RABUEL Louis, Lucien

Né le 4 mai 1844 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; mort le 22 mai 1905 à Lyon (IIIe arr.) ; demeurant à Paris, 83, rue Lafayette (IXe arr.) ; journaliste ; officier de la Commune de Paris, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Tailleur d’habits à Arles, Jean Rabuel, le père de Louis Rabuel, avait fait faillite et s’était établi à Mostaganem (Algérie) pour reconstituer sa fortune dans le commerce des laines ; il était connu pour ses idées d’extrême gauche. Nous ne savons rien de sa mère, Marie née Pignard.

Louis Rabuel avait sept ans à son arrivée à Mostaganem ; il reçut une instruction élémentaire et aida son père à des opérations commerciales ; il fut aussi employé à la sous-préfecture de Mostaganem puis « chassé pour faits d’indélicatesse ». Le 3 février 1862, il s’engageait au 1er régiment d’artillerie et renouvelait son engagement pour deux ans le 21 avril 1863 ; brigadier en 1864-1865, il fut cassé pour indélicatesse, puis libéré le 3 février 1866. Il gagna Paris, se maria avec sa cousine, fleuriste, et entra comme employé dans une maison de commerce ; il écrivait dans la Marseillaise et fonda en mai 1870 un hebdomadaire, le Gavroche ; il fut condamné, le 16 juillet 1870, à trois mois de prison et 5 000 F d’amende.

À la déclaration de guerre, il prit du service aux Éclaireurs de la Seine, où il eut le grade de lieutenant. Peu après le 4 septembre, il fut employé à l’Hôtel de Ville comme secrétaire d’Arago, et, le 25 octobre, il était nommé sous-préfet à Mostaganem ; mais, relevé de ses fonctions le 12 décembre, il fut mis à la disposition du ministère de la Guerre et nommé lieutenant-colonel d’état-major au camp des mobilisés, à Toulouse, grâce à la protection de Lissagaray qui en était vice-président ; il y était assez peu aimé, et accepta le grade de capitaine à l’état-major auxiliaire du 21e corps d’armée.

Il fut licencié le 12 mars 1871 et revint à Paris. Il signa, le 28 mars, avec L. Calvinhac et A. Lambert, le manifeste disant : « Citoyens, les délégués de l’Algérie déclarent, au nom de tous leurs commettants, adhérer de la façon la plus absolue à la Commune de Paris. » Il se disait aussi délégué de l’Alliance républicaine dans les départements du Midi. Il fut attaché aux états-majors de Lullier et de Brunel, prit part à la sortie du 3 avril, puis, vers la fin de l’insurrection, devint inspecteur des fortifications du Sud de Paris.
Les derniers jours, il se cacha, alla organiser à Arles un comité électoral républicain, se battit en duel, entra dans une société d’assurances qu’il représentait à Nantes (Loire-Inférieure) et dont il fut congédié en janvier 1872.
Arrêté en avril et traduit devant le 4e conseil de guerre, il fut condamné le 20 juillet 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la privation des droits civiques, peine commuée le 19 novembre 1878, en déportation simple, puis remise le 29 mai 1879 ; il rentra de Nouvelle-Calédonie par la Loire.

On le retrouve à Poitiers (Vienne), rédacteur d’un journal républicain, l’Avenir de la Vienne, puis, en juillet 1884, il créa La République Poitevine, journal « indépendant » qui devint possibiliste et disparut après les élections législatives d’octobre 1885.

Un nommé Rabuel, délégué de la Vienne et de la Haute-Vienne — il y a sans doute identité — assista au congrès socialiste de Lyon (1901).
Il était marié, père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136009, notice RABUEL Louis, Lucien, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 7 février 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/780, BB 27 et H colonies 98. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Dép. Vienne, M 4, liasse 81 (rapport du commissaire de police de Poitiers, juin 1885). — J.O. Commune, 29 mars 1871. — J. Marion, Le Mouvement ouvrier dans la Vienne, 1871-1914, DES, Poitiers, 1963. — Compte rendu du congrès de Lyon. — État civil d’Arles et divers documents communiqués par Gigi Auboire. — Michel Cordillot (dir.), Dictionnaire de la Commune de Paris, éditions de l’Atelier, septembre 2020.

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