THUILLIER Jean-Louis

Né le 20 mars 1870 à Bélabre (Indre) ; ouvrier tailleur de pierre ; secrétaire du syndicat du Bâtiment et de l’union des syndicats de la Seine.

Ouvrier du bâtiment, Thuillier assista comme délégué au XVIe congrès national corporatif — 10e de la CGT — et à la 3e conférence des Bourses du Travail tenus à Marseille du 5 au 12 octobre 1908. Au nom de l’union des syndicats de la Seine, il présenta l’ordre du jour suivant :

« Le Congrès déclare :

« Qu’à la propagande antimilitariste doit s’ajouter la propagande antipatriotique, nécessaire pour l’éducation intégrale des syndiqués.

« Envisageant l’éventualité d’une déclaration de guerre, le Congrès émet le vœu que les organisations ouvrières soient préparées pour y répondre par la Grève générale, complétée, avec l’aide des réservistes mobilisés et des soldats de l’active, par l’insurrection militaire.

« Invite les Syndicats à faire la propagande en ce sens et manifeste le désir que cette question soit discutée en Congrès international » — Cf. compte rendu, p. 179-180.

Thuillier avait été élu, en mars, secrétaire de l’UD de la Seine en remplacement de Dubéros démissionnaire. Il fut assisté au secrétariat d’Aulagnier puis de Savoie. Il fut reconduit dans cette fonction en décembre 1908. Atteint d’une laryngite, il fut remplacé par Marie en janvier 1911. Secrétaire permanent du Comité intersyndical du Bâtiment de la Seine en 1912, Thuillier appartint en 1912-1913 à la commission exécutive du Bâtiment.

Secrétaire, en 1911, du comité de Défense sociale créé en 1903-1904 pour venir en aide aux militants aux prises avec la justice, Thuillier fut, à plusieurs reprises, poursuivi : le 7 novembre 1912, le tribunal de Douai le condamna deux fois à deux mois de prison, avec confusion des peines, pour outrages à commissaire de police et agents ; le 26 novembre 1912, dans l’affaire du « Sou du Soldat », il encourut encore trois mois de prison.

Thuillier fut mobilisé durant la guerre et affecté à la 3e section COA détachée à l’Île Lacroix à Rouen. Au congrès de la CGT, tenu à Paris en juillet 1918, il critiqua vivement la politique de défense nationale suivie par la majorité pendant la guerre et s’affirma partisan de la rupture.

Lors du VIIe congrès de la Fédération du Bâtiment (Paris, juillet 1918), Thuillier qui représentait le syndicat des tailleurs de pierre de Paris, fut le porte-parole de la minorité. Il déclara notamment : « L’attitude de la fédération depuis la mobilisation n’a pas été ce qu’elle devait être, il est indispensable pour l’avenir que des sanctions soient prises contre ceux qui sont responsables de cette situation. » La motion qu’il déposa obtint 46 voix contre 50 à celle de Cordier. Au XVIIIe congrès de la CGT (Paris, 15-18 juillet 1918), il critiqua publiquement la politique de défense nationale suivie par la majorité.

Domicilié à Ivry-sur-Seine (Seine), Louis Thuillier était pendant la Première Guerre mondiale secrétaire du Comité de défense sociale. Collaborateur du Libertaire en 1919, il joua en 1922-1923 un rôle important dans la campagne pour l’amnistie d’André Marty et des marins de la mer Noire. Il était toujours secrétaire du Comité de défense sociale.

En 1925, Thuillier publia dans le Travailleur du 24 juin une lettre ouverte au commissaire de police d’Auxerre (Yonne), lui reprochant de s’intéresser à son passé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132644, notice THUILLIER Jean-Louis , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

ŒUVRE : Collaborations : La Plèbe, avril-mai 1918. — Le Libertaire, vers 1919. — La Guerre sociale.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 053, 13 616, 13 972 et 13 973, rapport du 18 février 1910. — La CGT, op. cit., p. 579. — C.r. des congrès cités. — L’Humanité, 21 décembre 1920, 11 avril 1921. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Le Travailleur, 24 juin 1925. — Notes de Jacques Girault.

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