TAULEIGNE Régis, Jean, Camille

Par Jean Lorcin

Né le 29 décembre 1903 à Terrenoire (Loire), mort le 19 novembre 1956 à Saint-Jean-Bonnefonds (Loire) ; ferblantier-chaudronnier, puis employé de commerce ; membre du Conseil des Prud’hommes ; secrétaire du rayon communiste de Saint-Étienne, conseiller municipal et adjoint au maire de Saint-Étienne..

Fils d’un cafetier, Jean-Louis Baptiste, et de Marie Joséphine née Chauvy, ménagère, Régis Tauleigne exerça la profession de ferblantier-chaudronnier, avant d’être employé de bureau à la coopérative de l’Union des Travailleurs. Le 8 juin 1929, il épousa à Saint-Étienne Marcelle Perbet également employée à l’Union des Travailleurs. Ancien membre des Jeunesses laïques et républicaines, Régis Tauleigne, membre des Jeunesses communistes, prit en 1927 la parole dans des meetings pour raconter son voyage à Moscou. Ce fut le cas à Oyonnax en janvier. Il tenait la rubrique de la « Tribune des jeunes » dans Le Cri du peuple. Il fut arrêté le 16 décembre 1927 « alors qu’il voulait faire du scandale, en compagnie d’amis, au Café des Négociants » (Arch. Dép. Loire, 2 W 18. RG, Saint-Étienne, 3 août 1942). Élu délégué aux Jeunesses communistes par le comité de rayon, il devint secrétaire de rayon des JC de Saint-Étienne en décembre 1928. Il avait en 1929 la responsabilité, au nom des Jeunesses et du parti, de la lutte contre la guerre et du « travail anti ». Secrétaire de la cellule du quartier du Marais (vingt adhérents) en 1932 dont Jean-Pierre Cotte* était trésorier, il anima le secrétariat du rayon en 1935.
Candidat aux élections municipales en 1930, puis au conseil d’arrondissement dans le canton Nord-Est de Saint-Étienne où il fut battu, il se présenta dans la 1re circonscription de Saint-Étienne aux élections législatives de 1932. Il était responsable du groupe de « défense et de choc » chargé de soutenir les contradicteurs communistes, sinon de « saboter systématiquement » le meeting socialiste présidé par Léon Blum*, à Saint-Étienne le 2 avril 1932. Tauleigne obtint au premier tour 1 060 suffrages sur 26 958 inscrits, contre 1 750 à Le Griel*, socialiste-communiste, et 3 662 à Lévy*, SFIO.
Aux élections cantonales de 1934, il fit de nouveau acte de candidature dans le canton Sud-Est de Saint-Étienne, contre le socialiste SFIO. Henri Lorduron*. Tauleigne obtint au premier tour 1 130 voix contre 801 à Lorduron, 1 824 et 1 090 aux deux candidats radicaux-socialistes Riou et Bory, et 3 489 au candidat de l’URD qui l’emporta au deuxième tour grâce au maintien du candidat communiste, qui recueillait 2 534 voix. Ce dernier chiffre traduisait le glissement indéniable d’une partie des voix radicales et socialistes vers l’extrême gauche, fruit de l’inquiétude devant la crise. Régis Tauleigne qui avait obtenu 17 543 voix aux élections municipales du 12 mai 1935, fut élu neuvième adjoint au maire de Saint-Étienne. Secrétaire de rayon depuis 1934, il fut en butte aux attaques de certains membres du comité de rayon qui reprochaient au bureau de négliger la politique générale du parti « au profit de quelques objectifs de politique municipale ». Tauleigne répliqua vivement au congrès de rayon du 29 décembre 1935 que ces accusations venaient de membres du comité entrés de fraîche date au parti à la suite du large succès de la politique de recrutement du rayon. À l’avenir, menaça-t-il, « les postes de responsables seront confiés à des camarades qui ont de réelles aptitudes ».
Régis Tauleigne eut à endosser la responsabilité d’une augmentation du prix du pain, responsabilité partagée toutefois avec les patrons boulangers, « réfractaires à la taxation ». Il prit pour bouc émissaire la meunerie dont il connaissait la situation en tant que secrétaire du syndicat général de l’Alimentation CGT. Il demanda que les consommateurs et les syndicats ouvriers fussent plus largement représentés dans les commissions des blés et farines.
Après la démission de Dolmazon*, adjoint communiste chargé de la culture et des Beaux Arts, annoncée par le maire dans la séance du 30 décembre 1938, Régis Tauleigne devint huitième adjoint.
Il fut déchu de son mandat de conseiller municipal par arrêté du conseil de préfecture interdépartemental de Lyon du 6 février 1940. Fait prisonnier de guerre le 18 juin 1940, il fut interné au Stalag VIII A. Il fut remis en fonction au conseil municipal provisoire de Saint-Etienne où il fut réélu 9ème adjoint le 24 août 1944. Figurant en avant dernière position sur la liste Commune Républicaine Antifasciste et Laïque que conduisait le communiste Claudius Buard* lors des élections d’avril mai 1945, Régis Tauleigne ne fut pas réélu. Il fut membre du Comité de la Fédération Loire du PCF entre 1945 et 1948.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132073, notice TAULEIGNE Régis, Jean, Camille par Jean Lorcin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 février 2017.

Par Jean Lorcin

SOURCES : Arch. Nat. F7/13035, 13110, 13113, 13116, 13121, 13129, 13261. — Arch. Dép. Loire, 3 M 71-73, 3 M 75, 4 M 125, 4 M 127, 6 M 62, 2 W 16, 2 W 18, 2 W 109, 2 W 124, 85 W 94, 85 W 95, 85 W 103, 85 W 154. — Le Cri Pu peuple, 19 juin 1927, 6 janvier, 15 septembre 1938. — La Tribune Républicaine, 30 mai, 14 juillet 1930, 10 octobre 1934. — L’Éclaireur de l’Ain, 30 janvier 1927. — Jean Lorcin, « TAULEIGNE Régis, Jean, Camille », in : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, 4e période, 1914-1939. — Notes de Jean-Michel Steiner. — Son carnet de voyage en URSS à été découvert par la police lors d’une perquisition en 1929 et est conservé aux Archives nationales, dans le carton coté F/7/15016, https://anrpaprika.hypotheses.org/4243

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