WITZ Lucien [WITZ Joseph, Lucien]

Par Étienne Kagan, Jean Maitron, Léon Strauss. Notice complétée par Pierre Schill

Né le 19 mars 1885 à Maisonsgoutte (Bas-Rhin annexé), mort le 28 avril 1956 à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) ; mineur et délégué mineur dans les mines de fer lorraines ; secrétaire du Syndicat des ouvriers mineurs d’Alsace-Lorraine-CGTU ; secrétaire de la cellule communiste de Merlebach (Moselle) et responsable du rayon de Forbach (Moselle) ; conseiller municipal puis adjoint au maire d’Algrange (Moselle).

Fils de Joseph Witz et de Césarine née Hubrecht ; marié avec Marguerite née Reiland décédée en 1922 avec laquelle il eut deux enfants, remarié, le 28 avril 1923 à Algrange (Moselle), avec Jeanne née Hundhausen, ils eurent au moins un fils.

Candidat aux élections municipales des 30 novembre et 7 décembre 1919 à Algrange (Moselle) sur une liste socialiste, Lucien Witz obtint au premier tour 216 voix sur 410 suffrages exprimés pour 413 votants et fut élu. En mai 1920, après le départ d’Eugène Metzger pour le bassin houiller lorrain il fut élu au poste de premier adjoint.

A nouveau candidat aux élections municipales complémentaires du 4 mars 1923 sur une liste à dominante communiste, il obtint au premier tour 561 voix sur 918 suffrages exprimés pour 926 votants et 1 188 électeurs inscrits et fut élu. Il fut réélu au poste de premier adjoint de la commune.

Renvoyé devant le tribunal pour propagande anarchiste car le 27 avril 1923, au cours d’un bal de conscrits, il aurait appelé à la désobéissance. D’abord suspendu puis révoqué.

En janvier 1924, Lucien Witz fut condamné par la cour d’appel de Colmar à six mois de prison pour « provocations de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste ». Il fut révoqué de ses fonctions municipales. Le conseil municipal le réélit à ce poste et après une nouvelle annulation de son élection choisit de démissionner en janvier 1925.

Alors « secrétaire de syndicat à Merlebach », Lucien Witz mena la liste « Bloc Ouvrier Paysan » présentée par le Parti communiste aux élections législatives du 11 mai 1924 en Moselle. Il obtint 26 321 voix et la liste communiste une moyenne de 26 289 voix pour 113 434 suffrages exprimés (23,2 %) sur 114 880 votants et 137 994 électeurs inscrits. La liste de l’Union républicaine lorraine (droite) remporta les élections en obtenant une moyenne de 57 620 voix.

Candidat aux élections municipales des 3 et 10 mai 1925 à Algrange sur la liste du Bloc ouvrier et paysan présentée par le Parti communiste. Il obtint au premier tour 607 voix sur 1 199 suffrages exprimés pour 1 210 votants sur 1 391 électeurs inscrits et fut donc élu mais sa liste était devenue minoritaire. Il se présenta au poste de premier adjoint mais fut battu. Il était alors délégué mineur.

En novembre 1927 il ne travaillait plus à la mine de fer Sainte-Barbe mais il restait encore délégué à la sécurité. Du 16 au 22 novembre 1927 une grève générale toucha les Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) notamment pour des désaccords entre la direction et les mineurs sur l’organisation du travail. La grève fut déclenchée par le Syndicat des ouvriers mineurs (CGTU) après que quarante-quatre mineurs, avec à leur tête Joseph Fousse, ont été licenciés par la direction pour avoir refusé de participer à la nouvelle réglementation de la descente. Lucien Witz anima plusieurs réunions publiques de soutien aux grévistes. Il était alors président du Syndicat unitaire des mineurs. Il participa à la tentative de conciliation qui échoua le 17 novembre à la sous-préfecture de Forbach (Moselle). Le comité de grève qu’il animait avec Victor Doeblé, Henri Luxemburger et Mathieu Philippi (voir ces noms) vota la reprise du travail dans la soirée du 21. Cette grève se solda par un échec s’expliquant par l’importance du stock de charbon dont disposait la houillère, la division syndicale et la volonté de la direction des houillères de Wendel de ne discuter des licenciements qu’après la reprise du travail.

Il fut candidat aux élections des 14 et 21 octobre 1928 au conseil d’arrondissement de Thionville-Ouest pour le canton de Hayange. Candidat communiste, il obtint au premier tour 3 326 voix sur 6 998 suffrages exprimés pour 7 141 votants et 11 015 électeurs inscrits et ne fut pas élu.

Candidat aux élections municipales des 5 et 12 mai 1929 à Algrange, il menait la liste du Bloc ouvrier et paysan présentée par le Parti communiste. Il obtint au premier tour 590 voix sur 1 306 suffrages exprimés pour 1 327 votants sur 1 480 électeurs inscrits et ne fut donc pas élu.

Lucien Witz présida, les 18 et 19 avril 1931 à Saint-Avold (Moselle), le congrès départemental de la CGTU. Il prit l’initiative de transférer le siège du syndicat de la région messine à Merlebach, notamment dans le but de mieux encadrer le mouvement ouvrier qu’il jugeait défaillant dans le bassin houiller.

Lucien Witz prit part les 10 et 30 janvier 1933 à Merlebach et Forbach à la première et à la troisième rencontre entre les représentants des syndicats de mineurs, CGTU, CGT et UGB des trois houillères lorraines. Il s’agissait de mettre sur pied un front syndical unique mieux apte à répondre au patronat dans cette période de crise économique. Il était présent en tant que secrétaire de la CGTU. Le 13 février 1933, il participa à la réunion du Comité d’action du front unitaire qui se réunit à Merlebach. Ce rassemblement concerna les dirigeants locaux de la CGT, de la CGTU et de l’UGB. Le Comité d’action intersyndical était composé de six membres, deux par organisation syndicale : Lucien Witz et Nicolas Geiskopp représentait la CGTU, Alphonse Rieth et Eugène Metzger la CGT, Guillaume Erbe et Nicolas Meyer l’UGB.

En 1934, Lucien Witz était secrétaire de la section de Merlebach du Syndicat unitaire des mineurs et résidait dans cette commune au n° 37 de la rue Goethe. En septembre 1934 il était aussi responsable de la rédaction du journal des mineurs CGTU du bassin houiller lorrain, Der Klein-Rosseler Kumpel (Le camarade de Petite-Rosselle).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135395, notice WITZ Lucien [WITZ Joseph, Lucien] par Étienne Kagan, Jean Maitron, Léon Strauss. Notice complétée par Pierre Schill, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 décembre 2015.

Par Étienne Kagan, Jean Maitron, Léon Strauss. Notice complétée par Pierre Schill

SOURCES : Arch. Nat. F7/13114, 13129, 13256, 13261. — Arch. Dép. Moselle, M Industrie 67 et 93, 23 Z 1. — L’Humanité, 18 mai 1926. — R. Kieffer, Les Élections de 1919 et 1924 en Moselle, DES, Nancy, 1967. — Archives des Houillères du Bassin de Lorraine : Vt323-B26. — Archives départementales de la Moselle : 303 M 54, 71, 90 et 180 ; 310 M 95 et 112 ; 24 Z 15 et 16. — Der Klein-Rosseler Kumpel, 14 septembre 1934. — État-civil de la commune d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin). — État-civil et fichier domiciliaire de la commune d’Algrange (Moselle).

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