TOURTAUD Auguste, Martial. Pseudonyme de résistance : Commandant ANDRÉ

Par Jacques Girault

Né le 3 juillet 1914 à Bussière-Dunoise (Creuse), mort le 17 septembre 2006 à Vallauris (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste ; résistant FTP ; député (1945-1959) ; conseiller général de Guéret (Creuse) ; conseiller municipal de Guéret ; adjoint au maire de Vallauris.

Auguste Tourtaud
Auguste Tourtaud

Fils d’un maréchal-ferrant, victime de la Grande Guerre, Auguste Tourtaud, pupille de la Nation depuis 1923, entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Guéret.

Il se maria en juillet 1935 à Laplat (Creuse), avec une institutrice, Blanche Tourtaud, fille d’un menuisier . Ils eurent deux enfants.

Il devint instituteur en 1934 et enseignait à Crépiat par Saint-Etienne-de-Fursac en 1939. Membre du Syndicat national des instituteurs, en 1938-1939 il était le responsable du groupe des jeunes instituteurs militants du SNI.

Non mobilisé au début de la guerre, Auguste Tourtaud entra très tôt dans la Résistance. Il fut le chef d’état-major des Francs-tireurs et partisans français en Creuse sous le nom de « commandant André ». Il représenta le Parti communiste français dans le Comité départemental de Libération.

Auguste Tourtaud adhéra au Parti communiste en 1942. Sur le plan national, il fut membre de la commission centrale de contrôle financier puis du comité central de 1945 à 1959. Quand L’École et la Nation fut créée en 1951, il fit partie de son comité de rédaction. Lors de sa réorganisation en 1958, il n’y figurait plus.

Secrétaire de la fédération de la Creuse du PCF de 1945 à 1947, il resta membre du comité fédéral avec quelquefois la désignation pour le bureau de la fédération. Toutefois depuis 1956, une tension à propos des interprétations du XXe congrès du Parti communiste d’Union soviétique entre Tourtaud et l’instituteur Raymond Labrousse, premier secrétaire fédéral, Tourtaud, qualifiant souvent d’ “opportunistes“ les positions de la fédération. Interrogé sur les raisons de son éviction de la CCCF, il donna des explications lors de la réunion du conférence fédérale en septembre 1959 que le représentant de la direction du PCF présenta comme “courageuse et autocritique“. La conférence fédérale qui suivit le désigna à nouveau pour le secrétariat fédéral, d’abord responsable du travail paysan puis responsable de la propagande jusqu’en 1964. Il fut chargé, à partir de 1954, notamment de suivre le quotidien communiste L’Écho du Centre. Toutefois Henri Védrines, qui suivait la fédération, notait à diverses reprises que la “suffisance inconsciente“ et la “susceptibilité“ de Tourtaud expliquait ses critiques à la différence de la “modestie“ de Labrousse. Il suivit l’école d’un mois du PCF en 1963 et, à partir de 1964, il fut élu pour le seul bureau fédéral tout en démissionnant du secrétariat de la section de Guéret en mai 1964..

En tête de la liste communiste, il fut élu député de la Creuse le 21 octobre 1945 (30 734 voix) à l’Assemblée nationale constituante, réélu le 2 juin 1946 (33 108 voix), il devint député de la Creuse en compagnie de Jean Dumet à l’élection législative du 10 novembre 1946 (34 279 voix) et fut réélu le 17 juin 1951 (36 150 voix) et le 2 janvier 1956, année où il conduisait la liste « d’union de la gauche » (avec un candidat “progressiste“ qui fut élu) qui recueillit 42 241 voix).

Auguste Tourtaud, le 8 décembre 1958, se présenta dans la circonscription d’Aubusson et obtint 16 031 voix sur 65 050 inscrits. Il se maintint contre le député socialiste SFIO sortant André Chandernagor qui le devançait et qui fut élu au deuxième tour. Le candidat communiste, seul en lice contre ce dernier, recueillait 16 384 voix. Il ne voulut plus être candidat et, selon le rapport de Védrines, qui représentait la direction du PCF, finalement il accepta d’être candidat dans la première circonscription (Guéret) en 1962 où il parvint à augmenter les résultats du PCF (8 708 voix sur 54 462 inscrits). Bénéficiant du seul désistement du PSU, il n’obtint, le dimanche suivant, qu’une partie des voix socialistes, 15 589, distancé de plus de 3 000 voix par l’élu. Aux élections législatives de 1967, pour la première fois il arrivait en première position (10 734 voix sur 52 459 inscrits). Le candidat de la Fédération de la gauche démocrate socialiste se désistant, il obtenait la plus grande partie de ses suffrages mais était battu avec 18 460 voix. À nouveau candidat en 1968, le même scénario se reproduisit (10 630 voix sur 51 700 inscrits, deuxième position, 15 746 voix le dimanche suivant).

Auguste Tourtaud, candidat dans le canton de Saint-Vaury en 1945, fut élu conseiller général de 1958, réélu en 1964 dans le canton de Guéret-Sud, fut membre de la commission départementale et de la commission des finances. Il siégea à la CODER.

Auguste Tourtaud, conseiller municipal de Guéret en 1947, se présenta aux élections municipales de 1965 à la tête de la liste communiste qui fusionna au deuxième tour avec la liste socialiste et il fut élu sur une liste d’Union de la gauche de 1965 à 1971.

Ayant repris un poste d’instituteur de janvier 1959, il fut nommé à la tête d’une classe de 4eme pratique au collège d’enseignement secondaire de Guéret.

Après sa retraite, avec son épouse en 1969, Auguste Tourtaud alla habiter Vallauris où ils possédaient une maison. Il fut élu conseiller municipal et adjoint au maire de 1971 à 1977.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article132964, notice TOURTAUD Auguste, Martial. Pseudonyme de résistance : Commandant ANDRÉ par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 mars 2021.

Par Jacques Girault

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SOURCES : Archives du comité national du PCF. ¬— Notes de Paul Delanoue. — Notice non signée dans le DBMOF.

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