SIDOU François

Par Jean Sagnes

Né le 22 février 1901 à Maury (Pyrénées-Orientales), mort le 23 février 1978 à Canet (aujourd’hui Canet-en-Roussillon, Pyrénées-Orientales) ; employé des contributions indirectes ; militant syndicaliste et communiste de l’Hérault, de la Meuse, de Paris, des Pyrénées-Orientales ; résistant.

François Sidou
François Sidou

Fils de cantonnier, François Sidou passa son enfance à Canet-village (Pyrénées-Orientales). Après trois années d’études à l’école primaire supérieure, il fut reçu au concours d’entrée aux contributions indirectes en compagnie de son ami Jacques Grésa*. Embauché à la date du 14 septembre 1920, il fut successivement en poste à Albi (Tarn), Sauxilanges puis Issoire (Puy-de-Dôme) où il se maria en 1924. Dans cette ville, il adhéra au Parti sociliste, fut délégué au congrès départemental marqué par l’exclusion de Varenne et entra à la franc-maçonnerie qu’il quitta deux ans plus tard. En 1926, il fut muté à Villeneuve-lès-Béziers (Hérault) mais, quelques mois plus tard, il résidait dans la localité voisine de Valras-Plage qu’il ne quitta qu’en 1936. François Sidou adhéra au Parti communiste en mars 1933 sous l’influence de Jacques Grésa qu’il avait revu à Paris. Jusque-là, il s’était peu intéressé à la politique, étant très accaparé par le sport : il fut en effet joueur de rugby à Albi puis à l’USAP de Perpignan de 1926 à 1929. En 1933, il constitua à Valras-Plage une cellule communiste de dix-sept membres et devint rapidement membre du bureau régional du PC. Il fut trésorier régional de cette organisation du 23 juillet 1933 à mars 1936. Durant cette période, il milita également au sein du syndicat des contributions indirectes, autonome jusqu’à la réunification de la CGT et de la CGTU : il écrivit notamment dans les colonnes de l’Action syndicale, organe des XVe et XXe régions des contributions indirectes et participa à la direction du groupe d’opposition syndicaliste révolutionnaire. Il poursuivait également son activité sportive comme capitaine de l’équipe de rugby de Pézenas (Hérault) et comme responsable pour la région biterroise de la Fédération gymnique du travail (FGT) qui devint ensuite la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

En 1936, François Sidou fut muté à Beauzée-sur-Aire (aujourd’hui Beausite, Meuse) comme contrôleur principal des contributions puis, en 1937 à Paris, où il devint aussitôt secrétaire départemental du syndicat CGT des Contributions indirectes qui comptait 1 200 adhérents. Il occupa ce poste jusqu’à son arrestation à la fin de 1940. Mobilisé en 1939, il participa à un certain nombre d’opérations militaires du 20 au 23 juin 1940 ce qui lui valut une citation à l’ordre du régiment. Démobilisé, il revint à Paris et fut responsable clandestin du PC dans le XIXe arr. du 20 juillet au 3 décembre 1940, date à laquelle il fut arrêté. Il fut emprisonné à la Santé du 4 décembre 1940 au 25 mars 1941, condamné le 3 février 1941 à quinze mois de prison réduits à douze mois par la cour d’appel de Paris. Après un passage à Fresnes, il fut interné à la centrale de Poissy du 1er avril 1941 au 3 septembre 1941, date à laquelle il fut libéré. Il partit aussitôt pour la zone sud, eut des contacts à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec des responsables communistes mais fut arrêté le 21 juillet 1942. Il fit quatre mois de prison à Montpellier (Hérault) puis fut transféré le 21 novembre 1942 au fort de Vancia (Ain). Sept jours plus tard, il s’en évadait avec dix-huit codétenus. Il fut condamné par contumace par la section spéciale de la cour d’appel de Montpellier à cinq ans de prison, 6 000 F d’amende et quinze ans d’interdiction de droits civiques.

Dès le 1er décembre 1942, François Sidou reprit l’activité illégale dans les Pyrénées-Orientales où il résida jusqu’au 22 février 1943 puis dans la région lyonnaise de cette date au 15 juin 1943. Après un passage par Paris, où il fut désigné comme responsable du PC dans la Vienne, il rejoignit ce département le 15 juillet 1943. Membre des FTPF, il participa avec eux à de multiples actions armées jusqu’en juin 1944. Il fut responsable PR9 (Vienne, Deux-Sèvres, Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique) jusqu’au 1er juillet 1944. Il fut alors nommé colonel FFI et eut la responsabilité de tous les FTPF de la PR9 jusqu’à la libération de la région, soit 9 000 hommes. Le 4 septembre 1944, il était nommé chef de cabinet du général commandant la région de Poitiers. De 1945 à la fin de 1946, il occupa les fonctions de directeur adjoint des sports aériens puis fut membre du cabinet de François Billoux* , ministre de la Défense nationale. Après 1947, il demeura dans l’armée et fut mis à la retraite par décision ministérielle du 22 février 1951 avec le grade de lieutenant-colonel.

Il écrivit en janvier 1953, une lettre très virulente à André Marty* qui était exclu et qualifié de policier : « Sachez que si au début de cette affaire et au moment où je ne vous croyais pas tombé aussi bas, j’ai pu avoir de la pitié pour vous, vous ne m’inspirez plus maintenant que de la haine et du dégoût. Vous êtes devenu l’ami des hommes sinistres du Figaro et la presse la plus réactionnaire de notre pays y compris le Populaire vous découvre soudain toutes les qualités. On n’a que les amis que l’on mérite et êtes bien de la lignée des Barbé-Celor-Doriot-Gitton-Slansky etc. Vous n’êtes digne que du mépris que les honnêtes gens de France manifestent toujours à tous les renégats. »

François Sidou était revenu dans son département natal et s’était installé à Canet-village où il continua à militer au sein du PC et des associations d’anciens résistants. Il fut également pendant plusieurs années président départemental du Mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF). Ses faits de Résistance lui avaient valu la Légion d’honneur, la Croix de guerre avec palmes, la Médaille de la Résistance, la Médaille des évadés, etc.

François Sidou mourut à Canet le 23 février 1978. Il était alors président d’honneur de la Fédération des Pyrénées-Orientales de la FORR, président de la section locale de l’ARAC, membre du comité d’honneur de la Fédération des Pyrénées-Orientales de l’ANACR, secrétaire du syndicat national des agents de la direction générale des impôts (section de Perpignan).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131162, notice SIDOU François par Jean Sagnes, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 10 juillet 2018.

Par Jean Sagnes

François Sidou
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SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 746 : autobiographie du 17 août 1933. — L’Action syndicale, 1933-1935. — Arch. Marty, CHS, Lettre de François Sidou, 27 janvier 1953, AM6. — Le Travailleur du Languedoc, 1935-1936. — La Vie de la FGT, mai 1945. — Témoignage d’E. Fabre. — Lettre de F. Sidou (1977).

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