VERGUET Marguerite, Élisabeth

Par Roger Pierre

Née le 29 septembre 1874 à Châteaurenaud (Saône-et-Loire), morte le 25 octobre 1955 à Valence (Drôme) ; professeur ; militante féministe, pacifiste, membre de la Jeune République.

Fille de Marie-Louise Verguet, Marguerite Verguet entra à l’Ecole normale d’institutrices de Lons-le-Saunier (Jura) en 1889. Titulaire du brevet supérieur, elle fut institutrice dans le Jura à Larnaud en 1892, puis à Montmorot de 1893 à 1895. Élève de l’Ecole normale supérieure primaire de Fontenay-aux-Roses (section Lettres) de 1895 à 1897, titulaire du certificat d’aptitude au professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures, elle fut nommée à l’EPS de Pithiviers (Loiret) en 1898 puis à l’EPS de filles de Valence (Drôme) en 1902, où elle enseignait aussi au début le travail manuel. Elle donnait par ailleurs des cours complémentaires à l’institut polytechnique de Valence (Université populaire).

Marguerite Verguet adhéra dès 1905 à l’Association des membres de l’enseignement primaire de la Drôme et fut la première femme à en être élue secrétaire en 1912. Elle militait aussi à la section de la Ligue des droits de l’Homme. Le 1er juin 1912, elle fonda le premier groupe féministe de Valence, noyau d’une Association drômoise pour le suffrage des femmes dont elle fut la présidente et qui comptait, en 1914, quatre cents adhérentes, dont les trois quarts étaient des membres de l’enseignement.

Au début de la Première Guerre mondiale, Marguerite Verguet servit bénévolement, en dehors de ses heures de classe, à l’hôpital militaire de Valence. Puis dans le cadre d’un congé de deux ans en 1916-1917, avec l’association des Dames françaises, elle s’engagea comme infirmière pour soigner les contagieux dans une ambulance de la région de Verdun, et termina la guerre avec le grade d’infirmière-major. De retour à Valence, elle reprit son travail enseignant tout en étant, pendant ses loisirs, infirmière au service de chirurgie de l’hôpital en rapport avec le Secours national. Elle organisa des fêtes à l’hôpital tout en étant auprès des blessés un soutien psychologique. Aussi reçut-elle la médaille de la Reconnaissance française.

Marguerite Verguet reconstitua l’Union pour le suffrage des femmes, fut secrétaire ou militante de diverses organisations : Ligue de moralité publique, Association pour la SDN, Jeune république, etc. Le Bulletin du syndicat des instituteurs de la Drôme, en décembre 1932, la qualifiait de « sainte laïque », louant « son désintéressement absolu », son « dévouement à la cause des humbles, des malades, de tous les déshérités ».

Ayant pris sa retraite en 1930, Marguerite Verguet adopta un garçon, né en 1927, et travailla comme infirmière radiologue à l’hôpital de Valence. Elle fut en 1932 l’inspiratrice et la secrétaire d’un éphémère Cartel de la paix, où elle s’efforça de regrouper les organisations confédérées, socialistes, radicales et chrétiennes. Elle évita de s’engager dans le mouvement d’Amsterdam-Pleyel par réticence envers les communistes. Cependant, le 14 juillet 1935, avec Clovis Maurice, elle représenta la Jeune République au grand rassemblement du Front populaire à Valence.

Sous l’Occupation, ses activités multiples la rendirent suspecte et elle fut incarcérée quelque temps à Lyon, au fort Montluc. Marguerite Verguet fit partie du comité départemental de Libération et du premier conseil municipal de Valence, mais, présente sur la liste socialiste en 1945, ne fut pas élue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article134136, notice VERGUET Marguerite, Élisabeth par Roger Pierre, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 décembre 2016.

Par Roger Pierre

Iconographie : Les membres du CDL dont M.Verguet (Dvd-rom La Résistance dans la Drôme et le Vercors, éditions AERI-AERD, 2007).

SOURCES : Arch. Nat., F17 24172.— Arch. Dép. Drôme, 35 M 360. — Bulletin de l’Amicale, puis du SNI de la Drôme. — La Volonté socialiste. — Le Petit Dauphinois, 4 avril 1937. — Le Petit Valentinois, 20 avril 1940. — Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

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