SONNIER Amédée, Jules

Par Justinien Raymond, Jean-Jacques Doré

Né le 5 juillet 1894 à Lapeyrouse-Mornay (Drôme), mort à Rouen (Seine-Maritime) le 21 juin 1966 ; inscrit maritime ; secrétaire du syndicat CGT des Marins de Rouen de 1922 à 1927.

Le monde de la mer et des marins est toujours en mouvement, mais il est moins banal d’observer que l’histoire du syndicalisme des Inscrits maritimes tint le même cap dans les années 1920. Depuis la scission et la désaffection des militants, les Fédérations confédéré (CGT) et unitaire (CGTU) viraient souvent de bord et manquaient de moyens ; toutes les actions syndicales reposaient sur un noyau de militants appointés, navigant de port en port, souvent livrés à eux-mêmes, où les convictions idéologiques, les ambitions, les querelles ou les affinités de personnes généraient des instabilités et une vague d’organisations autonomes, les Laboureurs de la mer, les Marins de France, les Travailleurs de la mer, les Marins et pêcheurs, plus ou moins éphémères où ils se retrouvaient tous, comme Henri Julie, Jean Philippe, Joseph Sadou, Joseph Le Gonidec... ; Amédée Sonnier était l’un d’entre eux.

Fils d’un cultivateur, en provenance de Dunkerque, il débarqua à Rouen le 1er juillet 1922. Mandaté par la Fédération CGT des Inscrits maritimes, il avait pour mission de reconstituer un syndicat confédéré depuis que l’organisation locale, dirigée par Fernand Quenain, avait rejoint la CGTU.

Aussitôt élu secrétaire du nouveau syndicat CGT en août 1922, il dut faire face à l’hostilité des unitaires renforcés par des "gros bras" venus du Havre pour saboter l’opération. La lutte sur le port était alors à "couteaux tirés" et Sonnier fut arrêté le 15 septembre 1922 pour port d’arme prohibée. Il tint le cap courageusement et fut reconnu par ses pairs. Devenu l’un des acteurs de la renaissance de la CGT en Seine-Inférieure, il fut élu trésorier adjoint de l’Union départementale au 9e congrès du Havre le 25 mars 1923, puis membre de la commission administrative à partir du 18 octobre 1925 et dirigea le syndicat des Marins de Rouen jusqu’en 1927.

En mars 1927, il quitta brusquement la CGT pour constituer avec Ange Rivelli (secrétaire fédéral) la nouvelle Fédération autonome des Laboureurs de la mer. Accusé par Jules Milox et les marins restés fidèles à la CGT d’avoir opéré illégalement la scission, il fut l’objet d’une action judiciaire qui permit aux confédérés de récupérer les avoirs et les locaux du syndicat.

Critiqué de toutes parts Sonnier démissionna le 27 août 1927 et quitta la région rouennaise peu après.

Il mourut pourtant à Rouen le 21 juin 1966.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131429, notice SONNIER Amédée, Jules par Justinien Raymond, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 15 septembre 2020, dernière modification le 15 septembre 2020.

Par Justinien Raymond, Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Nat. F7/13766. — Arch. Com. Rouen, 7 F 3 liasse Syndicats Livre et Navigation — Arch. UD-CGT, liasses 1895-1925, 1925-1930. — Direction des affaires sociales de la préfecture, dossiers non versés aux archives. — État civil.

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