TOUCHE Julien, Joseph, dit BERRUN

Par Pierre Broué

Né le 14 novembre 1903 à Turriers (Basses-Alpes), mort le 3 février 1992 à Fontaine (Isère) ; employé des postes ; militant de la CGTU, de la CGT ; maire communiste de Fontaine, conseiller général.

Fils de cultivateurs (cultivateur et cantonnier rural, socialiste selon son autobiographie), Julien Touche fréquenta l’école primaire jusqu’à onze ans, le départ de son père à la guerre l’obligeant à travailler. Il entra dans les PTT et fut facteur dans la banlieue grenobloise, notamment à Fontaine. Militant de la CGTU et du Parti communiste depuis 1933, il était en 1936 l’un des dirigeants départementaux de la Fédération postale CGT et secrétaire de la cellule du PC de Fontaine. Il fut candidat de son parti aux élections cantonales à Sassenage en 1937. Membre du comité de section en 1938, il fut également proclamé, en avril de cette année, « meilleur vendeur » du Travailleur alpin.

Après la dissolution du Parti communiste en 1939, Julien Touche milita clandestinement, utilisant notamment ses tournées professionnelles pour diffuser ses tracts. Considéré comme suspect, il fut révoqué de son emploi en décembre 1940, puis, quelques mois après, à la suite d’une dénonciation, arrêté et inculpé de « reconstitution de groupements dissous ». Il fut condamné le 9 juillet 1941 à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Grenoble, et, en appel, le 30 septembre 1941, à cinq ans de prison et 3 000 F d’amende par la section spéciale du tribunal militaire de Lyon. Julien Touche s’évada au début de 1942, réussit à reprendre contact avec le parti clandestin, mais fut à nouveau arrêté au cours d’une mission, à Béziers (Hérault), le 15 juillet 1942. Incarcéré au fort de Vencia, il s’en évada le 28 novembre suivant avec treize de ses camarades. Il fut alors condamné par contumace à dix ans de travaux forcés. Affecté à l’état-major FTP en zone sud, il échappa de justesse à l’arrestation de ses dirigeants en avril 1944. Identifié par la Gestapo, il fut condamné à mort par contumace. Il était à la Libération commandant dans les FTP.

Revenu dans l’Isère, Julien Touche semblait y être devenu l’un des principaux responsables du PC. Il était membre du bureau régional, et fut élu en 1945 maire de Fontaine, puis conseiller général de Sassenage. Mais, en mars 1947, il démissionna de ces deux mandats en invoquant des « raisons de santé ». Il abandonna en même temps toute responsabilité et peut-être toute activité politique.

Il se maria à Vienne en décembre 1927 avec Agathe Blanc et en juin 1953 à Bayons (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) avec Odette Latil qui était veuve. L’une de deux fut gantière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132867, notice TOUCHE Julien, Joseph, dit BERRUN par Pierre Broué, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 avril 2011.

Par Pierre Broué

SOURCES : RGASPI, 495 270 3449, autobiographie, 21 novembre 1938, classé A. — Arch. Dép. Isère, 52 M 119. — Le Petit Dauphinois, 10 juillet et 1er octobre 1941. — Le Travailleur alpin, 6 avril 1938, 7 mai 1945 [icon.].— État civil.

ICONOGRAPHIE : Le Travailleur alpin, 7 mai 1945

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