GIOT Hippolyte

Né vers 1849, mort vers 1933 ; ouvrier peintre ; membre du Conseil fédéral parisien de l’Internationale ; adhérent du Parti ouvrier français et du Parti Socialiste SFIO.

Le 18 mars 1870, il assista à la réunion au cours de laquelle s’élabora le projet des statuts de la Fédération parisienne de l’Internationale, projet qui fut adopté le 19 avril. Avec Chouteau et Delvincourt, Giot représentait la chambre syndicale des ouvriers peintres adhérente à l’Internationale. Il appartenait également au Cercle des Études sociales, autre section de l’Internationale (cf. Dict., t. IV, p. 53).
Fin avril 1870, la police de l’Empire, qui préparait le plébiscite du 8 mai, arrêta les principaux dirigeants de l’Internationale sous la double inculpation de complot et de société secrète. Robin, qui rédigea la protestation, et ses camarades du Conseil fédéral parisien, dont Giot faisait partie, s’élevèrent publiquement contre cette accusation et revendiquèrent pour l’Internationale le droit d’être la « conspiration permanente de tous les opprimés et de tous les exploités » (La Marseillaise, 2 mai 1870). Voir Berthomieu.
Inculpé dans le troisième procès de l’Internationale, Giot fut, le 8 juillet 1870, renvoyé de la prévention d’avoir appartenu à une société secrète, mais convaincu d’avoir, à Paris, fait partie de l’AIT non autorisée ; il fut condamné à deux mois de prison, 25 F d’amende, la durée de la contrainte par corps étant fixée à quatre mois. Voir Varlin.
On ne trouve pas trace de Giot sous le Siège et pendant la Commune.
Par la suite, Giot habita Draveil, et sa propriété fut voisine de celle de Lafargue Paul. Il était devenu charcutier, ce qui explique sa spécialité de « tuer le cochon » chez le gendre de Marx qu’il aidait également comme jardinier.
Giot avait adhéré au POF. Il en fut délégué au 12e congrès à Nantes (14-16 septembre 1894), puis au 15e à Paris (11-14 juillet 1897). Il fut d’abord conseiller municipal d’Ivry, puis de Bondy où il acquit une propriété après avoir gagné un gros lot de la Loterie nationale. Cette propriété était pourvue d’un étang dans lequel Guesde venait pêcher. Giot se fixa finalement dans un pavillon de Viroflay, non loin de celui de Deville Gabriel. Il y vivait avec Mme Pouzier et fréquentait beaucoup son voisin, le camarade Trant, retraité de l’Imprimerie nationale, qui fut candidat député socialiste en Seine-et-Oise. Giot fut secrétaire de la section de Viroflay du Parti SFIO.
On s’assure, d’après une série de lettres qu’il adressa à Roland Lucien et qui s’échelonnent de 1928 à 1933, qu’il resta ferme sur ses positions guesdistes, malgré la neige des années. Il allait dans les manifestations à Paris et posait des « colles » aux candidats qui n’étaient pas du Parti socialiste dans les élections législatives. Toutefois, dans le Parti, il trouvait qu’il y avait « trop de m’as-tu-vu ». Il reprochait aussi au Parti de perdre son temps « à peloter les radicaux ».
Il mourut à Viroflay, et ses enfants, qui n’avaient pas ses idées, le firent enterrer à l’église.

Il y a identité avec Émile Giot et Émile Gautrin-Giot.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article135929, notice GIOT Hippolyte , version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 9 juillet 2019.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : O. Testut, L’Internationale, op. cit. — Troisième procès de l’AIT à Paris, op. cit. — J. Guillaume, L’Internationale, t. II, p. 31. — 12e Congrès du POF, p. 4. — 15e Congrès du POF, p. 25. — Souvenirs de Gabriel Deville et Lucien Roland. Fonds Dommanget (12 lettres de Giot et une Mme Pouzier).

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