VOILIN Lucien, Auguste

Par Justinien Raymond, Claude Pennetier

Né le 1er septembre 1870 à Paris (VIIe arr.), mort le 14 décembre 1957 à Puteaux (Seine) ; ouvrier mécanicien ; militant syndicaliste, coopérateur et socialiste ; maire de Puteaux ; conseiller général ; député ; sénateur.

Lucien Voilin
Lucien Voilin

Né dans un milieu familial modeste, Lucien Voilin fit néanmoins de bonnes études : au lycée Condorcet, puis à l’École Diderot où il poursuivit son apprentissage d’ouvrier mécanicien. Au sortir de l’école, il travailla dans les ateliers, à Paris d’abord, puis au Havre, à la fonderie de canons de Bourges où il fut secrétaire de la commission de contrôle de la Bourse du Travail qu’il avait contribué à fonder, et milita dans les rangs du PSR.

Victime de représailles, Voilin revint dans la Seine et se fixa à Puteaux. Ouvrier mécanicien à l’Arsenal, il devint bientôt secrétaire de son syndicat et un des pères de la Bourse du Travail de Puteaux. En tant que militant syndicaliste, il assista au XIVe congrès national corporatif — 8e de la CGT — et à la conférence des Bourses du Travail tenus à Bourges, du 12 au 20 septembre 1904. Il y représentait le syndicat des mécaniciens de plusieurs villes, de même au XVe congrès, Amiens octobre 1906 où il précisa ce qu’avait été l’action entreprise par l’union des mécaniciens de la Seine pour le 1er Mai 1906 (cf. c. rendu p. 85-90) et critiqua le rapport confédéral présenté par Griffuelhes.

Coopérateur, adhérent de la société locale « La Revendication », Voilin participa à la fondation du restaurant coopératif « Chez nous ». Il fut souvent délégué dans les congrès de coopérateurs, notamment à Monthermé en 1909. Il était également l’animateur du mouvement socialiste à Puteaux où, avant l’unité socialiste de 1905 sur le plan national, il assura la fusion des diverses organisations locales dans l’union des travailleurs socialistes. Le temps qu’il ne devait pas aux obligations professionnelles, Voilin le consacrait à l’action sociale avec la liberté du célibataire qu’il resta jusqu’au 9 mai 1914, date à laquelle il épousa Marie-Louise Mouilleron, alors qu’il était député depuis quatre ans.

L. Voilin appartint à la CAP de la SFIO comme titulaire de 1905 à 1907, de 1910 à 1911 et, comme suppléant, de 1907 à 1910. Il fit partie de la délégation de la Seine à de nombreux congrès nationaux : à celui de l’unité à Paris (avril 1905), à ceux de Chalon-sur-Saône (octobre 1905), Toulouse (1908), Saint-Étienne (1909), Paris (1910), Saint-Quentin (1911). À ce dernier congrès, il demanda, en vain, la possibilité, pour les sections socialistes des banlieues ouvrières à population flottante où la composition des groupes évolue vite, de former les listes municipales complètes sans l’entrave de la règle d’un an de présence au parti, au besoin avec des socialistes inorganisés.

En 1905, Voilin, déjà conseiller d’arr., fut élu au conseil général par le canton de Puteaux. À l’assemblée départementale, il combattit les concessions de tramways. En 1912 et en 1919, il fut élu maire de Puteaux dont il était déjà le député après deux échecs. Dans la 6e circonscription de Saint-Denis, en 1902, comme candidat du Parti socialiste de France et, en 1906, comme socialiste SFIO, il fut battu par 3 612 voix sur 18 947 votants et par 7 845 sur 22 481. Mais, en 1910, dans la 7e circonscription de Saint-Denis (Puteaux, Suresnes, Nanterre), il fut élu au premier tour de scrutin par 5 577 voix sur 14 385 inscrits et 11 224 votants. En 1914, il l’emporta aussi aisément dans la 8e circonscription par 7 071 suffrages sur 12 855 votants. Voilin appartint aux commissions de l’armée et d’assurance et prévoyance sociales. Le 16 novembre 1919, il fut battu avec toute la liste socialiste menée par J. Longuet dans la 4e circonscription de la Seine (arr. de Saint-Denis et de Sceaux). Il fut le plus favorisé des quatorze candidats après P. Laval, avec 113 803 voix sur 389 219 inscrits.

Maire socialiste de Puteaux, Lucien Voilin fut délégué de la Seine au congrès de Tours (décembre 1920) et choisit de rester au Parti socialiste SFIO. Bien que les édiles socialistes fussent minoritaires à l’assemblée municipale, il refusa de démissionner : « Élus ensemble sur la même liste, nous démissionnerons ensemble si vous le voulez, le suffrage universel nous départagera. » Trois conseillers communistes quittèrent en 1923 le conseil et Voilin retrouva sa majorité. Réélu premier de la liste aux élections municipales de mai 1925, il préféra laisser la direction de la municipalité à Marius Jacotot*. Il fut reconduit comme simple conseiller en 1929 et siégea jusqu’en 1935.

Le 9 janvier 1927, il obtint 400 voix sur 1 079 votants sur la liste des dix candidats socialistes aux élections sénatoriales de la Seine et il fut élu au second tour sur une liste de coalition de radicaux, de socialistes et de socialistes-communistes. Au renouvellement de 1935, il fut remplacé par Henri Sellier. Il devait survivre longtemps à la fin de sa carrière parlementaire.

Franc-maçon, Voilin appartenait aux loges la « Discrétion » de Puteaux, à la « République sociale » et les « Réformateurs unis » de la Garenne-Colombes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article134989, notice VOILIN Lucien, Auguste par Justinien Raymond, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 avril 2020.

Par Justinien Raymond, Claude Pennetier

Lucien Voilin
Lucien Voilin

SOURCES : Arch. Ass. Nat. dossier biographique. — Comptes rendus sténographiques des congrès nationaux du Parti socialiste. — Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., p. 390-391 et Les Fédérations socialistes III, op. cit., p. 146 à 157, passim. — L’Humanité, 25 avril 1910. — Le Combat social, organe mensuel de la fédération socialiste de la Seine, n° 33 de janvier 1958. — Arch. Dép. Seine, DM3 ; vers. 10451/76/1. — J-É. Denis, Puteaux, chroniques du temps des puits, Puteaux, Imprimerie municipale, 1969. — Ph. Buyle, Le PCF à Puteaux à la Libération : des hommes pour un pouvoir, MM, Paris X-Nanterre, 1984-1985. — Les Cahiers de l’ordre, 1926-1934.

ICONOGRAPHIE : La France socialiste, op. cit., p. 390.

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