THÉREY Daniel, Auguste, dit THÉRY Kléber

Né le 10 mai 1885 à Haubourdin (Nord), fils d’un garçon brasseur, Daniel Thérey fut d’abord, de 1901 à 1905, débardeur à l’amidonnerie Cousin-Denos puis employé de bureau à la teinturerie Delfortrie, emploi interrompu par son service militaire, accompli de 1906 à 1908. Il adhéra en 1905 à la section socialiste d’Haubourdin dont il devint secrétaire avant la Première Guerre mondiale.

Passionné de gymnastique, il créa en 1910 une section de gymnastique féminine lors de la fondation de l’Union haubourdinoise, fusion des clubs « L’Avenir » et « L’Espérance ». Première section féminine de la région lilloise, cette création fit scandale ; Daniel Thérey en fut le dirigeant pendant soixante-six ans.

Mobilisé dès le début de la Première Guerre mondiale, il se fit en 1917 embaucher comme mineur de fond à la Compagnie des Houillères de Montrambert à La Ricamarie (Loire) pour ne pas repartir au front. Considéré comme meneur, pendant la grande grève des mineurs contre la guerre, il fut renvoyé en première ligne au 3e régiment d’infanterie.

Dès la fin des hostilités, il retourna à Haubourdin et fut à l’origine de la création le 21 juillet 1920 d’une coopérative ouvrière d’alimentation générale, « Le Foyer du pauvre d’Haubourdin et environs ». Daniel Thérey fut nommé directeur, fonction qu’il exerça jusqu’en 1952. L’expérience du « Foyer du pauvre », aboutit à la création de dix succursales dans la région et, en application de l’article 18 de ses statuts prévoyant un prélèvement de 5 % sur les bénéfices nets, il fut possible d’organiser des camps de vacances pour les enfants des coopérateurs et de distribuer des colis aux chômeurs. À partir de 1933, le Foyer apporta son aide aux militants illégaux du Parti communiste allemand, en finançant l’impression de tracts. Puis de 1936 à 1938, ce fut l’aide à la République espagnole. La trésorerie étant devenue insuffisante, le Foyer fut contraint d’arrêter son activité en 1955 pour devenir une succursale des Coopérateurs de Flandre et d’Artois.

Au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920), une large majorité des membres de la section socialiste s’était prononcée pour l’adhésion à la IIIe Internationale (36 voix contre 4) et Daniel Thérey prit l’initiative de constituer une section communiste. Il en fut le candidat aux consultations électorales jusqu’en 1929, année où il quitta le PC en raison de son hostilité à l’ingérence du parti dans le fonctionnement intérieur du « Foyer du pauvre ». Néanmoins, il retourna au PC en 1931 pour le quitter définitivement vers 1934 à la suite de divergences politiques importantes. De 1932 à 1934, il avait été trésorier du rayon communiste d’Haubourdin.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Daniel Thérey fut interné à la citadelle de Doullens (Somme) d’octobre 1941 à mars 1942.

Le conseil municipal, en reconnaissance de son dévouement pour le développement du sport, lui remit la Médaille d’or de la ville et décida, en 1981, d’unir son nom à celui de Godin pour désigner son centre omnisports.

Daniel Thérey mourut le 7 avril 1976 à Lille (Nord).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132349, notice THÉREY Daniel, Auguste, dit THÉRY Kléber , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 avril 2022.

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 154/191 et 154/279. — Rens. du fils du militant (1987). — Notes de L. Bonnel.

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