SÉNIQUE Étienne, Auguste

Né le 6 octobre 1828 à Pont Saint-Vincent (Meurthe) ; sculpteur sur bois à Paris ; ami de Blanqui ; combattant de juin 1848 et de la Commune de Paris de 1871 ; membre de l’Internationale.

Son père était un ancien artilleur de la Vieille Garde. Il vint en 1845 à Paris, travailler comme ouvrier sculpteur dans le faubourg Saint-Antoine. En 1848, il entra aux Ateliers nationaux peu avant l’insurrection et combattit en Juin à la grande barricade de l’entrée du faubourg. Il fut transpercé par une balle, le 24 juin. Condamné à la transportation, il fut gracié en novembre.
Poursuivi en septembre 1851 pour affiliation à société secrète, il se préparait au « coup de torchon » pour 1852, et, le 3 décembre, disparut de son domicile. En fuite, compromis par les lettres saisies chez lui, 161, rue du Faubourg-Saint-Antoine, il fut condamné par contumace à la transportation (« Algérie moins »). Mais la transformation de cette décision en une mise sous surveillance fait supposer qu’il avait été ultérieurement arrêté.

Sénique abritait, en 1860, une des sept presses clandestines qu’Auguste Blanqui avait réparties chez ses amis. Il fut condamné, le 14 juin 1861, à un an de prison, 100 F d’amende et deux ans de privation des droits civiques. (M. Dommanget, « La vie de Blanqui sous le Second Empire », dans Le Mouvement social, avril-juin 1961).
Sénique habita Paris jusqu’en 1869. Il partit pour Créteil, puis revint à Paris pendant le Siège.

Durant la Commune, Sénique fut délégué de la 1re compagnie du 198e bataillon fédéré et membre de la Commission militaire de la XIIe légion. Il appartenait à l’Internationale.
Par contumace, le 5e conseil de guerre le condamna, le 11 mars 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée.
Sénique se réfugia à Londres où il continua à propager les doctrines socialistes. En juin 1877, son installation à Bruxelles fut officiellement enregistrée par la police belge. Sans doute est-ce lui qui adressa, en octobre 1879, avec un groupe de Communards exilés, ses encouragements aux participants du congrès ouvrier socialiste de Marseille (cf. c. rendu du congrès, pp. 378-386).
Il bénéficia de la remise de sa peine le 27 novembre 1879. Il était célibataire.
Voir Annoy, Bias C., Chaumette.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136019, notice SÉNIQUE Étienne, Auguste, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 29 juillet 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/861, n° 4625. — Arch. Min. Guerre, A 5414, B 667 et 5e conseil, dossier 920.— F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971.— Journal de Toulouse politique et littéraire, 19 juin 1861, p. [3]. — Notes de M. Cordillot.

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