VUJOViC Voja ou VOUJOVITCH, ou VOUÏOVITCH Voïa, dit Wolf

Par Jean-Louis Panné

Né en 1895 à Pojarevatz (Serbie), fils d’un forgeron, Voja Vujovic avait deux frères Radomir et Grgur qui comme lui devinrent militants communistes. Il fit ses études en France pendant la Première Guerre mondiale et adhéra au Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires fondé en 1919 par Jean de Saint-Prix*. Selon Marcel Ollivier, il devint ensuite secrétaire des étudiants communistes serbes de Paris. Participant à Moscou à la fondation de l’Internationale communiste des jeunes (mars 1919) selon B. Lazitch, Voja Vujovic fut chargé de nombreuses missions de liaison entre Paris, la Suisse, Vienne et Berlin. En France, il collabora aux activités du Comité de la IIIe Internationale et de la gauche du Parti socialiste. En novembre 1920, il fut arrêté lors de l’affaire du second « complot » en même temps qu’Amédée Dunois*, Antoine Ker*, Maurice Laporte* (voir Maurice Marcel Laporte*) et Alexandre Zalevski* (Abramovitch). Il fut relâché en mars 1921 et expulsé.

Voja Vujovic devint secrétaire de l’ICJ lors de son second congrès en 1921 et représenta cette organisation auprès du Comité exécutif de l’Internationale communiste, ce qui le mit en position de connaître les militants français qui y étaient attachés. En 1924, il publia à Moscou une brochure en français : L’ICJ en lutte contre l’occupation de la Ruhr et la guerre (Bureau de presse de l’IC ; préface de G. Zinoviev). Il occupa des fonctions de plus en plus importantes dans les structures du Komintern jusqu’au moment où, en octobre 1926, ayant pris position en faveur de l’Opposition de gauche, il fut démissionné de ses fonctions de secrétaire général de l’ICJ. Persistant dans son orientation, il fut exclu en septembre 1927 et figura en janvier 1928 parmi les premiers dirigeants bolcheviks exilés en Sibérie. En 1929, après son autocritique, il fut réintégré au sein du Parti bolchevik et travailla au secrétariat du Komintern chargé des Balkans.

Après l’assassinat de Kirov, Voja Vujovic fut à nouveau arrêté, avec sa seconde épouse, et emprisonné pour trois ans à l’isolateur de Verkné-Oural’sk. Il disparut ensuite. Son frère Radomir, membre du comité central du PC yougoslave et son frère Grgur, membre du comité central des Jeunesses communistes yougoslaves, disparurent également, le premier après 1938, le second après 1937.

Voja Vujovic avait épousé en première noce une française, Charlotte Caspar (voir Charlotte Guilloré* et Raymond Guilloré*) dont il eut un fils Michel Auclair (de son vrai nom Vladimir Vujovic), comédien, né le 14 septembre 1922 à Coblence (Allemagne), mort le 7 janvier 1988 à Saint-Paul-en-Forêt (Var). En 1967, Michel Auclair avait été élu président du syndicat français des acteurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135122, notice VUJOViC Voja ou VOUJOVITCH, ou VOUÏOVITCH Voïa, dit Wolf par Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 24 octobre 2021.

Par Jean-Louis Panné

SOURCES : B. Lazitch, Biographical dictionary of the Comintern, Standford, 1987. — B. Souvarine, « Commentaires sur le « martyrologe » », le Contrat social, novembre-décembre 1965. — Maurice Laporte, Les Mystères du Kremlin, La Renaissance moderne, 1928. — Bulletin communiste, n° 13, 31 mars 1921. — Le Combat marxiste, n° 21-22, juillet-août 1935. — Le Monde, 9 janvier 1988.

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