VASSEUR Aimé

Par Yves Le Maner

Né le 4 juillet 1887 [n.c.e.c.] à Setques (Pas-de-Calais) ; ouvrier métallurgiste puis voyageur de commerce ; militant syndicaliste et socialiste du Pas-de-Calais.

Membre de la CGT dès avant 1914, connu pour ses opinions antimilitaristes, Aimé Vasseur passa une année dans une compagnie disciplinaire pendant la Première Guerre mondiale. En 1917 il fonda le syndicat CGT des Aciéries d’Isbergues (Pas-de-Calais) dont il resta longtemps le secrétaire. Membre du Parti socialiste SFIO, créateur de la section d’Isbergues, il fut élu maire de cette commune en 1919, mais fut l’objet d’une révocation, notifiée par arrêt préfectoral, en 1920 ; il fut réintégré peu après et allait conserver la mairie jusqu’en 1945.

Devenu depuis 1918 propagandiste permanent de l’Union départementale CGT du Pas-de-Calais, il suscita la création de nombreux syndicats, notamment chez les papetiers de la vallée de l’Aa et encourut les foudres de la justice. Condamné à un an de prison en mars 1918 pour une grève dure à Isbergues, il subit une nouvelle incarcération en 1921 pour propagande en faveur de la nationalisation des chemins de fer. Aimé Vasseur joua un rôle très important lors de la scission syndicale de 1921-1922, tant au niveau départemental que national. Délégué du syndicat d’Isbergues, il fut appelé à présider l’une des séances du congrès national de la Métallurgie qui se tint à Lille du 20 au 23 août 1921. Au cours de cette séance, il fut le personnage central d’un incident peu banal : lors du vote sur l’orientation syndicale, il oublia dans un premier temps de voter ; s’étant rendu compte de son omission, il déposa in extremis son bulletin dans l’urne. Ce vote fit basculer la Fédération des Métaux dans la CGT : en effet, il porta le score à 113-113, alors qu’auparavant les « minoritaires » l’emportaient d’une voix.

Membre de la commission exécutive de la Fédération CGT des Métaux de 1922 à 1935, puis CGT réunifiée de 1936 à 1939, Aimé Vasseur assista à tous ses congrès nationaux. Lors du VIe congrès fédéral (1923), il déposa une proposition qui aurait permis l’audition d’une délégation CGTU au cours du débat sur l’unité ; sa motion fut repoussée par 123 voix contre 11 et 5 abstentions. En 1938 (XIVe congrès fédéral), il intervint pour déplorer le cumul des mandats syndicaux et politiques du député communiste et secrétaire fédéral Ambroise Croizat*, en violation des statuts. Sur le plan départemental, il anima la section syndicale de Lillers et siégea à la commission administrative de l’UD-CGT (dont il avait été élu président en 1922) jusqu’en 1939. Aimé Vasseur assura également, en 1923, à titre provisoire, le secrétariat de la Fédération socialiste SFIO du Pas-de-Calais.

A la Libération, il tenta de reprendre en main l’UD-CGT du Pas-de-Calais mais fut rapidement écarté par les militants communistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133812, notice VASSEUR Aimé par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat. F7/13732. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 2373 et M 5304. — Arch. Dép. Nord, M 595/38B. — C.r. des congrès de la CGT. — Rens. mairie d’Isbergues.

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