WASEIGE Paul, Charles

Par Jean Gaumont

Né et mort à Paris, 8 mars 1872-6 février 1956 ; typographe ; fonctionnaire du mouvement coopératif, puis représentant de commerce ; socialiste ; syndicaliste et coopérateur.

Orphelin de père dès son jeune âge, Waseige apprit le métier de typographe. Dès 1890, il était inscrit à son syndicat et bientôt un de ses plus actifs militants. En 1900, alors que les socialistes venaient de fonder la Bourse des coopératives, Waseige adhéra à la coopération. Il demeurait à Maisons-Laffitte ; à Argenteuil, la localité la plus proche, une Maison du Peuple rassemblait quelques douzaines de consommateurs ; à Maisons-Laffitte, la création d’une société coopérative se heurtait à de grandes difficultés : hostilité des commerçants, rareté des locaux, petit nombre d’associés possibles. Cependant, la coopérative « L’Abeille suresnoise » ayant donné sa garantie, la société « La Maisonnaise » put être créée en 1903 et Waseige en fut le président. La société collabora avec d’autres coopératives de la banlieue Ouest, pour les achats en commun au siège de « la Revendication » de Puteaux ; elle adhéra à la Bourse des coopératives et à la Fédération parisienne d’achats fondée en 1902. Au cours de ces années difficiles, Waseige comprit la nécessité d’une fédération de sociétés ; il était également convaincu que la rivalité des deux unions coopératives était une des causes de la faiblesse de la coopération française. En 1906, le Magasin de Gros fut fondé : « La Maisonnaise » y adhéra aussitôt, et Waseige, à l’appel d’Héliès, fut nommé administrateur provisoire. Lorsque surgirent en 1908 les premières difficultés avec les vignerons du Midi, fournisseurs du Magasin de Gros, c’est à lui que fut confiée la direction du service des vins de l’organisme central d’achats des coopératives de la Bourse. Il trouva alors un appui sérieux auprès de la coopérative « Les Vignerons libres de Maraussan » animée par Cathala. En 1911, il représenta plusieurs coopératives de la région parisienne au congrès national de Calais où il fut élu membre du comité confédéral, participant en outre à la commission mixte qui fut chargée par l’union et par la confédération de préparer le Pacte d’unité coopérative.

En 1912, Waseige figura parmi les quatorze signataires du Pacte d’unité ; il fit partie des vingt et un membres du Conseil central de la nouvelle Fédération nationale, créée après le congrès de Tours (décembre 1912). La même année, il rédigea un projet de fusion des coopératives avec gérance responsable, d’où sortira l’union des coopératives de la région Ouest qui installa un entrepôt régional à la Maisonnaise.

P. Waseige fut, dans le même temps, un militant de la fédération socialiste de Seine-et-Oise et il assista aux congrès nationaux de Saint-Étienne (1909), Nîmes (février 1910), Paris (juillet 1910), Saint-Quentin (1911), Lyon (1912). En 1920, il représenta une dernière fois la fédération à un congrès national, celui de Tours où il refusa d’adhérer à la motion majoritaire favorable à l’adhésion à la IIIe Internationale. À la déclaration de la guerre de 1914, il fut l’une des personnalités chargées de remettre en marche pour le ravitaillement en lait de la population, sous le contrôle du gouvernement, les boutiques de la Société Maggi pillées par la foule comme établissements ennemis. Il créa aussi des restaurants ouvriers, des épiceries et des boucheries de viande frigorifiée, avec l’aide de l’union des coopérateurs de Paris et du Magasin de Gros. En 1918, Waseige avait fait partie du comité de la revue socialiste L’Avenir, avec Aubriot, Pierre Dormoy, Poisson, Morizet, Henri Sellier.

Waseige, déjà directeur du MDG, administrateur de l’UDC, administrateur de « l’Assurance ouvrière », devenue « La Solidarité » fut élu au conseil central au congrès de 1920. Réélu en 1921, puis en 1924, c’est en 1925 qu’il décida d’abandonner ses postes administratifs, ne restant que simple militant, pour se livrer à d’autres activités commerciales. Il resta cependant membre du Cercle éducatif, de groupes d’action coopérative notamment celui du XIVe arr., administrateur de la coopérative d’ameublement « Messidor », qu’il avait fondée, et administrateur de la mutuelle d’assurances « la Solidarité ». Il continua jusqu’à la fin de sa vie à suivre les assemblées et les congrès, et à entretenir des relations confiantes avec les administrateurs des sociétés coopératives.

Homme d’action, réaliste, Paul Waseige contribua fortement à poser les bases concrètes du Mouvement coopératif unifié.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135217, notice WASEIGE Paul, Charles par Jean Gaumont, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean Gaumont

SOURCES : Renseignements autobiographiques. — Le Coopérateur de France, 8 mars 1952, 18 février 1956. — Jean Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, Paris, Fédération Nationale des coopératives de consommation,.t. II, 1923. — Jean Gaumont, Le 50e anniversaire de la FNCC, Paris, 1963, 96 p. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, p. 1021.

ICONOGRAPHIE : Brizon et Poisson, La Coopération, op. cit., p. 322.

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