WOLMARK Charles Chaïm [Pseudonyme de la Résistance : Gérard Tavière]

Par Pierre Broué, Jean-Luc Marquer

Né le 24 janvier 1921 à Varsovie (Pologne), exécuté sommairement le 30 juillet 1944 à Charnècles (Isère) ; décorateur, militant communiste ; résistant F.T.P.-M.O.I., homologué Forces françaises de l’intérieur avec le grade de sous-lieutenant, et interné résistant (D.I.R.)

Fils de Mendel, ouvrier ébéniste et de Fryma ou Frymet Gura, couturière, Charles Wolmark avait deux ans quand il vint en France avec ses parents. Sa sœur Anna naquit à Paris en 1923. Il fréquenta l’école primaire jusqu’au certificat d’études, puis fit son apprentissage de tapissier et travailla tout en suivant des cours du soir pour devenir décorateur.
La famille obtint sa naturalisation en 1937.
À une date inconnue, il épousa Marguerite Holeman.

Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1936, à Paris, dans le Xe arr. où habitaient ses parents et fut, en 1939, l’un des responsables de cette organisation reconstituée dans la clandestinité. En 1941, il fut l’un des premiers organisateurs des Bataillons de la Jeunesse, menant à bien dès juillet une opération de récupération de dynamite dans une carrière de Seine-et-Oise (voir Élie Wallach). Arrêté pendant une mission en Normandie le 15 août 1941, il fut condamné à cinq ans de travaux forcés par le tribunal militaire d’Évreux et transféré en décembre de la même année au fort de Romainville d’où il parvint à s’évader.

Il fut envoyé dans l’organisation clandestine à Toulouse, puis à Grenoble où il habitait 96 avenue d’Eybens. Dans cette dernière ville, il fut chef des groupes de combat de l’Union des juifs pour la résistance et l’entr’aide et, selon Le Travailleur alpin, secrétaire régional des JC (section juive). Il fut l’un des organisateurs du recrutement des FTP parmi les travailleurs italiens et des unités « garibaldiennes » et prit part à de nombreuses opérations militaires.
Il figure par les membres du 5ème Bataillon M.O.I des F.T.P.F. de l’Isère.
Arrêté par la Milice le 24 juillet 1944 à Grenoble, avec d’autres militants responsables comme Isaac Baumöl, alias André Lombard, il fut livré à la Gestapo et longuement torturé.

Le 30 juillet 1944, vers 6 heures du matin, un groupe d’environ 150 soldats allemands de différentes unités quitta Grenoble en empruntant la route nationale 75 en direction de Lyon.
Ils convoyaient un groupe de quinze prisonniers extraits de la prison allemande installée dans la caserne de Bonne.
Le convoi fut attaqué par des résistants au niveau de Voreppe (Isère).
Par mesure de représailles, les Allemands pendirent alors quatre de leurs prisonniers et un habitant de Voreppe. Ils exécutèrent également par balles deux cyclistes.
En fin de journée, après que le convoi eut réussi à reprendre la route, dix autres prisonniers amenés de Grenoble, dont Charles Wolmark, ainsi que Henri Guigard et Victor Perron, arrêtés à Voreppe, furent sommairement exécutés d’une balle de fusil dans la nuque à Charnècles (Isère).
Le dernier prisonnier extrait de la prison de la caserne de Bonne, Georges Coquand, fut exécuté à Beaucroissant (Isère).
Enterré sous le n°2 au cimetière de Charnècles, l’acte de décès porte le signalement suivant : « 20 à 25 ans, 1m70, cheveux bruns, bonne dentition, vêtu de sandalettes de cuir à lanières rouges, pantalon laine gris rayure rouge, chemise "Lacoste" coton gris beige »

Charles Wolmark fut homologué Forces françaises de l’Intérieur avec le grade de sous-lieutenant et homologué interné résistant.
Il fut décoré de la médaille de la Résistance à titre posthume.

Son nom figure sur le monument érigé sur le lieu du massacre à Charnècles et sur la plaque commémorative apposée sur la façade de l’immeuble où habitait la famille Wolmark, 96 rue de la Folie-Méricourt, Paris XIè arr.
Le mémorial de la Shoah à Paris et le Mémorail de Yad Vashem le recensent parmi les victimes de la Shoah.


Voir : Charnècles

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135417, notice WOLMARK Charles Chaïm [Pseudonyme de la Résistance : Gérard Tavière] par Pierre Broué, Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 mai 2021.

Par Pierre Broué, Jean-Luc Marquer

Tombe au cimetière du Père-Lachaise

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 406, 415 et 450 — SHD Vincennes, GR 19 P 38/22 ; GR 16 P 604179 (à consulter) — AVCC Caen : AC 21 P 629101 (à consulter) — Le Travailleur alpin, 5 et 7 octobre 1944. — D. Diamant, Héros juifs de la Résistance française. Les Juifs dans la Résistance française [Icon.], Éd. Renouveau, 1984. — Annie Kriegel, Les Communistes français, Seuil, 1970. — Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Les jeunes dans la résistance, Paris, Éditions Sociales, 1969. — J. Ravine, La Résistance organisée des Juifs en France (1940-1944), Paris, Julliard, s.d. — Arthur Kriegel, La vie est un cadeau. Une traversée du XXe siècle, Les Éditions de Paris Max Chaleil, 2011. — Mémoire des hommes— Mémorial Genweb — Mémorial de la Shoah — Mémorial de Yad Vashem — https://gallica.bnf.fr — État civil

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