STUDNIA Iankiel

Né le 13 avril 1899 à Varsovie (Pologne), mort après janvier 1943 à Birkenau (Allemagne), déporté ; ouvrier dans l’habillement ; militant syndicaliste CGTU et à la commission intersyndicale juive ; animateur du mouvement de solidarité.

Fils d’un tailleur, Iankiel Studnia perdit son père à l’âge de seize ans. Il travailla alors chez son frère maroquinier puis dans un moulin où il organisa une grève qui lui valut d’être licencié. Il fut ensuite embauché à Henrikow dans la métallurgie.

En 1930, Iankiel Studnia arriva en France et trouva du travail à Tours, dans un atelier où on fabriquait des voitures pour enfants. L’année suivante, il devint presseur-repasseur à Paris et donna son adhésion au syndicat de l’Habillement CGTU. Il milita à la commission de propagande juive pour les ouvriers de confection pour dames. Il fut élu en 1935 à la commission intersyndicale juive.

En 1936, chargé de constituer une commission de propagande juive à Belleville où se trouvaient de très nombreux ateliers de confection pour dames, Iankiel Studnia y obtint des centaines d’adhésions, régla de très nombreux conflits et apparut comme un défenseur des intérêts des travailleurs de sa profession. Cette année-là, il organisa aussi une activité de solidarité avec les combattants des Brigades internationales et se trouva, au cours des grandes grèves de mai-juin, à la direction de ce mouvement dans la confection pour dames.

Iankiel Studnia devint le secrétaire de la commission de propagande juive de son syndicat. Il maintint son activité jusqu’à la guerre.

Au mois d’août 1940, le travail syndical fut réorganisé. Studnia fut désigné au secrétariat de la commission intersyndicale juive. Il vécut dans des conditions très difficiles et, avec Iosel Warszawski (voir Iosel Dorembus*), Leizer Holtzman* et Jacques Lederman*, dirigea l’activité syndicale parmi les ouvriers juifs. Bien que malade, il continua son activité. Il collecta des sommes importantes en faveur des femmes dont les maris avaient été arrêtés.

Iankiel Studnia fut parmi ceux qui appelèrent les ouvriers juifs à ne pas se décourager mais à choisir la voie de la lutte contre l’occupant. Il se trouvait à la direction du mouvement de solidarité, organisa des actions de sabotage et dirigea des groupes de partisans parmi les ouvriers juifs.

Le 20 janvier 1943, alors qu’il avait un rendez-vous avec un autre membre de la commission intersyndicale juive, Iankiel Studnia fut arrêté près de la station de métro Sèvres-Babylone. Il fut envoyé à Drancy puis déporté à Birkenau où il mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131736, notice STUDNIA Iankiel , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 23 décembre 2012.

SOURCE : Combattants de la liberté, Paris, 1948, édité par la Commission intersyndicale juive auprès de la CGM (biographies traduites du yiddisch par M. Grojnowski).

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