TEXIER Éric, Louis, Léonard

Par Claude Pennetier

Né le 30 octobre 1902 à Lusignac (Dordogne), fusillé le 18 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur ; militant syndicaliste CGTU ; militant communiste ; résistant.

Fils de Maxime et de Blanche Maufrangeas, cultivateurs (propriétaires sur l’acte de naissance), Éric Texier fréquenta l’école primaire jusqu’à douze ans et demi et obtint le certificat d’études primaires. Il était ajusteur. Il se maria avec Jeanne Guellec. Il adhéra au Parti communiste en 1933, mais il s’occupait de la trésorerie du parti avant même d’en être membre. Il fut envoyé en Bretagne par le Parti communiste afin de travailler à la création de la région bretonne Morbihan-Finistère. De 1934 à 1939, membre du bureau régional, il exerça les fonctions de trésorier. En 1936, il était secrétaire de la cellule de Quimper (Finistère). Secrétaire du syndicat CGTU des Métaux de cette ville, il fut ensuite, jusqu’en 1939, secrétaire du syndicat réunifié.
Interrogé sur ses lectures, il déclara dans son autobiographie de 1937 : « ce n’est pas les livres qui m’ont instruit c’est la vie ». Il militait au Secours populaire français, aux Loisirs ouvriers de Quimper et aux Locataires. Il était secrétaire des Bretons émancipés d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il fut ajusteur à la SNCASE-URP (Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est – Usines de la Région Parisienne).
Membre de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste depuis juin 1940, Éric Texier fut arrêté par la police française d’Argenteuil le 20 août 1941. Il était alors domicilié à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines). Interné à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.), il écrivit une dernière lettre à sa femme le 17 septembre : « je suis mort pour que la France soit libre et qu’il n’y ait plus de guerre [...] nous [avec Raymond Gandon] serons enterrés au cimetière d’Ivry je te demande par la suite de nous faire transporter à Argenteuil [...] Vive la France et l’idéal pour lequel je meurs ». Il fut condamné à mort par le tribunal militaire de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) le 18 septembre 1941 « pour aide à l’ennemi », dont il s’était rendu coupable « en participant à des manifestations dirigées contre l’armée allemande ». Il a été fusillé au Mont-Valérien le jour même avec Raymond Gandon.
Éric Texier fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 18 septembre 1941 division 39, ligne 4, n° 6 puis transféré le 21 mars 1945 à Argenteuil.
Sa dernière lettre, adressée à sa femme Jeanne, fut saisie par la police au domicile d’un militant nommé Heurtematte et conservée dans les scellés des dossiers de la Section spéciale de la cour d’appel de Paris.
À la Libération, il fut déclaré « Mort pour la France » par le ministère des Anciens Combattants le 7 septembre 1955.
Son nom fut gravé sur le monument aux morts du cimetière communal de la rue de Calais à Argenteuil, et par décision de la commission d’histoire, il fut ajouté sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien le 18 octobre 2010.
De plus son nom est inscrit sur le mémorial de la prison du Cherche-Midi de Paris, installé à l’entrée du cimetière de Créteil (Val-de-Marne) après la destruction de la prison.
Enfin son nom figurait sur le monument commémoratif SNCASE-URP de La Courneuve (Seine, Seine-Saint-Denis) situé dans l’enceinte de la société Eurocopter, devenue Airbus Helicopters en 2014 « A la mémoire des membres du personnel SNCASE des URP morts pour que vive La France 1939-1945. ». L’usine ayant déménagé en 2017 à Dugny (Seine-Saint-Denis), la stèle n’est plus à cet emplacement, on ignore son sort.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132277, notice TEXIER Éric, Louis, Léonard par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 juin 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 3271, autobiographie, 07/08/1937, classé A. — Arch. de Paris, 1466 W 3, scellés des dossiers de la Section spéciale de la cour d’appel de Paris. — Eugène Kerbaul, Dictionnaire biographique des militants ouvriers du Finistère, 1918-1944, déposé à l’Institut Maurice Thorez et aux Arch. Dép. Finistère, 1re version, 1974. — Renseignements ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre. — G. Krivopissko, La vie à en mourir, op. cit., p. 49. — Ouest-éclair, septembre 1941. — Notes Jean-Pierre Besse. — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément