaire général. René Schwob allait encore pendant de nombreuses années jouer un rôle important au sein du mouvement syndical FO du département, en soutenant toujours des positions anticommunistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article130824, notice SCHWOB René par Étienne Kagan, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 18 juin 2011.

Par Étienne Kagan

René Schwob
René Schwob

ŒUVRE : Réalités vécues au cours de 40 années d’activité syndicale, UD-CGT-FO de la Moselle, s.d. [1966], 164 p.

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 1517, autobiographie du 25 juillet 1933 (A1). — Arch. Nat. F7/13090, 13129, 13256, 13261. — Arch. Dép. Moselle, M 93, 24 Z 20 et 21. — La Lorraine ouvrière et paysanne.

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