TRÉGARO Louis, Marie

Par Jean Sagnes

Né le 24 décembre 1894 à Lorient (Morbihan), mort le 19 janvier 1990 à Nant (Aveyron) ; instituteur ; militant syndicaliste et socialiste ; résistant.

Louis Trégaro était le fils de Jean-Louis Trégaro, gardien de la paix, et de Guilllemette Le Guérel, cuisinière, mariés trois mois plus tôt, le 3 octobre 1894, à Lorient. Il fit ses études à l’École normale d’instituteurs de Vannes (promotion 1911-1914), puis fut nommé instituteur dans le Morbihan pendant deux ans. Mobilisé en 1916, fait prisonnier en 1917, il revint en France après l’armistice via l’Italie. Après l’obtention du concours de professeur de classes élémentaires de lycée, il fut nommé en 1921 à Montpellier (Hérault).

Très marqué par l’atmosphère « de gauche » de l’École normale, Louis Trégaro hésita toutefois à s’engager en raison de l’opposition entre le PC et la SFIO. En 1926, il obtint sa licence d’histoire. Vers 1930, il adhéra au syndicat CGT de l’Enseignement et en 1933, devint secrétaire de la section héraultaise de ce syndicat. En 1935, il entra au Parti socialiste SFIO où il se situa à l’aile gauche (tendance Marceau Pivert). Il fut membre du bureau du comité départemental du Rassemblement populaire constitué le 22 mars 1936, aux côtés de Robert Caillens et du professeur de géographie Pierre George. Il occupait les fonctions de secrétaire à la propagande. Au moment de la guerre d’Espagne, il fut déchiré entre son antifascisme et son pacifisme. Il écrivait alors des articles très pacifistes dans l’École syndicaliste, journal départemental du SNI, ainsi que dans des journaux comme Le Barrage de René Gérin et Feuilles libres de Léon Émery. De 1933 à 1945, il fut président de la Société d’enseignement populaire de l’Hérault et consacra l’essentiel de son temps à son activité militante. Après la dissolution de la section socialiste de Montpellier en 1937, il fut chargé avec Robert Verdier de la reconstituer. La même année, il devint trésorier du comité d’entr’aide aux combattants français en Espagne républicaine et développa cette activité en compagnie de son épouse.
En juin 1938, après le congrès SFIO de Royan, il constitua une section d’une dizaine de membres du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) dont il fut secrétaire pour l’Hérault. De son propre avis, ce parti n’eut qu’un faible impact politique.

Après la déclaration de guerre, il demeura à Montpellier. En 1941, l’avocat Pierre Stibbe, de passage dans cette ville, mit en contact Louis et Marie Trégaro avec le mouvement de résistance l’Insurgé qui comprenait d’assez nombreux anciens adhérents du PSOP (voir Marie-Gabriel Fugère). Trégaro fut responsable de ce réseau pour la région comprise entre Béziers et Nîmes. Arrêté en août 1943 en Lozère, par la police allemande, il fut incarcéré à Montpellier dans la caserne du 32e RI d’où il s’évada grâce à Marcel Valière. Il se réfugia ensuite dans le Tarn où sa femme vint le rejoindre. Ils vécurent sous une fausse identité jusqu’à la Libération. A ce moment, il réadhéra au Parti socialiste, fut nommé au lycée de Rennes où il demeura d’octobre 1945 à septembre 1947. Il revint à Montpellier en octobre 1947 comme professeur de 1er cycle au lycée. Il reprit ses activités à la SEP dont il continua à être la cheville ouvrière. Mais en désaccord avec la politique coloniale de la SFIO, il quitta ce parti lors de l’affaire de Suez en octobre 1956 et se rapprocha du PCF dont il approuvait l’action menée contre la guerre d’Algérie, militant notamment au Mouvement de la paix. En 1959, il entra au Parti socialiste autonome et se retrouva un an plus tard au PSU. Ayant pris sa retraite en 1960 et réduit ses activités, il cessa de cotiser au PSU vers 1965 sans être vraiment en désaccord avec celui-ci.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133054, notice TRÉGARO Louis, Marie par Jean Sagnes, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 mars 2021.

Par Jean Sagnes

SOURCES : Arch. Dép. Hérault 9 M 400. — L’Aube sociale, L’Avant-garde syndicaliste et Le Travail, 1936-1938. — Cinquantenaire de la S.E.P. de l’Hérault, 1898-1948, Montpellier, 1948 (Icon.). — Mémorial de l’Insurgé, Lyon, 1968. — Rens. du militant (1983). — Arch. Dép. Morbihan état civil.

ICONOGRAPHIE : Cinquantenaire de la S.E.P. de l’Hérault, 1898-1948, Montpellier, 1948.

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