TOURMENTE Marcel, Léon, Roger

Par Gabriel Désert

Né le 5 décembre 1900 à Bernières-sur-Mer (Calvados), mort le 17 janvier 1949 à Paris (XIVe arr.) ; comptable ; militant des JC puis communiste ; volontaire en Espagne ; résistant.

Fils de Augustin Tourmente, charcutier de campagne, et d’Augustine Bertrand, ménagère, Marcel Tourmente fréquenta pendant trois ans l’École primaire supérieure de Caen et en sortit avec le Brevet élémentaire. Par la suite, il tenta d’avoir une capacité de droit mais fut recalé à la deuxième année. Comptable, il adhéra au Parti socialiste en janvier 1919 et fut « entraîné vers la IIIe Internationale par Lucie Colliard » qui était alors permanente syndicale à Caen. Chassé de la maison familiale en 1920, il vint à Paris, suivit les discussions de 20e et 5e section mais se lassa des débats internes et resta quelques semaines hors du parti. Après le congrès de Tours, il adhéra au Parti communiste à Rueil et fut chargé de la formation des jeunes. Revenu à Caen, il milita aux Jeunesses communistes puis en avril 1922 succéda à Content comme administrateur-délégué du Populaire normand. Il se rendit à Lisieux, en avril 1923, pour y organiser une section communiste et, l’année suivante, à l’occasion des élections municipales, participa à des réunions en tant que secrétaire du Parti communiste. Délégué à la conférence extraordinaire du Parti communiste de décembre 1924, il vota en son « nom personnel » l’exclusion de Monatte, Rosmer et Delagarde. Lui même fut exclu lorsqu’un an plus tard il s’éloigna de l’action militante. Pendant ces années de militantisme intense, il avait lu « un peu tous les auteurs révolutionnaires anarchistes, communistes et précurseurs ». Il avait adhéré au groupe universitaire Clarté en 1921 et avait fait partie de la commission de l’enseignement dirigée par Robert Durif*.

Il fit différents petits métiers puis embarqua en 1925 comme garçon sur les Lipari, un bateau des Chargeurs réunis. Débarqué pour avoir fait des réclamations à propos de la nourriture du personnel, il se syndiqua, sur les conseils d’Henri Gautier, au syndicat autonome des inscrits maritimes pour travailler à un rapprochement avec les unitaires. Il navigua sur le Guyane, le Rochaudeau mais fut repéré comme « rouspéteur et mis à l’index ». Revenu à Caen fin 1925, il prit une compagne et travailla comme manœuvre. De fin 1925 à août 1931, il resta en dehors de toute organisation. Cependant, en 1929, il adhéra à la section de Falaise de la Ligue des droits de l’Homme et resta membre de l’Union rationaliste du Calvados.

Revenu au Parti communiste, Marcel Tourmente devint aussitôt membre du bureau régional communiste dont Marcel Letellier* était secrétaire. En 1932, il participa, avec des militants unitaires, à la création d’un comité local des chômeurs, comité qui eut peu de succès, ce qui l’amena à déclarer, en avril 1932, que « les chômeurs se désintéressent par trop de leurs revendications ».

Candidat dans la 2e circonscription de Caen, lors des élections législatives de 1932, Tourmente ne recueillit que 295 voix sur 20 604 électeurs inscrits. Il était alors secrétaire de la cellule de Caen qui comptait 25 adhérents, et secrétaire du sous-rayon de Lisieux fort de 60 adhérents environ. Il était assisté de Ferdinand Yvon*, secrétaire adjoint, de Louis Hedou*, trésorier et de Lucien Chapelain*, trésorier adjoint.

En 1934, Marcel Tourmente était signalé comme secrétaire du syndicat CGTU des ouvriers de l’Alimentation à Avignon (Vaucluse).

Il combattit dans les Brigades internationales puis, sous-lieutenant FFI, participa aux combats de la libération de Paris.

A la fin de sa vie, Tourmente était inspecteur au contrôle économique.

_Il s’était marié le 26 novembre 1927 à Caen avec Marguerite Lebosquain, dont il divorça en mai 1940, pour se remarier le 9 décembre 1948 à Paris (XVe arr.) avec Jeanne Marcelline Redon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132915, notice TOURMENTE Marcel, Léon, Roger par Gabriel Désert, version mise en ligne le 18 juillet 2016, dernière modification le 8 mai 2020.

Par Gabriel Désert

SOURCES : RGASPI, Moscou, 1er février 1932 (informations recueillies et reportées par Claude Pennetier). — Arch. Nat. F7/13120 et 13130. — Arch. Dép. Calvados, M 494 et 2368. — Arch. Dép. Vaucluse, 1 M 841. — Le Populaire normand. — Arch. AVER, André Marty, S1. — Lettre du père du militant. — État civil en ligne cote 2MI-EC 2134.

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