VILLATTE Ernest, Claude

Par Claude Pennetier

Né le 5 septembre 1897 à Saint-Saturnin (Cher), mort le 12 juillet 1965 à Châteaumeillant (Cher) ; tourneur sur métaux ; militant communiste ; membre du comité central du Parti communiste ; conseiller municipal d’Argenteuil (Seine-et-Oise) ; oppositionnel, puis proche de la collaboration.

Fils d’un maçon, Ernest Villatte, militant communiste, fut élu au comité exécutif de la fédération de Seine-et-Oise du Parti communiste, lors du congrès départemental, le 2 décembre 1921. Il fut délégué au IIe congrès de la CGTU qui se tint à Bourges (Cher) du 12 au 17 novembre 1923 et où il représentait les métaux d’Argenteuil. Il appartint à la commission des conflits au cours du IIIe congrès du Parti communiste (Lyon, janvier 1924) et fut élu au conseil fédéral lors du congres du 21 février 1924. Responsable du syndicat CGTU d’Argenteuil, il fut délégué au Ve congrès CGTU de la Seine (janvier-février 1925) et y défendit la qualification « social-fascisme » pour caractériser les socialistes et les syndicalistes réformistes. Il intervint au cours des grèves qui eurent lieu à l’usine Lorraine-Dietrich de février à avril 1925. Au IIIe congrès de la CGTU, de Bourges, les 26 au 31 août 1925, il fut de nouveau délégué des métaux d’Argenteuil.

A cette époque, conseiller municipal d’Argenteuil (Seine), Ernest Villatte était secrétaire de la Région parisienne du PC. Chargé du rapport sur les cellules lors de la première conférence nationale d’organisation, le 19 juin 1926, il fut élu au comité régional communiste lors de la première conférence de la région parisienne, également en juin 1926 ; il s’était opposé à la tendance conduite par Michel Marty* et fut délégué au congrès de Lille du PC (20-26 juin 1926) au cours duquel il combattit la tendance Humberdot-Morin. Il entra alors au comité central du PC et fut chargé de suivre les cellules d’entreprises.

En novembre 1927, à l’époque de la condamnation de l’Opposition russe et de l’exclusion d’Albert Treint*, Ernest Villatte s’opposa au Bureau politique et perdit progressivement toutes ses responsabilités. Il devait rester, cependant, dirigeant du syndicat unitaire. En juin 1928, il fut l’un des corapporteurs de la conférence de la Région parisienne du PC. Redevenu simple militant de base, il défendit en mars 1930 lors de la conférence du rayon Argenteuil-Bezons les thèses de l’Opposition de gauche. En mai 1930, Les Cahiers du bolchevisme dénonçaient son « gauchisme ».

De nouveau responsable du rayon par la suite, Ernest Villatte rompit avec le PC en août 1932. Il déclara à cette époque, dans un meeting de la Ligue communiste : « Je suis Villatte, ouvrier communiste, jusqu’ici je parlais au nom du Parti communiste dont je viens d’être exclu comme trotskyste. » Il ne semble pas avoir rejoint, cependant, la Ligue qui regroupait les partisans de Trotsky. Il était, plus vraisemblablement, en contact avec le groupe d’opposition dirigé par Gaston Davoust* issu du XVe rayon de la région parisienne du PC.

Ernest Villatte, devenu cadre aux Assurances sociales, écrivit en janvier 1936, au journal la Commune qui venait d’être fondé par Pierre Frank et Raymond Molinier*. Il se prononçait contre la création d’un nouveau parti mais soutenait le rôle unificateur du nouveau journal trotskyste. Ernest Villatte aurait participé, en tant qu’intermédiaire, à l’automne 1938, aux conversations entre le Parti ouvrier internationaliste de Pierre Naville* et Jean Rous* et le Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. Il était alors administrateur de la caisse d’Assurances sociales « Le Travail ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ernest Villatte appartint au Front social du travail, émanation du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat*. Il était également membre du Comité d’information ouvrière et sociale (voir Gabriel Lafaye*). C’est lui qui introduisit Henri Barbé* au RNP.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article134684, notice VILLATTE Ernest, Claude par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 mai 2013.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13103 et 13107. — Arch. PPo., carton 96. — Arch. Dép. Yvelines (Seine-et-Oise), 4 M 2/72. — L’Humanité, 24 janvier 1924, 17 juin 1928, 17 mars 1929. — La Vérité, 4 avril 1930 et août 1932. — La Commune, 17 janvier 1936. — J.P. Joubert, A contre-courant : le pivertisme, Thèse de doctorat de sciences politiques, Grenoble, 1972. — Témoignage de P. Frank. — Notes de Jacques Médard. — Pierre Rigoulot, Georges Albertini, Socialiste, collaborateur, gaulliste, 2012, Perrin, p. 97.

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