TRÉMEL Jean [TRÉMEL Frédéric, Jean, Baptiste]

Par Gérard Réquigny

Né le 31 décembre 1869 à Plussulien (Côtes du Nord), mort le 15 avril 1921 à Saint-Denis (Seine) ; employé aux chemins de fer ; syndicaliste ; socialiste révolutionnaire ; communiste ; maire-adjoint de Saint-Denis.

Jean Trémel
Jean Trémel

Frédéric, Jean, Baptiste, Trémel naquit à Plussulien (Côtes d’Armor) le 31 décembre 1869, fils de Yves Marie Trémel, sabotier et de Marie, Julienne Le Croguénec, ménagère. Il était le troisième d’une famille de onze enfants et reçut son l’éducation du séminaire de Plouguernevel, ce que lla droite dionysienne ne manqua pas de signaler ironiquement..

Il vint à Saint-Denis à la mort de sa mère en 1888 et fut employé à la Compagnie des chemins de fer du Nord où il fut secrétaire du syndicat des travailleurs des chemin de fer.

En 1892, il se maria à Saint-Denis avec Marie, Rose Rannou, née le 29 septembre 1870 au Haut-Corlay (Côte du Nord) avec qui il eut une fille Alice en 1895, morte en 1908 et un fils Jean* né en 1901.

En 1898 il fonda un groupe breton des employés de la compagnie du chemin de fer du Nord. Puis début 1901 il fonda, avec J. Le Foll et Henri Cariou, le Groupe des Bretons socialistes de Saint-Denis adhérent à la Fédération socialiste autonome de Bretagne. C’est à cette date qu’il fit venir son jeune frère Jules à Saint-Denis alors que celui-ci n’a que seize ans. Ce fut le chemin suivi par presque tous ses frères et sœurs. Connaissant parfaitement la langue bretonne et les besoins de ses compatriotes, il leur apportait un appui matériel et moral.

C’est donc tout naturellement qu’en 1904 on trouva, pour mieux défendre ses compatriotes, l’ouvrier syndiqué Jean Trémel sur la liste socialiste révolutionnaire (en 7e position) constituée pour les élection municipales. Il fut l’un des neuf défenseurs de la classe ouvrière dans cette assemblée.

En 1905, Jean Trémel fut révoqué par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord et cherchant une situation indépendante il acquit un commerce de vin.

Battu en 1908, il revint en 1912 élu avec ses 35 camarades de la liste socialiste. Il était, comme son compatriote Le Foll, l’un des quatre adjoints du maire Gaston Philippe, chargé de l’orphelinat, la crèche, la voirie, la salubrité, l’éclairage et les eaux.

Sollicité en 1914 par la fédération socialiste des Côtes-du-Nord, il fut candidat aux élections législatives à Loudéac. En quelques jours, seul candidat face au député sortant Mando, il obtint 1 193 voix (9,7 %) sur 12 259 suffrages exprimés obtenant souvent des scores supérieurs à 20 % dans les cantons de Corlay, Mur-de-Bretagne et même à Loudéac (23,7 % dans cette commune) allant jusqu’à la majorité absolue à Lescouët-Gouarec (76,7 %) et à Gouarec (58,6 %). Cette candidature n’a pas été vécue comme un parachutage mais, bien au contraire, comme le retour au pays d’un enfant du peuple.

Il fut l’un des rares membres du conseil municipal de Saint-Denis que ne toucha pas l’ordre de mobilisation générale.

Réélu au conseil municipal de Saint-Denis en 1919 , il devint second adjoint du maire Gaston Philippe, chargé de la voirie, poste qu’il garda jusqu’à sa mort qui survint le 15 avril 1921, à la suite d’une maladie qui le minait depuis longtemps sans pour autant être un obstacle à l’exercice de ses fonctions.

Plus de 5 000 personnes participèrent à ses obsèques et un public nombreux était sur le parcours. Les pompiers, la section du parti communiste auquel Trémel adhéra dès la création du PCF en décembre 1920 et le syndicat des employés communaux ouvraient le cortège.

Le maire Gaston Philippe, Favier pour le Parti communiste, Bestel pour les organisation ouvrières de Saint-Denis et le maire-adjoint Le Foll au nom des originaires de Bretagne prirent la parole.

Le conseil municipal décida de donner le nom de Jean Trémel à la rue des Poissonniers, ce que la famille refusa.

Son frère Jules Trémel et son fils Jean Trémel* jouèrent un rôle important dans la vie du mouvement ouvrier dionysien.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133081, notice TRÉMEL Jean [TRÉMEL Frédéric, Jean, Baptiste] par Gérard Réquigny, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2021.

Par Gérard Réquigny

Jean Trémel
Jean Trémel

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; vers. 10451/76/1. — Archives municipales de Saint- Denis (liasse 10 S 9 6). — em>L’Humanité, 13 décembre 1919, 17 et 18 avril 1921). — L’Émancipation, 10 juin 1916, avril 1921. — Le Journal de Saint-Denis. — le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier (Maitron)., notice par Claude Pennetier. — Note d’Alain Prigent (Arch. Dép. Côtes d’Armor 3M130 (Législatives 1914).

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