VADEZ Lucien [VADEZ Louis, Léon, Gaston, Paul, Lucien]

Par Jacques Girault

Né le 17 février 1891 aux Hautes-Rivières (Ardennes), mort le 29 mai 1970 à Beauvais (Oise) ; professeur ; militant socialiste ; maire de Calais (Pas-de-Calais).

Fils de l’instituteur socialiste Barthélémy Vadez, Lucien Vadez entra à l’École normale d’instituteurs de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1909 et, après avoir suivi les cours de l’Institut électronique de Nancy, obtint le professorat de sciences appliquées. Mobilisé en août 1914, comme sous-lieutenant dans le Génie, blessé, il fut nommé en 1919 professeur de travaux manuels à l’école primaire supérieure de Lorient (Morbihan).

Il se maria en avril 1919. Le couple eut un enfant. Son épouse mourut en 1920. Il se remaria en août 1929 à Calais. Deux enfants naquirent.

En 1922, nommé professeur à l’EPS de Calais, il enseigna en section professionnelle le travail manuel, l’électricité industrielle, les mathématiques. À partir de 1925, il demanda une direction d’EPS et fut inscrit sur la liste d’aptitude en 1932.

Lucien Vadez militait au Parti socialiste SFIO depuis les années 1913-1914. Membre de la commission exécutive de la fédération socialiste SFIO du Pas-de-Calais, il fut l’objet d’attaques de la presse régionale. En mai 1925, élu conseiller municipal de Calais sur une liste du Cartel des gauches conduite par Émile Vincent, ancien conseiller municipal de droite ayant choisi de soutenir le Cartel des gauches, il devint adjoint au maire, chargé de l’instruction publique. Il conserva cette responsabilité en 1929.

Candidat socialiste SFIO aux élections législatives en 1928 dans la deuxième circonscription de Boulogne-sur-Mer, il recueillit 4 020 suffrages au premier tour et 3 934 voix au second sur 22 155 inscrits. A nouveau candidat en 1932 dans la même circonscription, il obtint 3 919 voix sur 22 999 inscrits.

Lucien Vadez, dirigeant socialiste local, conduisait la liste socialiste qui arriva en tête au premier tour des élections municipales de mai 1935. Pour le deuxième tour, la liste d’union se réclamant du Front populaire avec des candidats de la liste communiste l’emporta et Lucien Vadez devint maire de Calais. Les travaux d’urbanisme et les réalisations sociales créant des difficultés financières, sa gestion fut approuvée par référendum à la fin de l’été 1937. Interrogeant le ministère à plusieurs reprises sur la possibilité de toucher une retraite après avoir été détaché, en 1939, il demanda un détachement sans traitement, la mairie versant pour sa retraite les sommes nécessaires. Il fut destitué de ses fonctions électives à la fin de 1939, ayant été jugé trop proche du Parti communiste par les autorités préfectorales qui lui appliquèrent le décret Daladier. Le socialiste André Gersche lui succéda avant d’être chassé de la mairie en raison de son ascendance juive.

Mobilisé en août 1939 comme capitaine radio, réaffecté à Calais, fait prisonnier le 19 mai 1940, Lucien Vadez fut rapatrié de camp de Hoyerswerda pour raisons de santé.

Affecté par l’inspection académique à l’EPS d’Haubourdin (Nord), puis au collège technique mixte de Fourmies (Nord), il en devint le directeur en septembre 1942. Mais pour des raisons de santé et de surcharge de travail imposée par l’internat, il demanda en vain sa mutation pour une direction de collège sans internat, vœu qu’il renouvela en décembre 1944. En octobre 1944, il renonça à être le gestionnaire de l’internat à Fourmies pour des raisons de famille, son épouse ayant été victime d’une agression, l’année précédente. Il fut alors nommé en 1945 directeur du collège technique de Sens (Yonne).

En septembre 1947, Lucien Vadez protesta auprès du Ministère à la suite de la nomination de Joseph Cartailler, qu’il qualifiait de « fonctionnaire syndical », comme directeur du collège technique du Perreux et demanda ce poste au nom de « la confiance que nous plaçons dans nos organisations syndicales ». Le directeur de l’enseignement technique lui répondit que cette nomination était normale et l’accusa de faire preuve d’un « esprit d’indiscipline ». Finalement il obtint la direction du lycée technique de Beauvais.

Après son décès, son nom fut donné au collège d’enseignement secondaire des Quatre-Ponts à Calais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133370, notice VADEZ Lucien [VADEZ Louis, Léon, Gaston, Paul, Lucien] par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 mai 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 26624 A. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 177, 179, 182, 5099 et 5394. — DBMOF, notice d’Yves Le Maner. — Divers sites Internet dont « Alors raconte Calais ».

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