TRAVAIL Paul [TRAVAIL Léon, Paul]

Par Jacques Girault, François Roux, Blandine Silvestre

Né le 30 janvier 1912 à Cavaillon (Vaucluse), mort le 9 décembre 2009 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; instituteur dans le Vaucluse ; militant syndicaliste du SNI ; militant et responsable JS, puis socialiste SFIO ; conseiller municipal et conseiller général.

Son père, Léon, Flavien Travail, boulanger, né en 1883 à Villedieu (Vaucluse), soldat de 2e classe dans le 34e régiment d’infanterie coloniale, mourut le 29 septembre 1914, de ses blessures, à la suite des terribles combats près de Beauzé-sur-Aire (Meuse), le 7 ou le 26 septembre, au cours desquels son régiment perdit 850 hommes, tués, blessés ou disparus. Sa mère, née Charlotte Marcelin, sans ressources, après avoir été femme de ménage, travailla aux Dames de France.

Paul Travail, adopté par la Nation en juillet 1918, entra à l’École normale d’instituteurs d’Avignon en 1928, et fut instituteur stagiaire à Goult. Après son service militaire dans le Train des équipages (1933-1934), il exerça à l’école de La Roquette à Cheval-Blanc, puis fut nommé à Cavaillon en 1936 à l’école du hameau des Vignères. Il venait de se marier, le 5 août 1936 à Olonzac (Hérault), avec Jeanne Bonicel, institutrice, fille d’un juge de paix. Ils eurent une fille.

Paul Travail avait adhéré en 1932 au Parti socialiste SFIO, était secrétaire fédéral adjoint des Jeunesses socialistes avant de devenir, en 1936, secrétaire adjoint de la fédération socialiste, à la demande de son collègue, Joseph Cluchier. Il militait aussi au Syndicat national des instituteurs, était membre du conseil syndical de la section départementale et du bureau, et fut délégué au congrès national de juillet 1935. Il prit souvent la parole dans les meetings du Rassemblement populaire ainsi que dans les réunions électorales du printemps 1936. Il lui arriva d’accompagner ensuite les élus ou leaders SFIO dans le département : ainsi Jules Moch à Lagnes en juin 1937. Délégué du SNI à l’union départementale CGT, lors du congrès du 19 décembre 1937, présidé par Léon Jouhaux, il demanda avec les autres orateurs, la réalisation intégrale du programme du Front populaire.

Il participait aussi au mouvement coopérateur, comme administrateur de l’Union des coopérateurs de Provence à Cavaillac, et fit partie du Conseil national des coopératives de consommation. Il avait obtenu du SNI et de l’UCP une subvention pour construire la deuxième auberge de jeunesse du département « La Bastide rouge » qui allait bientôt recevoir les jeunes réfugiés espagnols de Barcelone. Il devait participer à un voyage en URSS en juillet 1938 pour étudier des différentes formes de coopération, sous la présidence de Gaston Prache, secrétaire de la FNCC. L’inspecteur primaire émit un avis défavorable en raison de son engagement communiste. En fait, deux ans plus tard, la procédure qui aboutit à son déplacement d’office, montra qu’il était un actif syndicaliste, laïque, favorable au Front populaire. Il était proche des "Amis de l’École émancipée" selon des témoignages.

Élu secrétaire général de la section départementale du SNI en 1938, Paul Travail démissionna de son poste de secrétaire adjoint de la Fédération SFIO. Dans une lettre publiée dans Le Réveil vauclusien du 21 juillet, il expliquait sa décision par son souci d’affirmer l’indépendance du syndicalisme à l’égard des partis politiques. Le 30 novembre 1938, il suivit le mot d’ordre de grève générale – tandis que beaucoup d’instituteurs s’abstinrent – mais ne fut pas sanctionné.

Paul Travail fut mobilisé le 27 août 1939 dans le Train, et démobilisé en juillet 1940. Il reprit son poste à Cavaillon, mais fut déplacé d’office en décembre 1940 au hameau des Valayans à Pernes, où il y enseigna jusqu’en 1946. Il obtint sa mutation pour Le Thor (1946-1952) puis pour Avignon (écoles des Rotondes, puis Persil). Après avoir été instituteur au lycée de garçons d’Avignon (1956-1962), il dirigea l’école de garçons de la place Saint Ruf en 1962, où il termina sa carrière en 1967.

Paul Travail retrouva le conseil syndical du SNI à la fin des années 1940 et se montra partisan de l’autonomie en 1947-1948. Il redevint secrétaire général de la section départementale en 1949-1950. À la réunion du conseil national, le 4 avril 1950, il intervint dans la discussion du rapport du secrétaire général sur la méthode d’attribution des bourses. Lors d’une autre réunion du conseil national, le 27 décembre 1950, il approuva le texte proposé par la direction du SNI sur la paix en Corée. Le 12 juillet 1967, lors de la discussion du rapport moral au congrès national, il nota que la force du SNI résultait de « la liberté dont jouissent les minorités ».

À la fin des années 1960, retraité, Paul Travail, militait toujours à la section socialiste SFIO, et consacrait son activité à la municipalité à direction socialiste d’Avignon. Il fut adjoint au sénateur-maire d’Avignon, Henri Duffaut, et conseiller général d’Avignon-Ouest, de 1976 à 1982, date à laquelle il fut battu par le RPR Alain Dufaut.

Dans les années 1970, il habitait Villeneuve-lez-Avignon (Gard).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133034, notice TRAVAIL Paul [TRAVAIL Léon, Paul] par Jacques Girault, François Roux, Blandine Silvestre, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 21 mars 2021.

Par Jacques Girault, François Roux, Blandine Silvestre

SOURCES : Arch. Dép. Vaucluse, 1 M 817, 830, 842, 10 M 33, 36, 1 T 1674, ; état civil— Témoignage du militant. — Presse syndicale : L’École libératice. — Sources orales. — Notes d’Alain Dalançon et Claude Mesliand.

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