TERRASSE Robert, Jules, Antoine

Par Eric Panthou

Né le 29 janvier 1899 au Mans (Sarthe), mort le 7 juillet 1944 à Neuengamme (Allemagne) en déportation ; cultivateur à Saurier (Puy-de-Dôme) ; militant socialiste SFIO ; franc-maçon ; maire puis conseiller général ; résistant au sein des Mouvements Unis de la Résistance.

Jeanne Averna, "Héros de la Résistance : Robert et Max Terrasse", Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972

Né dans une famille ouvrière et paysanne de Saurier (Puy-de-Dôme), résidant au Mans (Sarthe), Robert fit ses études au Mans. Son père était fumiste.
Suite au décès de son père, sa mère revint à Saurier ou son fils prit la direction de la petite ferme familiale. De son mariage avec Lucie Roux est né son fils Max, en 1925. Robert Terrasse adhéra à la Fédération socialiste SFIO. Il fut également mebre de la loge maçonnique Raison et Solidarité, d’Issoire (Puy-de-Dôme).
Il devint maire de Saurier après 1930 puis conseiller général socialiste de Champeix (Puy-de-Dôme) en 1937. Il fut à cette époque élu à la Chambre d’Agriculture et devint Président fondateur du Syndicat des lentilles vertes du Puy-de-Dôme, affilié à celui du Puy. Il eut une entrevue avec le ministre Jean Mounet ce qui permit de débloquer l’accès du marché des lentilles vers l’extérieur. Toujours à cette époque, il participe avec des amis à la fondation de la coopérative "Vouloir". fervent disciple de Calverac, le père de la CGA, il organisa des syndicats communaux.

En 1940, il fut mobilisé à Moulins (Allier) et eut la douleur de perdre sa femme. Démobilisé, il reprit le travail de la terre et rejoignit la Résistance. Sa qualité de Maire lui avait permis d’intégrer des juifs aux habitants de Saurier et ils ne portaient pas ainsi l’étoile jaune. Il travaillait en coordination avec plusieurs réseaux. C’est grâce à ses réseaux que le Général de Lattre de Tassigny, évadé d’une prison allemande, trouva refuge dans une ferme près de Compains (Puy-de-Dôme.
Dans la résistance, il devint chef cantonal des Mouvements Unis de la Résistance. Il fut plus tard nommé capitaine FFI. Début 1944, il fut arrêté une première fois avec son fils, à Belguette, par les Allemands, puis furent relâchés après vérification d’identité. Mais ils furent arrêtés de nouveau le 15 avril 1944, internés à Clermont-Ferrand puis au camp de Compiègne, le 17 mai 1944. Il fait partie du convoi I-223 du 4 juin 1944 à destination de Neuengamme (Allemagne), matricule 33423, affecté avec son fils au kommando de travail d’ Hannover-Misburg au service des entreprises de raffinerie Deurag puis au kommando itinérant Meppen-Versen pour la construction d’une ligne fortifiée dite "Friesenwall" sur le littoral . Robert Terrasse y mourut. « Déporté politique », il fut déclaré « mort pour la France », FFI et FFC.

Son fils Max Terrasse, membre des FFI depuis le 1er janvier 1943, fut arrêté en même temps que son père. Déporté avec son père le 4 juin 1944 à Neuengamme (Allemagne), il devait mourir le 13 mai 1945 à Rothenberg dans un hôpital britannique.
Une plaque commémorative en hommage de Max et Robert Terrasse a été érigée dans la salle du Conseil Général à Clermont-Ferrand et dans la salle de réunion de la Chambre d’Agriculture. Leur nom figure aussi sur un monument à Saurier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132176, notice TERRASSE Robert, Jules, Antoine par Eric Panthou, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 septembre 2018.

Par Eric Panthou

Jeanne Averna, "Héros de la Résistance : Robert et Max Terrasse", Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972

SOURCES : Arch. Secrétariat des AC et victimes de guerre. — La République, 1945-1946 .— SHD Vincennes, dossier GR 16 P 565265 (non consulté) .— AVCC dossier AC 21 P 162460 (non consulté) .— Jeanne Averna, "Héros de la Résistance : Robert et Max Terrasse", Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972 .— "Les remerciements du citoyen Robert Terrasse", La Montagne, 13 octobre 1937 .— MémorialgenWeb.

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