SUEUR Georges

Par André Caudron

Né le 17 janvier 1922 et mort le 7 août 2009 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ; permanent de la JOC ; résistant des Jeunes chrétiens combattants, journaliste à Nord-Éclair et au Monde.

Fils de Georges, Edmond Sueur, menuisier au moment de la naissance de son fils, puis marin pêcheur, et d’Yvonne Cazin, ménagère, Georges Sueur fit des études secondaires dans sa ville natale jusqu’au brevet puis, âge de dix-sept ans, fut employé à la mairie de Boulogne-sur-Mer. Il adhéra à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) en 1938 et eut rapidement des responsabilités fédérales (trésorier de la Fédération de Boulogne en 1939) puis régionales (il devint permanent en 1942), correspondant aux nouvelles structures en « provinces » que voulait se donner la JOC. Ce fut ainsi que Georges Sueur se retrouva dirigeant de la province du Nord-Pas-de-Calais, en même temps que ses amis Roger Bailleul, Eugène Descamps et Georges Delfosse qui allaient tous exercer par la suite d’importantes fonctions syndicales ou politiques. Déjà, sous l’Occupation, ils se distinguèrent en 1943 dans les rangs des Jeunes chrétiens combattants, rassemblant des militants d’action catholique.

Georges Sueur, réfractaire au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, membre du mouvement « Jeune Résistance », rattaché au réseau « Voix du Nord », fut appelé en 1945 au service militaire, au 601e Groupe de transport, stationné dans la Sarre. Libéré en 1946, il entra dans le journalisme à Nord-Éclair qui venait d’être créé par le RIC (Résistants d’inspiration chrétienne). Il reçut ainsi une formation sur le tas, prolongée au Télégramme – appelé ensuite Journal – de Boulogne, une feuille locale (1950). Peu après, il retrouvait Nord-Éclair, au bureau de Lens (Pas-de-Calais), puis au siège de Roubaix (Nord), aux informations générales, et enfin à Lille, comme secrétaire de rédaction. Il dirigea l’équipe du chef-lieu avec le titre de secrétaire général de rédaction, à partir de 1960 et jusqu’à sa retraite, prise en 1983.

Journaliste dynamique, apprécié dans toute sa région et au-delà, Georges Sueur s’investit dans la formation des futurs confrères de 1957 à 1968. Chargé de cours à l’École supérieure de journalisme de Lille, ainsi qu’au Centre de formation de Paris, il fonda en 1970 le Centre d’information permanente des journalistes (CIPJ) qu’il présida longtemps. Depuis 1966, il était devenu correspondant du Monde pour le Nord-Pas-de-Calais, fonction qu’il conserva jusqu’en 1983.

Ses activités ne s’arrêtaient pas là. Il était inscrit au Syndicat national des journalistes (SNJ), autonome, qui l’avait nommé délégué à son bureau régional (1949-1953). Il était aussi membre de celui de l’Association des journalistes européens. Lorsque Robert Buron lança « Objectif 72 », Georges Sueur, qui n’éprouvait guère de sympathie pour le centrisme, fut satisfait par le nouveau mouvement et se rapprocha rapidement des ténors socialistes du Nord, en particulier de Pierre Mauroy et Michel Delebarre. Dans l’ambiance du congrès d’Épinay, Georges Sueur entreprit une collaboration étroite avec ces leaders, notamment au sein de la Communauté urbaine. En outre, son fils Jean-Pierre Sueur, ancien dirigeant de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne), allait devenir maire socialiste d’Orléans, député puis sénateur du Loiret.

Passionné de musique lyrique, Georges Sueur adorait le théâtre sans négliger pour autant les questions économiques et sociales dont il était un spécialiste renommé. En 1981, à la veille de la retraite, il avait obtenu la présidence du Centre d’animation culturelle de la Côte d’Opale qui se transforma bientôt en festival. Mais les articles ne suffisaient pas au journaliste. Il se mit lui-même à publier plusieurs ouvrages dont l’un fit quelque bruit dans la région : Lille Roubaix Tourcoing, une métropole en miettes, édité en 1971.

Très attaché à sa terre natale, bien qu’habitant Marcq-en-Baroeul (Nord), Georges Sueur continuait à se rendre souvent dans le Boulonnais. Au cours d’une promenade à vélo, il trouva la mort subitement, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, non loin du lieu de sa naissance. Il avait épousé le 20 avril 1946 à Boulogne-sur-Mer une militante jociste, Madeleine, Louise, Aglaé Talleux, dont il eut quatre enfants. Il était chevalier de la Légion d’honneur au titre du ministère du Travail (1986).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131769, notice SUEUR Georges par André Caudron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 juillet 2015.

Par André Caudron

ŒUVRE : Lille Roubaix Tourcoing, une métropole en miettes, Stock, 1971. — Guide de la nature, Flandre et Artois, Bordas, 1979. — Des journalistes en Nord, Éditions Trimedia ESJ, Lille, 1986.

SOURCES : Arch. JOC (SG) : fichier des anciens permanents. — État civil de Boulogne-sur-Mer. — Notes d’Éric Belouet.
ICONOGRAPHIE : Henri Bourdais, La JOC sous l’Occupation allemande, Paris, Éd. de l’Atelier, 1995, p. 34.

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