WALFISZ Paul

Par Jean-Michel Brabant

Né le 3 janvier 1908 à Lodz (Pologne) ; naturalisé français en 1929 ; ouvrier maroquinier ; syndicaliste ; militant communiste puis oppositionnel trotskyste ; dirigeant de l’Union communiste ; résistant.

Paul Walfisz fit partie des milieux juifs d’extrême gauche de l’entre-deux-guerres. Membre de la sous-section juive rattachée à la Section française de l’Internationale communiste, il militait également en 1930 au 8e rayon de la 4e Entente des Jeunesses communistes.

Adhérent du syndicat des Cuirs et Peaux de la CGTU, Paul Walfisz avait représenté en octobre 1929 son syndicat à la conférence nationale des jeunes syndiqués. Oppositionnel, il signa en mai 1930 le manifeste de l’Opposition unitaire à l’intérieur de la CGTU, structurée autour de la direction de la Fédération de l’Enseignement. Son attitude lui valut d’être exclu du PC. Il adhéra alors, en octobre 1930, au lendemain de sa libération du 21e régiment d’infanterie qu’il avait dû rejoindre après sa naturalisation (15 octobre 1929-11 octobre 1930), à la Ligue communiste qui regroupait les partisans de Trotsky.

Membre du groupe juif qui représentait l’un des piliers de cette organisation, Paul Walfisz fut coopté à la commission exécutive de la Ligue en mai 1931, lors de son conseil national. A cette époque, il fut envoyé dans la région de Lille où il encadra les groupes locaux. Après son séjour dans le Nord, il devint responsable de l’action syndicale de son organisation dans la branche des Cuirs et Peaux. Représentant de la minorité au VIIIe congrès de la 20e Union régionale unitaire en mars 1933, il se heurta physiquement aux militants communistes lors d’une réunion de la CGTU à la Grange-aux-Belles en vue de la préparation du congrès de Pleyel contre la guerre. Devant les difficultés d’expression des minorités à l’intérieur du syndicat, il signa en août 1933, avec les autres oppositionnels, une pétition réclamant la démocratie syndicale.

Les débats internes de la Ligue débouchèrent en octobre sur son départ avec une grande partie du groupe juif. Fusionnant avec la Fraction de la gauche communiste fondée au mois d’avril, Paul Walfisz participa à la création de l’Union communiste qui regroupait quelques dizaines de militants bolchéviks-léninistes qui avaient refusé d’entrer au Parti socialiste SFIO en 1934 et dont il devint, avec Robert Glasmann et Gaston Davoust, l’un des principaux dirigeants. Il fit partie de cette organisation, qui édita un organe mensuel, L’Internationale, jusqu’en 1939. Entre temps, en août 1934, il s’était rendu en Espagne.

Continuant son travail syndical, Paul Walfisz tenta, à plusieurs reprises, le regroupement des minorités oppositionnelles. En décembre 1935, il lança le périodique l’Avant-garde syndicale et, en janvier 1937, signa, avec Gustave Galopin, Raymond Guilloré, Michel Collinet, etc., le manifeste de fondation du Cercle syndicaliste « Lutte de classe » dont il devint le trésorier. Il participa à l’animation de cette tendance syndicale jusqu’à la veille de la guerre et assista à sa conférence nationale du 5 décembre 1938.

Pendant la guerre, Paul Walfisz séjourna à Toulouse (Haute-Garonne) et milita un certain temps dans le groupe trotskyste local qui se joignit au Parti communiste internationaliste fondé en février 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135152, notice WALFISZ Paul par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 septembre 2019.

Par Jean-Michel Brabant

SOURCES : Arch. PPo. 46 et 301. — La Vérité, 4 octobre 1929, 12 juin 1931, 31 mars, 26 mai, 18 août, 13 octobre 1933. — Révolution, 7 décembre 1935. — La Commune, 29 janvier 1937. — La Lutte ouvrière, 13 janvier 1939.

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