VALBON Georges [Pseudonyme dans la Résistance : Claude]

Par Claude Willard

Né le 8 août 1924 à Lunery (Cher), mort le 18 juillet 2009 à Genève (Suisse) ; typographe, dessinateur publicitaire ; militant communiste, secrétaire de la fédération de la Seine (1956-1962), membre du comité central du PCF (1970-1996) ; conseiller municipal de Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis, 1947-1959) puis de Bobigny (Seine, Seine-Saint-Denis, 1959-1965), maire de Bobigny (1965-1996), président du conseil général de Seine-Saint-Denis (1968-1982 ; 1985-1993) ; président des Charbonnages de France (1982-1983) ; résistant, lieutenant FTP.

Le père de Georges Valbon, Pie-Julien Valbon, originaire du val d’Aoste, était de nationalité italienne. Fuyant le fascisme, il s’était installé un court moment à Lunery, où son fils Georges vit le jour. Il se fixa ensuite comme artisan plombier-couvreur à Bagnolet, où il épousa une ouvrière couturière, Cécile Morionnet.

Georges Valbon passa toute sa jeunesse à Bagnolet : après de très bonnes études primaires (certificat d’études avec mention Très bien), il passa avec succès en 1938 le concours d’entrée à l’École Chaix, où il fit quatre années d’apprentissage pour devenir typographe. Il entra ensuite à l’imprimerie Chaix, dans le IXe arrondissement de Paris.

Dès 1941, bien qu’inorganisé, Georges Valbon tira des tracts antinazis sur les presses de Chaix. Avec les autres apprentis de son école, il fut requis par le STO en décembre 1942. De la période de son STO, il rapporta ensuite qu’il avait noué des liens avec un communiste allemand de Leipzig. En février 1944, il parvint à regagner la France à l’aide de faux papiers de permission. Caché à Bobigny, David Rosenfeld le fit entrer dans la Résistance organisée, comme responsable local des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP). Nommé lieutenant FTP au début de juillet 1944, il commanda un petit groupe armé de Bagnolet. A sa tête, il participa à la première prise de mairie en banlieue parisienne, celle des Lilas (17 août), contribua à la libération de Montreuil (18 août), des forts de Rosny et Romainville. Enfin, à Paris, il combattit pour chasser les Allemands de la caserne Prince-Eugène (place de la République). Son frère fit partie de la colonne Fabien.

Engagé volontaire en septembre 1944, affecté aux EOR de Fontainebleau (de l’hiver 1944 à l’été 1945), il refusa d’aller en Indochine et quitta l’armée, en avril 1946, avec le grade d’aspirant.

Georges Valbon exerça peu de temps son métier de typographe, car il fut sanctionné par Chaix pour avoir constitué une cellule d’entreprise. Syndiqué depuis 1946, c’est auprès du Parti communiste qu’il milita le plus activement. Il devint successivement secrétaire de la section UJRF de Bagnolet, puis, au printemps 1947, secrétaire de la section PCF de la ville. Élu la même année conseiller municipal de Bagnolet, il le demeura jusqu’en 1959. En 1949, il suivit l’École centrale de quatre mois et fut élu au Comité fédéral de la Seine, responsable de la presse communiste. Remarqué pour sa participation active aux grèves de 1953, il fut élu, cette même année, lors de la décentralisation, au bureau fédéral de la nouvelle fédération Seine nord-est et, le 24 juin 1956, secrétaire fédéral chargé de la propagande et de l’éducation. Étant données ses tâches nouvelles, il fut déchargé de ce secrétariat en 1961, mais resta membre du bureau fédéral.

En mars-avril 1959, il fut en effet élu conseiller municipal adjoint (pour le logement et l’urbanisme) et conseiller général de Bobigny. En 1962, il fut désigné par le Conseil général de la Seine comme membre du Conseil de district de la Région parisienne. En mars 1965, il devint maire de Bobigny et, après le découpage de la Région parisienne en nouveaux départements, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, le 12 mai 1968. Bobigny, devenue ville-préfecture, entreprit, sous l’impulsion de Georges Valbon, de grands chantiers d’aménagement urbain, grâce notamment à une Société d’économie mixte (mise en place dès 1965). Il développa activement les projets culturels avec, entre autres, la création d’un conservatoire et, surtout, la Maison de la culture de Bobigny. Michel Noblecourt soulignait enfin, en 2009, la fait que Georges Valbon s’était fait l’écho des avis favorables au retour du tramway dans le département – le futur T1.

Le 25 janvier 1970, au XIXe Congrès du PCF, Georges Valbon fut élu membre du CC. Il fut d’abord affecté au secteur commerce, artisanat, PME, travailla à la rédaction de Changer de cap et à l’élaboration du Programme commun. Sur décision du bureau politique, le 28 septembre 1979, il fut muté au secteur élections, collectivités locales (que dirigeait Madeleine Vincent), conséquence logique de ses responsabilités électives.

En janvier 1982, à l’issue d’une rencontre Mitterrand-Marchais, Georges Valbon fut nommé président des Charbonnages de France. Apprenant sa nomination, il déclara que « si l’on compt[ait] sur [lui] pour tempérer les syndicats, on se tromp[ait] ». De fait, il associa les syndicats aux prises de décisions à tous les niveaux. Militant convaincu de l’avenir de l’industrie charbonnière, il plaida pour sa relance et n’eut de cesse de réclamer des investissements. En dépit des pressions du PCF, il démissionna en octobre 1983. Il redevint en 1985 président du conseil général, et ce jusqu’en 1993. Sur sa demande aussi, il quitta en 1996 la mairie de Bobigny (tout en restant conseiller municipal) et le conseil national du PCF.

En juillet 2009, alors qu’il se rendait en vacances dans le Val d’Aoste natal de son père, il mourut le jour de son arrivée. Contrairement à ce qui est souvent écrit, il semble, selon son acte de décès, qu’il mourut non pas dans le Val d’Aoste mais non loin de là, à Genève.

Le parc départemental de La Courneuve, où se tient chaque année la Fête de l’Humanité, a pris le nom de Georges-Valbon.

Marié en 1949 avec Suzanne Noailles, ils eurent une fille (Francine) et un garçon (François). Séparés depuis 1956, divorcés en 1961, Georges Valbon se remaria en 1962 avec Catherine Aillaud. Ils eurent deux fils (Robert, Antoine) et une fille (Marie-Cécile).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133427, notice VALBON Georges [Pseudonyme dans la Résistance : Claude] par Claude Willard, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 mars 2017.

Par Claude Willard

SOURCES : Archives du CN du PCF. — Interview réalisée en 1996. — Le Monde. — l’Humanité. — Notes de Julien Lucchini.

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