WICKY Auguste

Par Justinien Raymond et Jean-Pierre Kintz

Né le 4 mars 1873 à Bourbach-le-Bas (Haut-Rhin), mort le 12 janvier 1947 à Mulhouse ; tailleur ; syndicaliste ; maire socialiste SFIO de Mulhouse.

Issu d’un milieu très modeste d’ouvriers paysans, orphelin dès son plus jeune âge, Auguste Wicky eut une jeunesse difficile. Après l’école primaire, il devint apprenti tailleur. Compagnon, il « parcourut un peu de pays » et travailla un temps à Belfort. En 1898, il se fixa définitivement à Mulhouse et devint militant syndical.

Membre dès 1904 de l’Union locale des syndicats libres (Gewerkschaftskartell) de Mulhouse, collaborateur à Die Mülhauser Volkszeitung, Auguste Wicky suivit en 1906 l’école des cadres du Parti social-démocrate à Berlin. En 1908, il devint secrétaire permanent de l’Union locale. Conseiller municipal de Mulhouse depuis 1904, candidat au conseil général dans le canton d’Habsheim en 1906, il entra au conseil général en 1909. Il avait perdu son siège de conseiller aux élections municipales de 1908 mais le retrouva en 1911. Il s’était présenté en 1910 au Reichstag, se présenta au Landtag d’Alsace-Lorraine en 1911, puis à nouveau au Reichstag en 1912.

Avec la proclamation de l’état de siège en Alsace, Auguste Wicky fut arrêté et transféré en Allemagne. Condamné à neuf mois de prison, il fut astreint à résidence jusqu’à la fin de la guerre. Il regagna Mulhouse fin novembre 1918.

En 1919, Auguste Wicky fut secrétaire de l’Union locale CGT de Mulhouse jusqu’en 1922 où il remplaça Jean Martin, décédé, comme directeur politique du Républicain du Haut-Rhin (ancienne Mülhauser Volkszeitung), responsabilité qu’il assuma jusqu’en 1928. Parallèlement, Wicky siégeait au conseil municipal de Mulhouse depuis 1919 en tant qu’adjoint. Il avait représenté sa fédération au congrès de Strasbourg (février 1920). Dans les débats internes au Parti socialiste, il s’était rallié à la motion Longuet. Il fut proclamé maire à l’issue du scrutin de mai 1925 et garda son fauteuil jusqu’en 1940. Il fut également conseiller général de Mulhouse-Sud de 1919 à 1937.

A la tête de la municipalité, Auguste Wicky mit en œuvre d’importantes réalisations sociales. Il fut avec Jacques Peirotes* la plus grande figure du socialisme municipal alsacien. Il joua un rôle essentiel dans la construction des cités (Brustlein, Wolf, Haut-Poirier, Drouot), des établissements de bains, des écoles, des colonies de vacances, dans l’assainissement et la distribution de l’eau.

Auguste Wicky avait été aussi, à trois reprises, candidat du Parti socialiste aux élections législatives : en 1919, il arriva troisième avec 36 136 voix sur 96 952 suffrages exprimés ; en 1924, il arriva premier de la liste avec 38 079 voix ; en 1928, dans l’arrondissement de Guebwiller, il obtint 3 403 voix devant le communiste Aschbacher et le modéré Courbot, mais derrière le député sortant démocrate-populaire, Bilger, réélu au 1er tour.

En 1940, Auguste Wicky fut révoqué, arrêté et expulsé. Il se réfugia à Agen où il participa à des activités de Résistance. Il revint à Mulhouse le 28 novembre 1944. Les élections de 1945 le confirmèrent dans son mandat de maire mais, malade, il fut obligé de démissionner et de laisser sa place à Jean Wagner. Nommé le 3 janvier 1947 maire honoraire de la ville, il mourut quelques jours plus tard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135353, notice WICKY Auguste par Justinien Raymond et Jean-Pierre Kintz, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 octobre 2012.

Par Justinien Raymond et Jean-Pierre Kintz

œUVRE  : Der Waisenknabe. Jugenderinnerungen, Mulhouse, Impr. Union, 1922. — Warum gibt es Arme & Reiche ?, Idem, 1922. — Alt & Jung. Erzählung, Idem, 1922 (Brochures écrites pendant sa captivité en 1915).

SOURCES : Arch. Nat. F7/13127. — Die Mülhauser Volkszeitung, 1904-1915 suivi du Républicain du Haut-Rhin, 1918, 14 et 15 janvier 1947. — Hovald, Almanach de l’Alsace et des Marches de l’Est, 1948. — M.-E. Naegelen, « Auguste Wicky », L’Alsace française, mars 1948. — É. Muller, « Auguste Wicky 1873-1947 », Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1962. — J.-Cl. Richez, « Wicky Auguste », Jacques Peirotes et le socialisme en Alsace, Strasbourg, Bf Éd., 1989.

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