WANNER Léo née BERGER Léonie

Par Georges Oved et Michel Dreyfus

Née en 1886 à Bourg-en-Bresse (Ain) ; membre du Groupe des femmes socialistes SFIO, puis du Parti communiste ; militante anti-impérialiste.

Fille de jardiniers, Léo Wanner adhéra en juillet 1925 au Groupe des femmes socialistes SFIO. Elle militait alors à Lyon et demanda à faire partie de la délégation qui se rendit à la conférence internationale des femmes socialistes le 21 août 1925, ce qui lui fut accordé. Léo Wanner s’efforça de créer un groupe de femmes socialistes à Lyon à partir de l’automne 1925 mais rencontra, selon son témoignage, des difficultés. Elle renouvela son adhésion de 1926 à 1929 et fit à nouveau partie de la délégation internationale des femmes qui se rendit au IIIe congrès de l’IOS à Bruxelles en 1928.

Léo Wanner semble avoir disposé d’une assez large aisance financière et bien qu’elle n’ait pas été « permanente » à proprement parler du mouvement, elle consacra inlassablement son temps à des activités militantes. Elle aurait été, avant l’avènement au pouvoir d’Hitler, secrétaire générale du Comité d’échanges interscolaires franco-allemand. A partir de 1930, elle fut gérante de SOS Informations, bulletin de la section française de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (LIFPL) qui parut jusqu’en 1932. Elle devint la cheville ouvrière de la Ligue française contre l’impérialisme et l’oppression coloniale et s’intéressa particulièrement à l’Afrique du Nord et au Moyen Orient où elle effectua plusieurs voyages.

En juin 1933, Léo Wanner fit partie, avec Henri Bontemps, secrétaire de la Fédération postale unitaire, de la commission d’études chargée par le Comité français de lutte contre la guerre et le fascisme d’enquêter sur la « pacification » marocaine. Il n’y a pas lieu de la suspecter, comme l’a fait la police, d’avoir été, à cette occasion, à l’origine de l’organisation communiste au Maroc (cette accusation a été reprise par J. Crémadeills dans sa thèse, Le Parti communiste et le Maroc, 1920-1938, Toulouse, 1975, p. 327). En fait, elle profita de son voyage pour faire un tour d’horizon des problèmes marocains et en rapporta deux séries d’articles qui parurent dans l’Humanité (23 juin-6 juillet 1933) et dans Monde, l’hebdomadaire d’H. Barbusse (8 juillet-29 octobre 1933). Elle y dénonçait notamment la Banque de Paris et des Pays-Bas qui avait intérêt, selon elle, à ce que des opérations militaires au Maroc soient poursuivies. Elle dénonça la répression exercée contre le jeune mouvement nationaliste à Fès, bien qu’elle n’ait pris alors aucun contact avec ses responsables, elle manifesta une certaine compréhension de leurs problèmes, notamment de leur lutte contre le dahir berbère et ses implications religieuses et scolaires. Elle fut, en tout cas, la première journaliste communiste à évoquer avec sympathie, dans la presse française, le mouvement des Jeunes Marocains.

S’étant rapprochée de Robert-Jean Longuet* à l’égard duquel elle manifestait auparavant des réticences, Léo Wanner effectua avec lui plusieurs voyages en Afrique du Nord. Celui-ci la mit en relation avec des dirigeants nationalistes. En septembre 1934, Léo Wanner créa, sous les auspices de la Ligue, un Comité d’aide aux victimes de la misère et de la répression en Tunisie dont les appels furent largement diffusés, non seulement en France mais en Algérie et au Maroc. Elle participa à plusieurs meetings organisés à Paris en 1934 et 1935 avec des représentants du Parti communiste, du Parti socialiste SFIO, de la Ligue des droits de l’Homme et des syndicats et au cours desquels des militants algériens, tunisiens et marocains parvinrent à s’exprimer. Elle fut aussi secrétaire du Comité international pour la défense du peuple éthiopien et de la paix dont le comité de patronage comprenait Pierre Cot*, Jean Longuet*, Paul Perrin*, Marcel Cohen*, Marc Sangnier* et Francis Jourdain*. Lorsque la guerre d’Espagne éclata, Léo Wanner se rendit avec Robert-Jean Longuet au Maroc pour examiner, en relation avec les Jeunes Marocains nationalistes, la possibilité d’organiser dans la zone espagnole une révolte contre les franquistes.

On perd sa trace après 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135195, notice WANNER Léo née BERGER Léonie par Georges Oved et Michel Dreyfus, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 février 2015.

Par Georges Oved et Michel Dreyfus

ŒUVRE : Le Maroc en feu... Tanger 1905. Agadir 1906, Préface à la guerre de 1914-1918. Tafilalet 1932. Djebel-Badou 1933. Mauritanie. Rio de Oro. Préface à la guerre mondiale de demain, Comité mondial de lutte contre la guerre et le fascisme, 1934. — Naissance des peuples, Bureau d’éditions, 1936.

SOURCES : Arch. du service historique de l’Armée et du ministère de la France d’Outremer. — La Femme socialiste, août, septembre et octobre 1925, janvier et février 1926, août 1927, janvier, juillet et août 1928, août 1929. — SOS Informations, 1930. — Entretiens avec A. Ferrat et R.-J. Longuet. — Arch. RGASPI, Moscou, 517/1/1697.

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