VILLEVAL Albin [VILLEVAL Paul, Antoine, Albin]

Né le 18 décembre 1870 à Paris, mort le 2 janvier 1933 ; ouvrier typographe ; militant anarchiste, puis syndicaliste révolutionnaire.

Albin, Paul Villeval
Albin, Paul Villeval

Fils de Joseph Villeval, Albin fut élevé par ses oncles Paul et Denis. Il fit des études primaires, puis entra comme apprenti typographe à la maison Lahure où travaillaient ses oncles. Denis Villeval fonda un groupe socialiste dans le quartier Plaisance, XIVe arr, durant l’hiver 1888-1889, où se retrouvèrent Albin et Paul Delesalle, camarade d’école. De ce groupe se détacha un noyau anarchiste animé par les Villeval. Albin créa, rédigea et composa, au début de 1892, un périodique éphémère, La Misère. Il encourut sa première condamnation puis, comme insoumis, gagna Bruxelles et, son père étant né en Belgique, il adopta la nationalité belge. Il édita à nouveau La Misère (édition de Bruxelles) à partir du 9 avril 1892 avec l’aide de son oncle Denis qui l’avait rejoint. Albin fonda aussi un groupe d’« art social » qui publia L’Art pour l’art. Il fut condamné pour délit de presse à deux ans de prison et à une amende, mais il s’enfuit au moment même du jugement et put quitter la Belgique avec l’aide de militants du Parti ouvrier belge. Il vécut alors dans la clandestinité à Chimay, puis au Cateau en travaillant, sans pouvoir faire toutefois de propagande. Après un séjour rapide à Paris, il gagna Barcelone, mais, ignorant la langue, ne put s’y établir et se rendit à Cette puis à Béziers, Nîmes, de nouveau à Cette, enfin à Montpellier. Il fut tour à tour garçon de café, colleur de papiers peints, figurant de théâtre. Découvert, il fut condamné à deux ans de prison, rapidement amnistié, mais aussitôt poursuivi pour insoumission et condamné à six ans de travaux publics qu’il accomplit.

Rendu à la liberté, il reprit son métier de typographe, fit reparaître La Misère (29 août-10 décembre 1898, 14 numéros, Bibl. Nat. Lc 2 / 5 875), puis devint correcteur — il fut admis au syndicat le 1er septembre 1904. Il participa alors à l’action syndicale pendant une trentaine d’années.
À la tête du syndicat des correcteurs, il lutta contre la direction réformiste de la Fédération du Livre, participa au XIVe congrès national corporatif — 8e de la CGT — tenu à Bourges du 12 au 20 septembre 1904, où il se prononça contre la représentation proportionnelle, « inutile, dit-il s’adressant aux délégués, puisque, dans nos congrès, vous avez la satisfaction de pouvoir librement manifester vos tendances » (cf. c. rendu, p. 188-190). Il participa également au 10e congrès de la CGT tenu à Marseille du 5 au 12 octobre 1908.
Il fut responsable du syndicat des correcteurs de 1905 à 1910 puis de 1913 à 1920, enfin en 1932-1933 ; il fut également secrétaire général adjoint de la Fédération du Livre, de janvier 1920 à novembre 1921, en remplacement de Liochon.

En janvier 1898, il signa une pétition dreyfusarde (« Albin-Paul Villeval », dans L’Aurore du 18 janvier 1898).

En novembre 1909, un Albert, Paul Villeval, correcteur, fut initié à la loge "La Raison" du Grand Orient. Il s’agit vraisemblablement d’Albin Villeval.

Albin Villeval adhéra en 1921 au Parti communiste. Après avoir quitté le PC lors de la crise de 1924, Albin Villeval appartint au "noyau" de la Révolution prolétarienne, revue lancée par Maurice Chambelland, Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Dans les années 1930-1931, il approuva l’appel à l’action du Comité des "22" pour la réunification syndicale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article134740, notice VILLEVAL Albin [VILLEVAL Paul, Antoine, Albin], version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 octobre 2020.
Albin, Paul Villeval
Albin, Paul Villeval

ŒUVRE : Les Amours d’un Communard, en feuilleton dans l’Humanité en 1911. — Éditions de La Misère op. cit. — Collaboration à la Bataille syndicaliste.

SOURCES : P. Delesalle, « Albin Villeval », Révolution prolétarienne, 25 février 1933. — Bulletin du syndicat des correcteurs, 21e section du Livre, novembre, décembre 1932 — janvier, février 1933. — Le Cri du peuple, 25 janvier 1931. — Rens. de G. Lerouvillois. — Yves Blondeau, Le Syndicat des correcteurs de Paris et de la région parisienne, 1881-1973, Syndicat des correcteurs, 1973. — Note de Julien Chuzeville.

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