THOMAS René

Par Jean Maitron et Justinien Raymond

Né en 1867 en Savoie, dans une famille pauvre, René Thomas s’en alla, jeune, gagner sa vie à Paris. Ouvrier puis employé dans la métallurgie, il fut le compagnon de combat de Jules Joffrin* à Montmartre. A dix-neuf ans, il participa aux luttes contre le général Boulanger. En 1905, il rejoignit la SFIO naissante et fut, quelques années, secrétaire de la section de Saint-Maur (Seine). Dégagé de toutes obligations militaires, il s’engagea en 1914, devint sergent au 134e régiment d’infanterie et fut grièvement blessé en 1915. Évacué sur Lyon, il y fut amputé de la jambe droite et réformé.

Il regagna sa Savoie natale et, adhérent de la section socialiste d’Albertville, fut secrétaire pendant quelques années de l’Union départementale des syndicats. Pour les élections législatives du 16 novembre 1919, il figurait sur la liste des candidats socialistes qui n’eut aucun élu ; il recueillit 5 472 voix sur 70 091 inscrits.

Membre du Parti communiste et secrétaire permanent appointé de la Fédération des syndicats unitaires de la Savoie à Chambéry en 1921, il fut délégué au congrès unitaire extraordinaire de Paris (23-25 décembre 1922), à la suite duquel il anima la campagne décidée à ce congrès contre l’impôt sur les salaires. Lors des élections cantonales de mai 1922, il s’était opposé à Jean Dumollard* et Carle* et s’était prononcé contre toute entente avec un autre parti politique. Il fut approuvé par le Parti communiste après enquête de Lucie Colliard*. Toutefois, au congrès de la CGTU de Saint-Étienne tenu fin juin 1922, il se rangea aux côtés des minoritaires qui réprouvaient « l’intrusion de la politique, même communiste, dans les organisations syndicales ». Il demeura cependant secrétaire de l’UD, mais ne collabora plus au Travailleur et n’assista plus aux réunions du groupe communiste.

Un certain Thomas (le même ?) fut candidat socialiste en Savoie en 1936.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132576, notice THOMAS René par Jean Maitron et Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Jean Maitron et Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat. F7/13105, 13015. — Le Travailleur savoyard, 15 et 22 novembre 1919.

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