VANRULLEN Émile, Jules, Joseph

Par Georges Clause, Jacques Girault

Né le 7 mai 1903 à Tourcoing (Nord), mort le 18 juillet 1980 à Annezin-les-Béthune (Pas-de-Calais) ; professeur ; militant socialiste ; adjoint au maire de Béthune, conseiller général de la Marne puis du Pas-de-Calais, sénateur du Pas-de-Calais.

Emile Vanrullen
Emile Vanrullen
sénateur

Fils de Jean, Henri Vanrullen, tisserand, et d’Adolphine Héquette, sans profession, Émile Vanrullen entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Douai en 1919. À la faculté des sciences de Lille, il obtint les certificats d’études supérieures (physique générale et chimie générale en 1924, mathématiques générales et minéralogie en 1925) et un diplôme d’études supérieures de physique en 1926.

Émile Vanrullen enseignait comme professeur-adjoint à l’École pratique de commerce et d’industrie (garçons) de Lille depuis 1924. Il se maria le 26 décembre 1925 à Armentières (Nord) avec Andréa Sart, professeur de sciences. Le couple eut un enfant et divorça en juillet 1950.

Il effectua son service militaire dans l’artillerie de campagne (novembre 1928-septembre 1929).

Nommé professeur délégué de physique et de sciences naturelles au lycée de Laon (Aisne) en 1929, il habitait à La Fère (Aisne) avec son épouse, professeur au collège de La Fère.

Émile Vanrullen demanda un poste double appuyé par le député socialiste Georges Monnet. Il obtint satisfaction et, en 1934, fut nommé professeur de sciences au collège de Châlons-sur-Marne (Marne).

il adhéra à sa sortie de l’ENI aux Jeunesses socialistes SFIO et au Parti socialiste SFIO. Il participa aux réunions et aux actions des groupes antifascistes. Secrétaire de la fédération socialiste SFIO de la Marne, lors d’une manifestation violente à Châlons, il fut traduit devant le tribunal correctionnel de Châlons qui le condamna, le 16 mai 1936, à un mois de prison avec sursis et 100 francs d’amende pour coups et blessures et menaces de mort. Il interjeta en appel. Peu avant se déroulaient les élections législatives. Candidat socialiste SFIO dans la circonscription de Châlons-Sainte-Ménehould, il obtint au premier tour 3 776 voix sur 21 638 inscrits et se retira au second tour en faveur du radical de gauche Alfred Margaine. Aux élections cantonales à Châlons de 1937, il fut élu au second tour conseiller général par 3 498 voix contre 3 191 à son adversaire. Il écrivit quelques articles dans Le Travail, hebdomadaire socialiste marnais.

Partisan d’un Front populaire sans faille, Émile Vanrullen était soucieux de ne pas se couper des communistes, à condition que ceux-ci ne cherchent pas à nuire aux socialistes. En décembre 1937, il protesta auprès du journal communiste La Champagne ouvrière et paysanne, contre des articles parus dans l’Humanité, où Georges Dimitrov attaquait la social-démocratie. La Champagne répondit que ces divergences concernaient les Internationales et ne devaient avoir aucune incidence sur l’union réalisée à la base. En février 1938, dans un article, paru dans Le Travail, il estimait que la présence de socialistes dans des gouvernements radicaux qui n’appliquaient pas le programme du Front populaire n’était pas souhaitable.

Mobilisé à la fin du mois d’août 1939, fait prisonnier le 21 juin 1940, Emile Vanrullen fut rapatrié sanitaire, hospitalisé au Val de Grâce et démobilisé le 5 janvier 1943. Sa captivité et son retour occasionnèrent le déplacement du principal du collège de Châlons. Pour ramener le calme dans l’opinion locale, s’ensuivit la nomination du couple Vanrullen à Béthune (Pas-de-Calais) en 1943. Il ne reprit son nouveau poste au collège qu’en octobre 1943 où il procéda à la reconstitution et à l’entretien de la collection scientifique de l’établissement. Après la guerre, Vanrullen expliqua cette mesure comme une sanction du gouvernement visant un enseignant résistant.

Après la Libération, secrétaire de la section du syndicat des professeurs du collège, militant socialiste SFIO, il manifesta tout au long de sa vie politique dans le Pas-de-Calais un fort anticommunisme.

Emile Vanrullen fut candidat sur les listes socialistes en quatrième puis en sixième position aux élections de 1945 pour les deux Assemblées nationales constituantes dans la deuxième circonscription. Il figurait aussi en 1946 sur la liste socialiste aux élections législatives de 1946.

Le 8 décembre 1946, élu conseiller de la République du Pas-de-Calais en tête de la liste « d’union républicaine et socialiste », réélu le 7 novembre 1948 (en deuxième position sur la liste), il fut membre des commissions de la Défense nationale et de l’Intérieur du Conseil de la République, puis à partir de 1948, des commissions du suffrage universel et de la production industrielle et du travail. Après sa réélection, le 18 mai 1952, membre des commissions du travail, de la sécurité sociale et de la production industrielle dont il fut le secrétaire en 1953, il fut nommé en cours de mandat dans d’autres commissions : intérieur (1953), Éducation nationale (1953), moyens de communication (1955), défense nationale (1956). Dans les débats, il intervint essentiellement sur des questions budgétaires et notamment sur le reclassement des enseignants où il défendit les propositions du Syndicat national des instituteurs. Il donna aussi son avis sur la construction des locaux scolaires et prit la parole sur des questions économiques et sociales régionales. Questeur du Conseil de la République de 1946 à 1953, il fut remplacé en février 1953 pour des raisons que le président du groupe socialiste ne précisa pas.

Le 26 juin 1956, il fut désigné comme représentant de la France à l’Assemblée de la Communauté européenne du charbon et de l’acier dont il devint le vice-président, puis, le 13 mars 1958 à l’Assemblée unique des communautés européennes dont il devint vice-président (1958-1965). Élu sénateur le 8 juin 1958, puis le 26 avril 1959 sur la liste « d’Union républicaine et socialiste pour la défense de la démocratie », membre de la commission des affaires économiques et du Plan, il le demeura jusqu’en 1965, tout en conservant ses responsabilités dans l’assemblée européenne. Aux élections de septembre 1965, il figura en position non éligible sur la liste des candidats socialistes comme il le désirait.

En juin 1958, Émile Vanrullen vota contre les pleins pouvoirs au général de Gaulle mais il fut favorable à la constitution créant la Cinquième République.

En 1945, élu conseiller général du canton de Béthune, président du groupe socialiste et de la commission des finances, il siégea dans l’assemblée départementale jusqu’à sa défaite aux élections cantonales de 1961.

Émile Vanrullen fut aussi conseiller municipal de Béthune de 1947 (parmi les six élus de la liste socialiste) à 1959 et premier adjoint au maire à partir de 1953. Il démissionna de cette responsabilité en 1958, quand les socialistes devinrent minoritaires dans le conseil municipal.

Secrétaire général de la Fédération nationale des délégués cantonaux depuis 1964, il intervint en son nom au congrès national du Syndicat national des instituteurs, le 11 juillet 1965.

Il se remaria le 29 octobre 1960 à Béthune avec Odette Vassal, fille d’un commerçant.

Après son décès, son nom fut donné à une rue de Béthune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133716, notice VANRULLEN Émile, Jules, Joseph par Georges Clause, Jacques Girault, version mise en ligne le 30 septembre 2015, dernière modification le 16 mars 2021.

Par Georges Clause, Jacques Girault

Emile Vanrullen
Emile Vanrullen
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SOURCES : Arch. Nat. : F1a 3231, 3232, F17 28390. — Arch. Dép. Marne, 7 M 36. — Arch. Fondation J. Jaurès, 12 EF 62. — OURS, Fédération SFIO du Pas-de-Calais. — Sites Internet du Sénat. — Le Travail. — Presse syndicale. — Cahiers Maurice Thorez, n° 5 (33), octobre-novembre 1973. — B. Barberousse, Le Front populaire à Châlons-sur-Marne, Mémoire de Maîtrise, Reims, 1967. — DBMOF, notice par Georges Clause.

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