SICARD Rémy [Louis, Clément, Rémy]

Par Gilles Morin

Né le 18 janvier 1893 à Les Mées (Basses-Alpes), mort le 8 août 1972 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ; avocat ; militant socialiste de la Seine, rédacteur au Populaire, secrétaire de la commission nationale des Conflits de la SFIO (1944-1965) ; membre de la LICP ; résistant.

Gallica. Le Populaire, 26 février 1936.

Fils de Clément Sicard, cultivateur, et de Louise Bremond, sans profession, Rémy Sicard participa à la Grande guerre et il fut décoré de la Croix de guerre 14-18. Il se maria le 8 janvier 1919 à Paris (XVIIe arr.) avec Yvonne Lebroc. Ils eurent une fille, née en janvier 1920 (avocate en 1941).
Au moment de l’Armistice, il avait fait une demande et reçu une dérogation présidentielle afin d’obtenir une licence de droit après un an et demi d’études à l’Université de Paris plutôt que les trois ou quatre années requises en raison des circonstances exceptionnelles.
Docteur en Droit, Rémy Sicard exerça comme avocat à la Cour d’Appel de Paris. Militant de la Fédération socialiste de la Seine, il assura, entre les deux guerres mondiales, une chronique juridique au Populaire. Il était par ailleurs l’un des avocats du Secours rouge international (SRI) ainsi que de plusieurs associations professionnelles.
Rémy Sicard participa également à l’élaboration de plusieurs lois sociales.

Résidant à Paris IXe arr., membre de la commission exécutive de la 17e section SFIO, Rémy Sicard fut candidat aux élections législatives de 1928 dans la 2e circonscription du XVIIe arr. de Paris ; il recueillit 758 voix sur 14 795 inscrits, alors que le candidat du PC, Ledet, en avait presque le double (1 466). En 1932, il se présenta dans la circonscription d’Issoudun (Indre) où il obtint 1 128 voix sur 13 195 inscrits. En 1936, il brigua à nouveau un siège de député dans la 1re circonscription du Xe arr. (quartier Saint-Vincent-de-Paul-Hôpital Saint-Louis) où il obtint 1 508 voix sur 17 822 inscrits.

Rémy Sicard présenta le rapport au congrès de la Ligue internationale des combattants de la Paix (LICP) en février 1936. Il était par ailleurs vice-président fondateur de l’Association nationale des juristes républicains, présidée par André Le Troquer.

En mai 1938, Rémy Sicard fut désigné secrétaire politique de la 17e section SFIO reconstituée après la scission pivertiste. Deux ans plus tard, il fut chef adjoint du cabinet d’Albert Rivière, ministre des Anciens combattants dans le cabinet de Paul Reynaud, le 21 mars 1940. Il quitta ses fonctions en Juin 1940. Il était officier de réserve de l’Armée.

Durant l’Occupation, Sicard fut très tôt membre de Libération-Nord dans le IXe arrondissement puis du Comité local de Libération. Il fut désigné adjoint au maire du XIe arrondissement, de la Libération à fin novembre 1944, puis il siégea à la commission d’hygiène du IXe arrondissement à partir de 1945. Il avait été désigné par le Gouvernement provisoire frnçais en exil pour négocier avec un officier américain désigné par le Commandement américain des forces alliés de Libération.

Il était rédacteur au Populaire en 1946.
Il assuma la défense d’Albert Rivière auprès de la commission de réintégration de la SFIO après la guerre.

Remy Sicard fut l’un des hommes clés de la SFIO durant plus de vingt ans, en assumant la fonction de secrétaire de la commission nationale des conflits, de 1944 à 1965. Il a été par ailleurs vice-président de l’Association des juristes républicains de France et d’Outre-mer. Il appartint à la commission de vérification des mandats et à la commission de réintégration au conseil national du 6 septembre 1962 au congrès de 1965. Il fut adhérent de la société des Amis de Léon Blum, de sa fondation en 1951 à 1965.

Rémy Sicard postula au sein de la SFIO pour être désigné membre de l’Assemblée de l’Union française en 1947-1948 puis auprès des pouvoirs publics pour être désigné maire ou adjoint d’un arrondissement de Paris en 1953.
Après la Libération, il avait été désigné juge titulaire à la Haute-cour de justice.
Commandeur de la Légion d’honneur en mai 1949, il a été décoré de la Croix de guerre 1914-1918 et de la croix de guerre 1939-1945.

Il fut adhérent de la Société des Alis de Léon Blum, de sa fondation en 1951 à 1965. Il fut membre du Parti radical et du Cercle des Républicains. Il avait en effet quitté le Parti socialiste en 1965.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131152, notice SICARD Rémy [Louis, Clément, Rémy] par Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 novembre 2022.

Par Gilles Morin

Gallica. Le Populaire, 26 février 1936.

SOURCES : Arch. Nat, F/1bI/993 ; 19940500/266. 20010216 articles 90, 93 (n° 2715) et 110 (n° 2972) ; 55AS/9. — Archives de l’OURS, correspondance Loire ; dossier candidatures à l’Assemblée de l’Union Française. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit. —Le Populaire, 24 février 1936, 2 mai 1938. — Notes de Randall Smith, arrière-petit-fils.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément