TERRENOIRE Louis, Jean, Paul

Né le 10 novembre 1908 à Lyon (Rhône), mort le 9 janvier 1992 à Paris (XIIIe arr.) ; syndicaliste CFTC ; journaliste ; secrétaire du Conseil national de la Résistance ; député MRP puis secrétaire du RPF ; ministre puis de nouveau député.

Fils d’un modeste fabricant de gants, Louis Terrenoire, après des études secondaires au collège Saint-Thomas-d’Aquin d’Oullins (Rhône), devint rédacteur de la Correspondance fédérale des groupes d’études issus de Rerum novarum, qui existaient dans la plupart des paroisses lyonnaises. Syndiqué à la CFTC, il devint en 1928 secrétaire de l’Union CFTC du Sud-Est. Le fondateur des Semaines sociales, Marius Gonin, voyait en lui son fils spirituel. Rédacteur en chef de La Voix sociale et du quotidien lyonnais Le Nouveau journal (1930-1931), Marius Gonin envoya Terrenoire à Paris en 1932 pour qu’il assumât les fonctions de secrétaire de rédaction à L’Aube, quotidien démocrate d’inspiration chrétienne fondé par Francisque Gay. Il y tint la chronique de politique étrangère, dénonçant le nazisme et prenant parti pour la République espagnole. Pendant ces années, il se lia à Georges Bidault.

Mobilisé comme sous-officier d’artillerie, Louis Terrenoire fit les campagnes de la Sarre et de Belgique. Dès juillet 1940, à Lyon non-occupée, il fonda avec Stanislas Fumet l’hebdomadaire Temps nouveau, bientôt saisi, puis, avec G. Bidault, le Bulletin de la France combattante. En 1943, il devint secrétaire du Conseil national de la Résistance présidé par G. Bidault qui succédait à Jean Moulin. Il fut arrêté une première fois en décembre 1943, une seconde le 23 mars 1944, torturé (il perdit un œil) et fut déporté à Dachau (Allemagne), puis au kommando de Kempten. Libéré en avril 1945 par les Américains, il occupa dès le mois de juin la place de rédacteur en chef de l’Aube, devenu l’organe du Mouvement républicain populaire.

Membre des deux Assemblées constituantes, élu député MRP de l’Orne en 1946 à la première Assemblée nationale, Louis Terrenoire se prononça pour le général de Gaulle lors de la rupture de ce mouvement avec le chef de la France libre. Il fonda avec Edmond Michelet, qu’il avait rencontré à Dachau, le groupe des Républicains populaires indépendants qui rejoignit en 1947 le Rassemblement populaire français. Il succéda à Jacques Soustelle* au secrétariat du mouvement gaulliste de 1951 à 1954, après son échec électoral contre René Pleven, dans les Côtes-du-Nord, en 1951. Après la dissolution du RPF, Louis Terrenoire redevint journaliste.

En 1958, Louis Terrenoire fut nommé par de Gaulle, directeur du journal radio-télévisé de la Radiodiffusion-télévision française. Membre de l’Union nationale pour la République, il fut réélu député de l’Orne. Il était président du groupe UNR à l’assemblée en 1959. En février 1960, il devint ministre de l’Information et, en conséquence, porte-parole du gouvernement. Il le resta jusqu’en août 1961, puis fut, jusqu’en avril 1962, ministre délégué auprès du Premier ministre. Devenu secrétaire général de l’UNR en 1962, il se rapprocha ensuite des gaullistes de gauche de l’Union démocratique du travail (voir Louis Vallon*). Député de l’Orne de 1962 à 1973, il fut également vice-président du Parlement européen de 1967 à 1973, fondateur et président de l’Association de Solidarité France-Arabe de 1967 à 1978.

Marié en 1935 à Élisabeth Gay, fille de Francisque Gay, Louis Terrenoire était père de quatre enfants. Commandeur de la Légion d’honneur. Compagnon de la Libération et médaillé de la Résistance, Louis Terrenoire est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur le gaullisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132190, notice TERRENOIRE Louis, Jean, Paul , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 octobre 2020.

SOURCES : Le Monde, 11 janvier 1992. — P.-M. Dioudonnat et S. Bragadir, Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français, Sedopols, 1977. — Who’s who, 1980. — Notes de Michel Launay. — Rens. Institut Charles de Gaulle.

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