STEBER Charles, Hippolyte, Louis

Par Daniel Grason, Jean-Louis Panné

Né le 18 février 1898 à Charolles (Saône-et-Loire), mort sous la torture le 23 octobre 1943 à Fontainebleau (Seine-et-Marne) ; chanteur lyrique, journaliste, traducteur, géographe ; sympathisant puis militant communiste.

Fils de Pierre Steber peintre céramiste et de Jeanne Brisepierre, couturière, il épousa Andrée Descottes institutrice à Antony, Charles Steber suivit les cours à l’École des langues orientales pendant un an, puis partit pour Moscou. Il fut ouvrier puis traducteur.
Rentré en France, Charles Steber publia un ouvrage sur la Sibérie n’ignorant pas les camps de condamnés.
Dès 1931 le couple habita un pavillon dont ils étaient propriétaires rue des Renoncules à Lonjumeau (Seine-et-Oise, Essonne). Charles Steber hébergeait ses parents et sa belle-mère. Ils adoptèrent un enfant espagnol en 1939. La même année Charles Steber adhéra au Parti communiste. Mobilisé puis démobilisé, il fut soupçonné en 1941 d’être l’auteur où pour le moins d’avoir transmis de la documentation dactylographiée à Odette Pourchasse et arrêté le 8 octobre 1941. Il s’agissait de résumés de communiqués d’information sur la situation en Union Soviétique. Fréderic Ricol avait chargé son amie Odette Pourchasse de prendre contact avec les anciens des Amis de l’Union soviétique comme Roger Lathière à Antony et les époux Steber de Lonjumeau. Frédéric Ricol, qui fut arrêté le même jour, note "Parmi les libérés avant le procès, les époux Steber et Azrac furent à nouveau arrêtés et fusillés".
Charles Steber était inconnu des Renseignements généraux, sa seule activité connue ayant été celle de secrétaire de l’Association républicaine des anciens combattants de Longjumeau en 1938 et 1939. Il possédait des coupures de billets de banque anglaise et russe, elles lui furent laissées. Il a été néanmoins emprisonné quatre mois, puis libéré.
Il fut arrêté à nouveau le 12 octobre 1943 à Fontainebleau et mourut sous la torture le 23 octobre 1943.
En novembre 1944, l’Humanité rendit hommage à « notre camarade Charles Steber, géographe, mort sous la torture ». Dans le premier numéro de La Pensée Pierre George concluait ainsi son hommage à Charles Steber : « Le petit Espagnol que Steber avait recueilli à son foyer demandait un jour à sa nouvelle maman ce que c’était qu’un saint. Il écouta sagement l’explication et il conclut : « Eh bien ! moi j’en connais, un saint : c’est papa. »

Il existe une place Charles-Steber à Longjumeau.

Charles Steber a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Interné résistant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131648, notice STEBER Charles, Hippolyte, Louis par Daniel Grason, Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 18 mai 2020, dernière modification le 12 juin 2022.

Par Daniel Grason, Jean-Louis Panné

ŒUVRE : La Sibérie et l’Extrême-Nord soviétique, Payot, 1936. – L’Ukraine, son histoire, ses richesses ; le dessous des menées hitlériennes, Bureau d’éditions, 1939. – L’Asie centrale soviétique et le Kazakhstan, Éd. sociales internationales, 1939.

SOURCES : Arch. PPo. GA R1 (dossier Frédéric Ricol). – Bureau Résistance GR 16 P 556345. – Pierre George, « Charles Steber », la Pensée, no 1, octobre-novembre 1944. – G. Vinatrel, L’URSS concentrationnaire, travail forcé en Russie soviétique, Spartacus, 1949. – Ozerlag 1937-1964, le système du Goulag : traces perdues, mémoires réveillés d’un camp sibérien, Autrement, 1991. – État civil. – Notes Jean-Pierre Besse. — Frédéric Ricol, "Mes activités de résistance", manuscrit, années 1980.

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