VIERS Georges, René

Par Jacques Girault

Né le 20 janvier 1910 à Montrouge (Seine), mort le 13 janvier 1998 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ; instituteur, puis professeur de géographie à l’Université de Toulouse ; militant syndicaliste ; militant communiste.

Sa mère était couturière à domicile à Montrouge. Son père, ouvrier charron à Malakoff (Seine), mourut sur le front en 1918. Leurs trois enfants (deux garçons dont Jean Viers et une fille) reçurent les premiers sacrements catholiques. Ils furent reconnus comme pupilles de la Nation.

Georges Viers entra à l’École normale d’instituteurs d’Auteuil en 1925. Nommé à Fontenay-aux-Roses en 1928, il séjourna en 1931-1932 au sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse) où il diffusa l’Appel des Soviets. Il reprit son travail à Fontenay-aux-Roses en octobre 1934 puis enseigna à Sceaux (école primaire, cours complémentaire) de 1936 à 1945.

Viers se maria uniquement civilement en février 1932 à Sainte-Marie-des-Chazes (Haute-Loire) avec Thérèse Valley*, institutrice. Le couple, qui habita la Cité nouvelle de Châtenay-Malabry, eut deux enfants puis divorça en 1941.

Dans les statuts de l’association « Enfance et progrès », déposés à la Préfecture de Versailles, le 30 avril 1938, par Marcel Fredou*, Viers figurait comme président alors que son épouse faisait partie du comité directeur.

Rédacteur à L’Aube nouvelle, membre du Parti communiste vers 1935, Viers encadra l’école élémentaire du Parti communiste au Plessis-Robinson en 1937-1938.

Réformé définitif, responsable d’un groupe d’enfants évacués du département de la Seine vers Pierrefitte-sur-Sauldre (Loir-et-Cher) au début de la guerre, Viers repartit avec un autre groupe d’enfants dans l’Allier, en mai 1944. Pendant son séjour, il participa à la réorganisation du Parti communiste à Saint-Désiré et fit partie du comité de la fédération communiste de l’Allier avant de revenir en région parisienne pour enseigner à Gentilly en 1945-1946. Il cessa alors d’appartenir au Parti communiste français.

Viers se remaria en février 1942 à Paris (XIVeme arr.) avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.

Viers devint directeur d’école à Saint-Etienne-de-Baïgorry (Pyrénées-Atlantiques) de 1946 à 1951. Secrétaire cantonal du Syndicat national des instituteurs, il entraîna la grande majorité des instituteurs du canton à se prononcer pour le maintien dans la CGT en 1948. Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, il appuyait les positions des instituteurs communistes.

Dans le même temps, Viers obtenait des certificats de la licence de géographie. Licencié-ès-lettres en 1949, agrégé de géographie en 1951, nommé assistant de géographie à la Faculté des Lettres de Bordeaux en 1951, il soutint une thèse de doctorat d’État en 1958 (Pays basque français et Baretous. Le relief des Pyrénées occidentales et de leur piémont, Toulouse, Privat, 1960) où il rompait avec les conceptions traditionnelles de la géomorphologie fondée sur le processus d’ « érosion normale » pour privilégier la « géomorphologie climatique ». Maître de conférences, il fut élu professeur de Géographie à la Faculté puis à l’Université de Toulouse-Mirail de 1958 à 1972 où il dirigea l’Institut Daniel Faucher.

Viers, fondateur de la section du SNES-SUP, en fut le secrétaire jusqu’en 1968. Dans son activité syndicale, dans ses prises de position lors des luttes anticolonialistes notamment, dans son activité politique, il agissait en communiste. Aussi, Jean Llante*, dirigeant communiste local, lui proposa-t-il en 1965 de prendre place sur la liste qu’il conduisait aux élections municipales. La fédération du PCF des Pyrénées atlantiques lui demanda, en 1979, de rédiger une étude démographique, économique et sociale qu’elle publia sous le titre Pour un Pays basque heureux. Pour les élections au Conseil régional d’Aquitaine, en 1986, il figura sur la liste des candidats présentés par le PCF. Depuis sa retraite, il habitait à Espelette dans le Pays basque.

Viers consacra aux Pyrénées divers articles et ouvrages. Il écrivit des manuels pour l’enseignement supérieur souvent réédités, collabora à divers revues géographiques et à la direction, avec Pierre George* du Dictionnaire de Géographie (Presses Universitaires de France, 1974). Ses qualités pédagogiques étaient reconnues. Il rédigea des fiches pour les journaux d’instituteurs, des cours par correspondance pour la préparation de l’agrégation, participa de 1964 à 1967 au jury de ce concours et dirigea une collection de manuels de géographie pour l’enseignement secondaire. De plus photographe de grande qualité, il donna des séries de diapositives destinées à l’enseignement.

SOURCES : Voir Jacques Girault, Militants de Châtenay-Malabry entre les deux guerres, Paris, CNRS/GRECO 55 « Travail et travailleurs aux XIXe et XXe siècles », 1987. — Hommages en 1998 par Jean Jacques Lagasquie, dans Annales de Géographie et de Pierre Barrère dans Lapurdum, revue d’études basques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article134515, notice VIERS Georges, René par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 avril 2016.

Par Jacques Girault

OEUVRE : Le fichier de la BNF comprend 41 références parmi lesquelles - aux éditions Nathan, collection Fac, Éléments de Géomorphologie (1967), Éléments de Climatologie (1978), Géographie zonale des régions froides et tempérées (1970) ; aux PUF, Les Pyrénées, Que sais ?, 1962, Géographie des forêts (1970) dans la collection « Sup » ; Le Pays basque, Toulouse, Privat, 1975.

SOURCE : Voir Jacques Girault, Militants de Châtenay-Malabry entre les deux guerres, Paris, CNRS/GRECO 55 « Travail et travailleurs aux XIXe et XXe siècles », 1987. — — Hommages en 1998 par Jean Jacques Lagasquie, dans Annales de Géographie et de Pierre Barrère dans Lapurdum, revue d’études basques.

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